En quoi les centaines de conférences laïques de Pena Ruiz ont-elles aidé les salariées de la RATP ?

Dans tous les milieux laïques, une évidence s’impose : le meilleur conférencier, celui qui vulgarise le mieux ce merveilleux concept, c’est Henri Pena Ruiz. Professeur de philosophie, auteur de nombreux ouvrages, ce militant a animé des centaines de colloques – souvent fort bien rémunérés – avec une verve, un talent et une rare capacité à séduire son public qui lui valent souvent, à l’issue de ses interventions, des applaudissements très nourris, sur lesquels ce charmeur ne crache pas, ce qui est humain.

J’ai commencé à le connaître en 2003, lors de la commission Stasi, et j’ai dû assister à une dizaine de ses conférences. Les deux premières étaient beaucoup plus enthousiasmantes, car ensuite, on a tendance à retrouver souvent les mêmes formulations, et surtout la même structure de discours.

Je lisais l’émouvante lettre de rupture de Ghislaine Dumesnil, syndiquée à la CGT depuis 20 ans, qui annonçait les raisons pour lesquelles elle quittait son organisation syndicale : son incapacité à lutter contre le fascisme islamique qui gangrénait son entreprise, la RATP. Et je me suis interrogée : quand donc, dans ses conférences, ai-je entendu Henri Pena-Ruiz parler de cela : jamais !

http://ripostelaique.com/ratp-syndiquee-depuis-20-ans-je-quitte-la-cgt-revoltee-par-son-inaction-face-au-fascisme-islamiste.html

Puisque je parlais de la commission Stasi, si je lui reconnais le fait d’avoir combattu pour une loi contre les signes religieux, j’ai été stupéfaite, dans une de ses conférences, de l’entendre dire que cette loi n’était absolument pas contre le voile islamique ! Si encore c’était une astuce sémantique, cela pourrait s’entendre, mais c’est pire que cela. J’ai le souvenir, dans une conférence où j’étais présente, à Marseille, d’un clash mémorable, à la tribune, entre Pierre Cassen, qui, en accord avec Michèle Vianès, essayait d’expliquer, avec toutes les précautions oratoires possibles, que tout de même, en 2006, l’islam posait, en France et en Europe, un peu plus de problèmes que le catholicisme, et Henri Pena Ruiz, qui n’avait pas du tout l’air d’accord avec ce qui me paraissait pourtant une évidence. Celui-ci, devant 500 participants un peu héberlués, expliqua qu’affirmer cela, c’était véhiculer l’idée du choc des civilisations, rien de moins, et que c’était anti-laïque !

pena-ruizJ’étais également présent à Saint-Denis, quand il fit une conférence remarquable sur la laïcité, sans dire un mot sur l’islam ! Ne pas dire un mot sur l’islam, quand on parle laïcité, dans le 93, il fallait le faire ! Si vous saviez comme Pascal Hilout m’a fait plaisir, dans les jours qui ont suivi, quand il a interpellé celui qu’on appelle « le pape de la laïcité », sur ce regrettable oubli.

http://ripostelaique.com/L-affligeante-complaisance-d-Henri.html

La réponse du philosophe confirme que notre ami Pascal avait touché juste. Le fait que Riposte Laïque la publie est le signe d’une bonne santé intellectuelle, qui manque, hélas, cruellement dans les milieux maçonniques que fréquente celui que ses amis appellent respectueusement Henri.

http://ripostelaique.com/Aux-responsables-de-Riposte-Laique.html

Depuis, le professeur de philosophie est devenu la caution laïque de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a rejoint. Donc, quand Mélenchon dit qu’en France, il n’y a aucun problème avec l’islam, Pena Ruiz, qui n’a jamais rien dit contre l’islam, est d’accord. Quand Mélenchon compare les musulmans, au 21e siècle, aux Juifs des années 1930, Pena Ruiz est d’accord, car c’est bien connu, dans les années 1930, les Juifs voulaient imposer leurs pratiques religieuses à l’ensemble de la société, et multipliaient les attentats. Et quand Mélenchon défend jusqu’à plus raisonnable le fait qu’attaquer la filière halal, c’est du racisme, voire du fascisme, Pena Ruiz est d’accord, puisque cela n’a jamais ému ce grand laïque qu’en France, plus de la moitié des abattoirs égorgent les animaux rituellement. Quand Mélenchon fait l’éloge de l’immigration et de la régularisation des clandestins, donc d’encore davantage d’islamistes qui vont attaquer la laïcité, Pena Ruiz est d’accord, puisque chacun le sait, en France, il n’y a aucun problème avec l’islam, mais juste avec quelques fanatiques isolés. Quand Mélenchon vient soutenir la famille du leader laïque tunisien assassiné, et parle de Révolution mondiale qui passe par la Tunisie, Pena Ruiz n’a rien à redire au fait que 40 % de Tunisiens vivant en France, à qui il veut donner le droit de vote, même s’ils n’ont pas la nationalité française, ont voté pour le parti islamiste Ennahda. Et bien évidemment, quandon parle de fascisme en France, Pena Ruiz comme Mélenchon n’évoquent absolument pas les islamistes, mais le Front national, qui est tellement fasciste que ses militants se font régulièrement cabosser par les grands démocrates de Front de gauche.  

Force est de constater que Pena Ruiz est bien loin de l’envergure d’un autre philosophe, Michel Onfray, qui, un temps intéressé par l’aventure de Parti de Gauche, a très vite tourné les talons, horrifié par la fascination de Méluche pour les modèles totalitaires, et par sa complaisance avec l’islam, à la hauteur de sa haine pathologique contre le catholicisme. Notre pape de la laïcité, qui ne jure que par le mythe d’Al Andalous et d’Averroes, n’aura jamais le courage de dire ce minimum que profère Michel Onfray, sur l’islam, son prophète et le Coran.

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Je repense à cette lettre de la machiniste de la RATP Ghislaine Dumesnil. Henri Pena Ruiz se réclame pourtant de la défense du mouvement ouvrier, et des principes laïques. Et pourtant, pas une seule de ses conférences n’a pu aider les femmes de la RATP, dont Ghislaine, face à l’agression islamiste qu’elles subissaient au quotidien. N’y a-t-il pas un problème, d’abord pour le conférencier lui-même, mais aussi pour tous les milieux de la franc-maçonnerie qui l’ont invité, ainsi que pour les prétendus laïques de la Libre Pensée et autres ? Leur président, Marc Blondel, était pourtant syndicaliste, et même secrétaire de FO pendant plusieurs années. Et pourtant, les gauchistes de la Libre Pensée n’ont rien à dire sur l’islamisation de la RATP, les francs-maçons du GODF pas davantage !

Où était Pena Ruiz quand la burqa envahissait l’espace public ? Où était-il quand Fanny Truchelut se retrouvait au tribunal ? Où était-il quand le halal envahissait nos assiettes, à notre corps défendant ? Où était-il quand Hollande annonçait sa future trahison laïque, prévue par Riposte Laïque ? Où était-il quand Delanoé invitait les Parisiens à rompre le jeûne du ramadan à la mairie de Paris ? Où était-il quand Valls inaugurait des mosquées, et rêvait de faire du concordat d’Alsace Moselle la règle pour toute la France ?

Réponse : il sonnait la charge contre l’Eglise catholique, coupable d’avoir osé, par ses écoles privées, proposer des débat sur le mariage homo, quand Najat Belkacem, se croyant en Union soviétique, se permettait d’en faire la propagande devant des collégiens du public ! Maurice Vidal avait tout compris, qui évoquait, dans un article cinglant, la différence entre le belliqueux Pena Ruiz, face à l’Eglise catholique et le lâche Henri, devant l’islam.

http://ripostelaique.com/laicite-lettre-ouverte-a-henri-pena-ruiz-aussi-belliqueux-devant-leglise-que-lache-devant-lislam.html

A Hénin-Beaumont, Mélenchon, qui, comme Pena Ruiz, ne connaît rien au monde ouvrier, a fait la cruelle expérience d’un discours en total décalage avec la réalité quotidienne de ceux qu’il appelle les prolos, sans rien savoir de leur vie quotidienne. A la RATP, Ghislaine Dumesnil, pourtant une femme de gauche, et ses collègues de travail, confrontées au monde réel, ont constaté que les beaux discours théoriques de Pena Ruiz et d’autres philosophes laïques ne leur servaient à rien, et, au contraire, faisaient le jeu des pires fascistes politico-religieux !

Un peu comme si, en 1939, un brillant théoricien marxiste du Parti communiste avait parlé aux ouvriers français des méfaits du système,  en dénonçant le capitalisme français, sans évoquer le péril nazi à nos frontières.

Martine Chapouton


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