Encore trop de blanches à l’élection de Miss France, on s’excuse !

Décidément, les préjugés raciaux trouvent encore une certaine vigueur chez certains Français indécrottables mais heureusement encore assez minoritaires.

D’ailleurs, ce matin encore j’ai entendu deux Maghrébins discuter dans la supérette où je fais mes courses, et l’un d’eux a dit à l’autre « les Maliens, ils sont comme les fourmis, ils nous envahissent. Ils ne peuvent pas rester chez eux ? ». Oui, vraiment, le racisme c’est tendance.

On le croyait pourtant disparu comme les vieilles maladies d’antan, hélas il n’en est rien. L’obsession pour la race et la couleur de peau est en effet un phénomène à l’expansion inquiétante et de plus en plus décomplexée, comme le prouve cette affaire bien peu honorable concernant l’élection de Miss France, une jolie et fraîche Bourguignonne.

En effet, le CRAN vient de se distinguer par la voix de son président, Louis-Georges Tin, qui a dénoncé « un manque de représentativité de la population française contemporaine », ajoutant que la victoire de Marine Lorphelin n’était due qu’à la négation des Françaises d’origine africaine, dont le comité des Miss aurait sans doute dû davantage forcer la participation puisque désormais il semble que la couleur de peau et l’origine ethnique soient devenues de nouveaux quotas de sélection à prendre en compte.

Dans un état de grande panique manifestement, il a ajouté que les Français d’origine africaine auraient disparu « le temps d’une soirée de notre territoire ». Qu’il se rassure, dans mon quartier il en survivait encore en grand nombre. Ouf !

Alors bien sûr, a contrario il est extrêmement malvenu de dire que l’équipe de France de foot est trop noire ou que les détenus blancs sont encore trop sous-représentés dans nos prisons.

On pourrait rétorquer à ce monsieur que lors de l’élection de Miss Black France aucune blanche n’était représentée, que l’on aurait pu s’offusquer d’un manque de représentativité de la population française d’autrefois, et que nous avions craint le temps d’une soirée que les Français d’origine française aient disparu de notre territoire. Mais par bonté d’âme nous n’en ferons rien. Il serait malséant de se moquer de quelqu’un dont la raison et le sens du ridicule ont, dans un moment d’égarement, déserté l’esprit aveuglé et sans doute perturbé par tant d’odieuse blancheur, laissant échapper un complexe d’infériorité autoalimenté qui régalerait les plus purs freudiens.

L’argument de la sous représentation des jeunes femmes d’origine maghrébine est assez cocasse si l’on considère qu’elles pourraient être de confession musulmane, et donc soumises à des pressions communautaires telles que leur année de rêve risquerait de se transformer en année de cauchemar (sans parler du bon vouloir de leur divinité). Et que si tel n’était pas le cas, elles pourraient comme toutes les autres postuler sans pour autant réclamer un quelconque traitement de faveur. Que l’on sache, l’origine n’est pas un critère de choix dans ce concours, mais seulement les critères d’âge, de taille, de beauté, de grâce, de morale.

Bien entendu, cela élimine d’office les femmes rondes, les boutonneuses, les velues, les moches, les ridées, les tatouées, les engrossées, les ménopausées, les transsexuelles, les pré-pubères, les thons, et j’en passe. Car oui, le concours Miss France est un concentré de discriminations. Et pourtant aucune récrimination n’est jamais venue de la part des femmes suscitées qui, elles, en ont parfaitement compris le principe. Et que l’on sache, les femmes noires ou métisses n’en sont en aucun cas exclues, pour preuve plusieurs d’entre elles ont déjà porté le précieux diadème.

Les miss non blanches sont régulièrement représentées avec les Dom-Tom notamment. Et d’ailleurs cette promotion a vu la présence de Miss Tahiti et de Miss Martinique parmi les cinq finalistes, c’est à dire deux jeunes femmes non blanches sur cinq. On peut difficilement être plus ouverts à la pigmentation !

Il se trouve que la gagnante a été élue par les téléspectateurs, par le peuple donc (enfin, par ceux qui s’intéressent à ce concours), et non par un jury partisan, consciemment ou non, et que ceux-là jugent selon les critères esthétiques qui leur sont propres. C’est humain. Les années précédentes, des miss de couleur ont gagné le concours pour leur beauté, il se trouve que cela n’a pas été le choix cette année. Et alors ? On ne peut tout de même pas créer un quota pigmentaire et ethnique pour complaire aux minorités complexées, dont de nombreux membres, rappelons-le avec commisération, dévalisent les rayons des crèmes blanchissantes des magasins afros.

Wikipédia nous explique de manière limpide que « les candidates sont les «Miss régionales», choisies pour représenter les diverses régions de France métropolitaine et d’outre-mer ». Ré-gio-na-les !!! Les miss représentent les régions de France, or le Maghreb ou l’Afrique noire ne sont pas à proprement parler des régions de France, même si de plus en plus d’habitants de ces lointaines anciennes colonies continuent d’affluer chez leur ancien colonisateur bien-aimé et manifestement regretté.

Car les représentants de nos anciennes colonies semblent en effet supporter si mal l’acquisition de leur majorité légale et de leur indépendance qu’ils n’ont de cesse, tels des Tanguy attardés, de revenir se blottir dans notre giron protecteur et salvateur. L’autonomie leur est si insurmontable et effrayante qu’ils se comportent en perpétuels mineurs infantiles et trop gâtés, exigeant toujours plus de nous. Ainsi, nous sommes condamnés à supporter ces éternels suceurs de nos généreuses mamelles qui nous détestent pourtant de toutes leurs forces sans pour autant avoir le courage de nous lâcher pour vivre leur propre destin.

A Louis-Georges Tin, auteur de l’ouvrage intitulé L’invention de la Culture Hétérosexuelle et désireux de faire sortir l’hétérosexualité de « l’ordre de la nature », qui s’afflige de ce que Miss France soit « aussi blanche que la neige de fin d’année déposée sur les clochers de notre France éternelle », nous pourrions, si nous étions racistes et imbéciles, lui rétorquer en reflet de sa phrase que « votre Miss Black France, quel dommage qu’elle soit aussi noire que la plage de St Pierre depuis l’éruption de 1902 », seulement voilà, nous ne sommes ni racistes ni imbéciles.

Caroline Alamachère

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