Football : quelques comparaison entre les internationaux brésiliens et français

La tribune de Pierre Cassen sur le bouquin de Raymond Domenech, ex-selectionneur de l’équipe de France de foot, m’amène à formuler quelques réflexions.

Résident au Brésil, « pais do Futebol e do Samba », je dois constater que la « Seleção » brésilienne comporte aussi son lot d’abrutis jouisseurs, de sales gosses dépravés pour lesquels toute tentative de greffe du cerveau se solderait inévitablement par un rejet.

En plus, ils ont un défaut supplémentaire, rédhibitoire : ils aiment leur pays et leurs couleurs.

J’ai cru entendre que le patchwork brésilien (noirs, métis, blancs, latinos, asiatiques, indiens) en faisait, à l’instar de la France, un pays multiculturel.

Et bien, c’est faux.

La société brésilienne est multiraciale, multiethnique, mais pas multiculturelle.

C’est simple à vérifier : prenons la liste des selectionnés français, leur patronyme nous en apprendra beaucoup sur leurs origines, leur culture, leur pigmentation, leur religion, voire leur clan :

-Les arabo-musulmans : Karim Ben Zema, Hatem Ben Arfa, Samir Nasri…

-Les afro-musulmans : Mamadou Sakho, Alou Diarra, Abou Diaby…

-Les afro-chrétiens : Steve Mandanda, Blaise Matuidi…

-Les « autres » : Européens et Antillais, français depuis toujours.

Loïc Remy, ça sonne quoi ?

Maintenant, tentons la comparaison avec les internationaux brésiliens, que l’on retienne leur vrai patronyme, ou le surnom dont ils sont souvent affublés : Ben, rien. Pas la moindre indication. Et pour cause, ils n’ont qu’un pays et ne connaissent rien de cet écartèlement que l’on appelle aussi bi-nationalité. Le Brésil est probablement plus raciste que la France, mais ce racisme est surtout social.

Le joueur « français » Adel Taarabt, pourtant sélectionné chez les Bleus avec les U17 et les U19, a finalement rejoint la selection marocaine, bien sur à cause du racisme des blancs, mais aussi parce que « à la maison, on a toujours parlé et mangé (?) arabe » (sic).

Ca a au moins le mérite de la clarté : macérer toute son enfance et sa jeunesse dans l’environnement d’origine est autrement plus déterminant que son lieu de naissance (et encore, Adel est né au Maroc), comme si au sortir du ventre de sa mère, le nouveau-né consultait son GPS pour se localiser.

Un footballeur n’a pas besoin d’être major de promotion de l’ENA, même s’il est toujours préférable d’avoir les capacités intellectuelles d’un Lizarazu  plutôt que celles d’un Anelka. Mais qu’il soit consciencieux en club et respectueux de son maillot en sélection.

Jacques Vinent


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans POINT DE VUE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.