Enquête : Gitans et islamo-truands des banlieues équipés d’armes de guerre

Publié le 20 octobre 2014 - par - 8 422 vues
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Les nouveaux truands Marseillais, Grenoblois ou Lyonnais, dont beaucoup pratiquent l’islam, comme les islamistes intégristes qui s’entraînent au djihad sur notre territoire, semblent avoir trouvé un second souffle avec l’utilisation massive de la kalachnikov. Mois après mois, semaines après semaines, policiers, civils, commerçants, truands Corses, Niçois, Varois ou Lyonnais, tous tombent sous le feu nourri des kalachnikovs.

« Rien au monde n’a fait plus de morts que l’AK-47. La Kalachnikov a tué plus que les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, plus que le virus du H.I.V., plus que la peste bubonique, plus que la malaria, plus que tous les attentats commis par les fondamentalistes islamistes, tous les tremblements de terre réunis. Une quantité colossale, inimaginable, de chair humaine…. » écrit Roberto Saviano, page 272, dans un livre saisissant « Gomorra, Dans l’empire de la Camorra » (éditions Folio, 2006). A croire que la nouvelle génération de truands, issus des banlieues, a potassé l’ouvrage en cours du soir.

Au même moment, en cette fin d’année 2014, la presse nationale française semble soudain découvrir la dangerosité des Kalachnikovs utilisées dans les réglements de comptes entre truands. Mais, le phénomène n’est pas nouveau, même s’il s’est amplifié ces deux dernières années. Déjà en 2011, l’utilisation de kalachnikovs pour le cambriolage d’un magasin de bricolage, le 28 novembre, s’était révélée meurtrière dans le quartier Saint-Just à Marseille. Meurtrière aussi la course poursuite, la veille, à Vitrolles, où un policier a été mortellement atteint. Deux morts, deux blessés grave en 24 heures ! Quelques jours plus tard, les Marseillais « remettaient ça » et l’un des leurs tombait, dans le cadre d’un réglement de compte, sous les projectiles des kalach.

Contacté par téléphone à l’époque des faits, le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, qui avait connu des contrées plus paisibles lorsqu’il était en poste en Haute-Savoie, relativisait la situation et précisait qu’il s’agissait du « Dixième règlement de comptes à Marseille en 2011 et le premier à La Castellane depuis plusieurs années… ». Pour ce magistrat expérimenté, « C’est la triste illustration du phénomène des cités » et la patron du Parquet Marseillais ajoutait qu’il a comptabilisé une « Trentaine de tentatives de règlements de comptes » à Marseille durant cette année 2011.

Les propos « comptables » du magistrat, qui aujourd’hui a quitté Marseille, ne peuvent faire oublier que la cité phocéenne connaît bien, depuis la fin d’année 2011, et après un printemps chaud, une « tempête de la gachette », qui rappelle furieusement la grande époque de la guerre des gangs. On ne s’arrose plus entre truands chevronnés, quelquefois issus de la résistance (comme François Marcantoni ou les frères Guerini) ou de la Gestapo française, à la mitraillette Thomson à camembert ou au 11.43, le calibre préféré de la pègre. C’est désormais à la kalachnikov, ce fusil d’assaut russe facile à se procurer depuis la fin du conflit des Balkans, que les nouveaux truands, même les plus minables issus des banlieues et convertis à l’islam, règlent aujourd’hui leurs comptes.

La nouvelle pègre Marseillaise, Grenobloise, Lyonnaise a adopté l’arme préférée des guerilleros

Dans la criminalité des années 2012, 2013, 2014, les anciens caïds du milieu français et leur « code d’honneur » semblent bien avoir définitivement intégré « le musée Grevin du milieu ». Et les François Marcantoni et autres truands à l’ancienne inspirent probablement des regrets aux policiers chargés de la lutte contre la criminalité et la délinquance. Aujourd’hui confrontés à des kalachnikovs, pistolets automatiques et explosifs, les policiers et gendarmes risquent leur vie à chaque coin de rue. Comme début août 2012, lors de l’attaque d’une bijouterie à Grenoble, située à quelques mètres du commissariat. Les forces de l’ordre avaient essuyé le feu nourri des kalach. D’où leur impuissance pour arrêter les gangsters qui sortaient de la bijouterie.

Le fusil-mitrailleur AK-47 permet de tirer dans les situations les plus variées. Il ne s’enraie pas, même couvert de terre, même plein d’eau, et s’empoigne facilement, sa détente est si sensible qu’elle peut être pressée par un enfant. Chance, erreur, imprécision : tout ce qui peut sauver la vie lors d’une fusillade n’existe pas avec l’AK-47, un engin qui ne laisse aucune place au hasard.

Selon Roberto Saviano, auteur du livre « Dans l’empire de la Camorra », et qui se trouve depuis quelques jours en France pour dédicacer son nouveau livre, Voyage dans l’économie de la cocaïne «Viaggio nell’inferno della coca » Gallimard‎ 2014, « la kalachnikov est simple à utiliser, facile à transporter, il est si efficace qu’on n’a pas besoin d’entraînement. (…) “Sadate (…), le général Dalla Chiesa (…) et Ceausescu furent tous abattus à la kalachnikov. Salvador Allende fut retrouvé (…) avec des balles de kalachnikov dans le corps. Des morts célèbres qui sont la meilleure publicité possible pour l’AK-47. Le fusil figure même sur (…) les emblèmes d’innombrables organisations politiques, du Fatah en Palestine au MRTA au Pérou. (…) dans ses vidéos, Oussama Ben Laden s’en servait comme d’un symbole menaçant. (…)

“Kalachnikov a créé une arme particulièrement efficace qu’on a pu perfectionner au fil des années, une arme qui a connu dix-huit versions et vingt-deux nouveaux modèles inspirés de l’original… (…) Kalachnikov a fait un geste en faveur de l’égalité : des armes pour chacun, des massacres pour tous.”

La Kalachnikov, c’est la « potion magique » des nouveaux truands convertis à l’islam

A Marseille, le carnage à la kalach a débuté au mois de décembre 2011, par une fusillade sanglante en plein centre-ville, dans un snack du XVe arrondissement. Le tireur a vidé son chargeur de 30 cartouches sur un homme attablé dans l’établissement, le tuant sur le coup et blessant un autre client. « Même les Manouches sortent une kalach pour de vulgaires cambriolages de supermarché, c’est le signe que l’armement lourd monte en puissance dans la région », lâche, amer, un officier de police, joint par téléphone et qui souhaite conserver l’anonymat.

Puis, le lundi 19 décembre 2011, le corps d’un homme, touché d’une balle en pleine tête, est retrouvé carbonisé dans une voiture sur un parking de Septèmes-les-Vallons, en banlieue de Marseille. Cette pratique consistant à faire brûler une victime dans son véhicule pour effacer toute trace exploitable avait été initiée par Farid Berrhama, dit « le Rôtisseur », un caïd de l’étang de Berre retrouvé criblé de balles en 2006.

Déjà, durant l’été, une « mini-Saint-Barthélemy » avait partiellement décapité le milieu. Le 20 juillet, dans le cadre d’une probable redistribution des rôles, Roland Gaben, longtemps surnommé « le Caïd du Panier », 46 ans, était assassiné par quatre inconnus encagoulés, alors qu’il circulait à scooter non loin du domicile de sa compagne, dans un quartier résidentiel proche de l’hôpital Nord. On n’allait pas s’arrêter là ! Neuf jours plus tard, Souhel Hanna-Elias, 55 ans, une « figure » fichée au grand banditisme et ancien lieutenant du Parrain Francis le Belge, tombait dans un cybercafé du centre-ville sous les balles d’un tireur non masqué à moto.

L’année 2012, elle, avait commencé de façon baroque lorsque, le 27 janvier, trois hommes furent tués et deux blessés, dont l’un grièvement, dans une fusillade orchestrée par un commando armé de kalachnikovs et de pistolets automatiques, dans le quartier Sainte-Marthe (nord). Parmi les vétérans et parrains, peu de survivants, si ce n’est Francis Imbert, dit « le Matt », qui a survécu voici quelques années à 21 impacts de balles, et qui continue à jouer aux cartes, dos à la vitre, dans un café du vieux port. Le privilège des grands !

Selon des informations fournies par une magistrate, qui souhaite garder l’anonymat, « Quelques 310 armes de tous calibres ont été confisquées dans les cités depuis le début de l’année, dont dix-sept fusils d’assaut de type Kalachnikov…. ». Dans le même temps, environ 70 malfaiteurs condamnés à des peines de détention jamais exécutées, ont été « cueillis » au petit matin depuis janvier. « Notre volonté, jour après jour, est de vidanger avec méthode la voyoucratie en retirant les petits caïds du circuit et en les frappant au portefeuille » assure un commissaire de police de terrain.

Pour Roberto Saviano, auteur de « Gomorra, Dans l’empire de la Camorra », « Le fusil-mitrailleur AK-47 permet de tirer dans les situations les plus variées. Il ne s’enraie pas, même couvert de terre, même plein d’eau, et s’empoigne facilement, sa détente est si sensible qu’elle peut être pressée par un enfant. Chance, erreur, imprécision : tout ce qui peut sauver la vie lors d’une fusillade n’existe pas avec l’AK-47, un engin qui ne laisse aucune place au hasard. Simple à utiliser, facile à transporter, il est si efficace qu’on n’a pas besoin d’entraînement. « Il peut transformer même un singe en combattant » a dit Kabila, le redoutable président congolais.

« Au cours des trente dernières années, les armées de cinquante pays ont utilisé la Kalachnikov comme fusil d’assaut. D’après l’O.N.U., des tueries ont été perpétrées avec cette arme en Algérie, en Bosnie, au Burundi, au Cachemire, au Cambodge, en Colombie, au Congo, à Haïti, au Mozambique, en Ouganda, au Rwanda, au Sierra Leone, en Somalie, au Soudan, au Sri Lanka et en Tchétchénie. Plus de cinquante armées régulières sont équipées de Kalachnikov et il est impossible d’énumérer les groupes clandestins, paramilitaires et de guérilleros qui l’utilisent. Sadate en 1981, le général Dalla Chiesa en 1982 et Ceausescu en 1989 furent tous abattus à la Kalachnikov. Salvador Allende fut retrouvé dans le palais de la Moneda avec des balles de Kalachnikov dans le corps. Des morts célèbres qui sont la meilleure publicité possible pour l’AK-47. Le fusil figure même sur le drapeau du Mozambique et les emblèmes d’innombrables organisations politiques, du Fatah en Palestine au M.R.T.A. au Pérou. Quand il apparaît au milieu des montagnes dans ses vidéos, Oussama Ben Laden s’en sert comme d’un symbole menaçant.

« La Kalachnikov a accompagné toutes sortes de combattants: les libérateurs, les oppresseurs, les soldats d’une armée régulière, les guérilleros, les terroristes, les ravisseurs, les membres d’escortes présidentielles. Kalachnikov a créé une arme particulièrement efficace qu’on a pu perfectionner au fil des années, une arme qui a connu dix-huit versions et vingt deux nouveaux modèles inspirés de l’original … Mikhaïl Kalachnikov a permis à tous les groupes petits et grands luttant pour le pouvoir de se doter d’une arme. Depuis qu’il l’a créée, personne ne ne peut plus prétendre avoir perdu parce qu’il ne pouvait accéder aux armes. Kalachnikov a fait un geste en faveur de l’égalité: des armes pour chacun, des massacres pour tous ».

Les kalachnikov se négocient quelques centaines d’euros

Dans un périmètre plus vaste, englobant le Var et les Bouches-du-Rhône, les forces de l’ordre ont récupéré, ces derniers mois, pas mal d’armes de guerre, à l’occasion de l’arrestation d’une vingtaine de caïds du Sud-Est et de trafiquants d’Europe de l’Est. L’enquête initiale visait au départ des importateurs de stupéfiants. Elle a abouti à la saisie de plus de quatre kilos de cocaïne mais surtout à celle de près de 200 armes de guerre pour la plupart, pistolets-mitrailleurs et kalachnikovs, réparties en trois caches.

L’une des planques recelait aussi du matériel pyrotechnique (détonateurs, retardateurs et minuteurs). Un enquêteur a évoqué une « sorte d’alliance entre des trafiquants de drogue et des vendeurs d’armes ». Un tuyau a permis à la police judiciaire de Toulon de démanteler cette filière d’approvisionnement en armes à destination du milieu, organisée par des ressortissants de pays de l’Est.

Pour le commissaire de l’Office central de lutte contre le crime organisé, qui pilotait cette opération, « L’importance des filières venant de l’Est est évidente, mais la rareté de la mise au jour de ce type d’affaires résulte de la difficulté à remonter les réseaux, faute de coopération policière efficace, avec les Balkans par exemple ».

La plupart des armes de guerre utilisées à Marseille et dans le grand Sud-Est semblent venir des Balkans (c’est le cas de celle utilisée fin 2011 lors du braquage du magasin de bricolage et de celles utilisées pour des réglements de comptes entre jeunes truands des balieues ces derniers mois de 2014). Selon les enquêteurs, elles arriveraient « en très faible quantité », parfois à l’unité. « C’est presque de l’artisanat, assure un commissaire de police, contacté par téléphone. En une nuit de route, vous êtes aux portes de l’ex-Yougoslavie. Pour une centaine d’euros, vous achetez une kalachnikov qui se revendra 7 ou 8 fois plus cher, le prix variant entre 750 et 2 000 euros à Marseille, selon l’origine et l’état des armes… ».

Une enquête de Francis GRUZELLE
Carte de Presse 55411

Armes en cirulation illégalement

1939 : 1 300 000
1945 : 7 000 000
1962 : 11 750 000 (en raison stocks d’armes de l’OAS, armes légales dsitribués aux volontaires républicains lors des putschs de 1958 et de 1961, et n’ayant pas réintégré les arsenaux)
1969 : 13 000 000
1999 : estimation de 15 à 18 000 000
2014 : estimation Sécurité Intérieure de 12 à 20 000 (Les 8 millions d’incertitudes seraient liées au fait que les enquêteurs ont un doute sur le bon état de fonctionnement, et l’existence de munitions fiables, de plusieurs millions d’armes automatiques parachutées par les américains à la résistance de 1942 à 1944, bien que les sten soient increvables plusieurs décennies après leur mise en service)

Le rapport DCPJ se veut plus rassurant et évalue à 3 140 000 le nombre d’armes illégalement détetenues en France, dont 30 000 calibres dans les cités.

Vols à main armée effectués avec des armes de guerre en 2013 : 948 (plus 22 % par rapport à 2012)

Saisies d’armes effectuées par les forces de l’ordre :

2005 : 4 400
2007 : 3 400
2008 : 4 000
2010 : 2 710
2011 : 3 700 dont 150 kalachnikovs

A Marseille, personnes ayant perdu la vie suite à des tirs de kalachnikovs :

2009 : 19
2010 : 29
2011 : 31
2014 : 26

Prix des kalachnikovs

2000 à 2500 euros pour un modèle « soviétique » de Russie des Balkans acheté à un ressortissant yougoslave ou russe (issu des arsenaux de l’ex-armée rouge, des stocks de l’ex-armée Yougoslave ou Albanaise)

500 à 750 euros pour un modèle Chinois issus des arsenaux Libyens ou Angolais, vendus directement par d’anciens combattants de ces armées.

150 à 1800 euros pour des modèles d’occasion en France, vendus par des truands Français ou des délinquants des cités.

650 à 1000 euros pour une mitraillette Uzi (la kalachnikov israëlienne), légère, maniable, qui ne s’enraye pas et qui équipe les parachutistes et les commandos de Tsahal. Cette arme automatique fait son apparition dans le milieu Français, et Israël est devenu un gros exportateur.

2600 à 2800 euros pour une kalach achetée par internet à d’anciens membres des forces Russes, payable par cb, et envoyée par poste, en pièce détachée en plusieurs envois.

Francis GRUZELLE

benladen

Ben Laden a assuré la promotion de la kalachnikov auprès des musulmans intégristes, et de nombreux combattants du djihad en Syrie sont équipés de kalachnikov.
kalach kalachnikovA leur tour, les jeunes truands des banlieues, convertis à l’islam pur et dur, ont adopté la kalachnikov (immortalisée par les Guérilleros et les mercenaires des guerres coloniales) pour obtenir une suprématie sur les truands Corses et Marseillais, du milieu traditionnel, et disposer d’une puissance de feu face aux policiers et gendarmes Français !(photos Francis GRUZELLE)
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