Félicitations à Benoît XVI pour son discours de Ratisbonne

Comme le rappelle Huineng (http://ripostelaique.com/les-journaleux-ne-pardonnent-pas-a-benoit-xvi-davoir-ose-amalgamer-islam-et-violence.html), les bilans dont on nous abreuve à propos de la démission du pape mettent systématiquement le  «discours de Ratisbonne » dans la catégorie erreur  et intolérance. Voici une exception notoire, celle d’Abdelwahab Meddeb, musulman et sans conteste l’un des plus grands connaisseurs de l’islam.

Meddeb considère que le pape propose dans ce discours une vision trop réductrice de Mahomet, mais ne voit dans ses propos « ni déformation, ni calomnie ». Et pour lui, l’islam en réagissant comme « une bête blessée » à cette référence à la violence de ses textes, renonce à « une chance inespérée de procéder au travail sur soi qui le contraindrait à se détacher de ses démons » préférant « le consensus par l’indignation et la protestation unanime. »*

Dans ce discours, Benoît XVI  se réfère à l’épée  et à son rôle dans l’islam. Meddeb rappelle deux versets (en réalité, il y en a plusieurs dizaines, mais Meddeb tient apparemment à les oublier) qui enjoignent à tuer et à combattre les non musulmans. Des versets qui en abolissent une centaine d’autres « recommandant des comportements doux tolérants, indulgents, tout de civilité… »

« Les propos de Benoît XVI auraient pu constituer une faste opportunité pour l’islam d’affronter enfin la question de la violence d’une manière directe et explicite: ainsi les musulmans auraient-ils pu constater que les germes du mal qui ont produit la maladie mortelle de l’islamisme se trouvent dans la lettre même du Coran. »

Meddeb regrette que l’islam ne suive pas la voie du christianisme qui s’est débarrassé de ses démons pour retrouver  « l’éclat de sa lettre ». Il invite « le sujet d’islam » à «participer à la mutation de l’intellect qui éclaire l’humanité contemporaine». C’est ainsi qu’il contrera « ceux qui, du fait de leur littéralisme coranique, menacent la paix dans le monde. »

J’en profite pour espérer que des communautés musulmanes et leurs compagnons de route occidentaux réagiront désormais en humanistes aux tentatives de fanatisation. Et qu’ils se scandaliseront davantage de l’assassinat ignoble de diplomates que d’une bande-annonce dénichée par des coreligionnaires aux fins de rallumer un incendie similaire à celui des caricatures danoises. Qu’ils renonceront enfin, dans de telles situations, à réclamer une Xième fois une limitation à notre liberté d’expression dont ils profitent par ailleurs sans la moindre retenue.

Mireille Vallette 

*Sortir de la malédiction, L’islam entre civilisation et barbarie, éd. Du Seuil, 2008, p.101-106


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