Et si l’islamisme était révélateur de l’état des troubles psychiatriques des musulmans ?

Il existe deux catégories de peuples sur terre. Ceux qui ont compris que la religion n’est pas une solution à leurs problèmes et ceux qui sont convaincus de peur du châtiment suprême que sans la religion il n’y a point de salut. Ainsi font-ils d’un problème insoluble une solution à leurs multiples et épineux problèmes.

En effet, tous ces peuples qui s’en remettent à la religion comme seul recours à leur condition de vie misérable et leur état de déliquescence psycho-affective se trouvent dans l’incapacité d’affronter le monde réel. Ils s’enferment dans une bulle qui leur fait passer le goût amer de leur vie en goût savoureux d’un champagne millésimé. Celui-là même que Dieu leur promet à la résurrection. Ils sont à contre-sens des exigences de leur propre existence. Terrorisés, inhibés, tétanisés et paralysés par la peur phobique de rater le train qui les conduit vers le banquet divin, ils se figent et se statufient pour éviter toute fausse manœuvre susceptible de les faire dévier de la voie que la main invisible qui dirige l’univers leur a tracée. Seules la soumission et l’obéissance absolues aux prescrits de la religion deviennent leur règle de vie et toute tentative de résilience les éloignera de cette voie qui les fera passer, à la résurrection, du statut de reclus et de l’éternel démuni au statut de nanti qui pourrait jouir enfin de tout ce dont il avait été privé sur terre. Il ne leur reste qu’à suivre dogmatiquement la feuille de route revêtue du sceau divin et le vin du paradis enchanterait leur quotidien dans l’au-delà.

Par conséquent, aux yeux des peuples dévots et bigots, plus l’ultra-conservatisme et l’ultra-rigorisme sont de cours, plus ils sont convaincus d’être éligibles au cercle des privilégiés du paradis et sa cerise sur le gâteau de 70 vierges. L’oppression et l’injustice ne sont rien d’autre que des épreuves qu’ils doivent assumer pleinement et qu’en retour ils se verront rétribuer de leurs efforts de résignation et de dévolution de leur action terrestre pour la gloire et la grandeur de la religion. Chez es peuples à forte tendance masochiste où l’homme n’a de vie que pour satisfaire le narcissisme divin, il ne peut y avoir d’issue de secours pour lui et de liberté d’esprit.

Accepter son sort tel qu’il est et non tel qu’il aurait aimé qu’il soit. Il ne peut briser les chaînes avec lesquelles Dieu l’a enchaînées. Rien ne doit changer, tout doit rester immuable et aucune action ne doit être entreprise pour modifier le cours de l’existence, car tout ceci ne relève pas du champ d’attributions des compétences humaines.

Aux termes de cette religion l’homme est jugé comme un être dépourvu de discernement. Il est immature et un incapable majeur, il ne lui revient pas de modifier l’ordre naturel des choses. Pourquoi changer par exemple de régime despotique alors que c’est un régime qui inclut les critères retenus par Dieu dans sa feuille de route pour ses hommes ? Tout doit être en adéquation avec les préceptes du message que Dieu a transmis aux hommes par le biais de ses différents porte-parole, une sorte d’attachés de presse des temps modernes. Seul Dieu est l’architecte et le concepteur du changement. Et quand il y a eu des secousses telluriques qui ont provoqué les bouleversements dans le paysage des pays comme la Tunisie ou l’Egypte, on a aussitôt fait de remettre le couvercle sur la marmite afin d’étouffer les voix de la dignité humaine. Dieu n’aime pas que les hommes soient acteurs du changement, voilà pourquoi il a vite fait d’y remédier en déléguant son pouvoir aux commandos de la vertu plus apparentés à des escadrons de la mort pour veiller à ce que les peuples tunisiens et égyptiens ne s’écartent pas de son chemin.

Dieu n’a pas créé les hommes pour qu’ils changent le monde à sa place. Il les a créés pour maintenir son ordre en l’état en tout temps et jusqu’à la nuit du temps et qu’ils doivent faire preuve d’un dévouement sans faille capables de se transformer en l’occasion en prédateurs charognards et en bombes humaines pour défendre sa cause en cas de menaces pesant sur le paysage dessiné par Dieu pour ses créatures.

Ainsi les révolutions n’ont pas à être faites par les hommes, elles doivent être son œuvre et l’expression de sa volonté. C’est en toute logique que ses vaillants combattants, connus pour leur couardise légendaire et leur fourberie pathologique, absents de tous les combats nationalistes et pour la justice sociale, sont les premiers bénéficiaires des retombées des révolutions humaines. Ils ont Dieu avec eux et la masse des damnés de la terre absente de ces révoltions leur a donné le sésame démocratique pour faire redorer son blason à Dieu auquel les sociétés civiles tunisiennes et égyptiennes lui avaient grillé la politesse.

L’ordre divin ne doit être ni contesté ni remanié. Les riches préservent leurs positions et les pauvres sont bâillonnés par Dieu contre toutes velléités de changement de nature à modifier les rapports sociaux et atténuer les écarts que l’on peut qualifier de gouffre entre eux et les fidèles que Dieu a élus pour être riches. Tout est question d’éligibilité et de pouvoir divin dans la culture de l’immanence divine. Le poids de la religion est tellement écrasant et étouffant que l’oxygène qui irrigue le cerveau se raréfie. D’où les accès de violence terroriste à laquelle on assiste qui est en réalité, un cri inconscient de détresse morale et humaine. Le désespoir de ces populations se manifeste à travers des crises paranoïdes schizoïdes jusqu’au-boutistes faisant de la violence l’unique moyen pour extérioriser ses frustrations, troubles de la personnalité, la sclérose identitaire, l’incurie intellectuelle, l’immobilisme, la nostalgie du passé, les troubles de conscience et d’affirmation de soi, les troubles des conduites sociales, et la théâtralisation hystérique collective où les sujets miment, simulent et se défoulent sur cet autre, le bouc-émissaire, leur souffre-douleur, l’objet fantasmé de leur courroux, diabolisé et honni. Le mal qui est en soi se trouve toujours projeté sur l’autre. Ils ont besoin pour exister de leur souffre-douleur, de leur bouc-émissaire, sur lequel ils peuvent déverser le torrent de boue macabre qui nourrit leurs esprits, compriment leurs cerveaux ayant l’effet d’une décharge électrique qui traverse leurs corps. Cet autre que l’on jalouse et envie intérieurement mais qui les obsède et les tourmente inconsciemment du fait de leur intolérance maladive à la différence. Quelque part cet autre comble le vide sidéral qui est en eux et que pour leur propre survie ils se doivent de le faire exister pour assouvir leur aversion d’eux-mêmes. Toute manifestation de haine vis-à-vis d’autrui est en réalité symptomatique de la haine de soi et l’anéantissement de soi. Vouant un véritable culte au suicide spectacle où l’on entraîne dans sa propre destruction, celle de l’autre et bien souvent celle des autres à l’exemple des attentats meurtriers de Bombay et des Twin Towers.

Comme la société est par définition un agrégat d’individus, il est évident qu’elle ne peut être que leur produit contaminé et irradié par leurs symptômes. Le fidèle reflet, le miroir qui réfléchit tous les signes en usage dans une société, en l’occurrence la société tunisienne. Le remède que veulent lui appliquer ces nombreux charlatans et gourous qui prospèrent sur le terreau de son mal-être est plutôt la cause principale des graves troubles psychiques et névrotiques qui gangrènent le corps social tunisien. On ne pas peut soigner l’origine du mal par les symptômes du mal profond inhérent à une culture liberticide, oppressante, castratrice, culpabilisante, négatrice de l’individu fondée sur un système de croyance totalitaire et fascisant régissant tous les aspects de la vie des gens dans le moindre petit détail dés la naissance et jusqu’à la mort tels les appels à la prière qui accompagnent leur vie du berceau jusqu’au tombeau.

Les espaces de libertés sont bannis au nom du sacré ou l’on fait de l’interdit la seule norme de vie sociale et individuelle. Socialement et individuellement tout doit s’articuler autour des schémas de pratiques cultuelles rythmant l’organisation sociétale et personnelle. Comme cela se produit souvent, plus les peuples sont enfiévrés par la religion, plus ils sont enclins aux croyances surnaturelles et para-naturelles que les confréries sectaires et maraboutiques leur distillent pour remédier à leurs carences psychoaffectives et à ce besoin de réponses perceptibles, palpables et immédiates à leurs questionnements existentiels. Paradoxalement, ces peuples à défaut de rêver s’illusionnent sur le déroulement des évènements futurs comme si cela correspondait à un besoin thérapeutique absolu. Besoin de s’en remettre à l’autre, à Dieu mais rarement à soi. La solution n’est pas en soi, la clé est souvent entre les mains du tiers, ce tiers visible qui prend la forme d’un gourou ou de marabout, une figure tutélaire et idolâtrée tel l’illuminé R. Ghannouchi qui se comporte comme le sauveur ou le messie attendu en usant d’artifices ésotériques et charismatiques, abusant de manœuvres de manipulations mentales qui sous-tendent généralement les actes de terrorisme psychologique pour rallier, exciter et haranguer les foules, en exaltant leur ego fruste et frustré un peu comme le faisait Hitler en Allemagne nazie. N’hésitant pas à brandir la menace d’une guerre civile si les tunisiens se montrent récalcitrants à l’égard de la politique de terreur qu’il compte instaurer en Tunisie allant jusqu’à susciter chez certains tunisiens un sentiment de rejet de l’Islam lui-même.

En conclusion, on ne peut pas élaborer un diagnostic fiable de tous les signes inquiétants observés dans le champ social tunisien depuis le 14 janvier 2011 et surtout révélés au grand jour par sa Révolution du jasmin fané sans recours à la sémiologie psychiatrique.

Salem Benammar


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