Fourest : Big Sister pour Guy Millière, agent d’Eurabia pour Paul Landau

A la veille de la dernière partie des « Réseaux de l’extrême », que Pierre Cassen a appelé le feuilleton « Caroline contre les méchants », nous portons à la connaissance de nos lecteurs deux contributions de Guy Millière et Paul Landau. Le premier apparaît dans ce dernier reportage, appelé « Les naufragés de Sion », et conteste le scandaleux relativisme de Fourest, ainsi que ses compétences journalistiques. Quand aux second, il prend la défense de Bat Ye’Or, et démontre en quoi Caroline Fourest est une militante active d’Eurabia. Deux approches différentes, pour un même verdicte implacable : c’est une militante, et pas une journaliste.

Jeanne Bourdillon

CAROLINE FOUREST : « BIG SISTER »

Caroline-fourest-big-Sister Soeur Caro et ses délires

Caroline Forest est une grande journaliste française, c’est évident

J’ignorais être cité dans les documentaires réalisés par Caroline Fourest « Les réseaux de l’extrême ». Et je ne les ai pas regardés, jusqu’à ce qu’on me signale que j’apparaissais dans le quatrième épisode, appelé de manière éloquente, Les Naufragés de Sion. Dès le titre, on sent la vive sympathie de la dame envers les Juifs et envers Israël. Ce n’est pas de la haine, non : juste du mépris condescendant, du style de celui qui a fait traiter d’Israël de « petit pays de merde » par un ambassadeur de France, un soir, à Londres, il y a quelques années. Le mépris condescendant peut être plus efficace que la haine et y conduire subtilement, sans utiliser de mots grossiers. Et Caroline Fourest n’est pas grossière : elle se donne les apparences de l’objectivité. Mais ce ne sont que des apparences, bien sûr.

C’est une spécialiste du relativisme à la française. Si elle trouve des obsédés, elle voudra trouver des obsessions égales chez les victimes des obsédés. Si elle rencontre des gens haineux, elle fera tout pour détecter ou attribuer de la haine chez les victimes des gens haineux. Entre un assassin et un assassiné, elle cherchera l’équilibre. L’assassin est peut être coupable, mais l’assassiné est-il sans reproches ? C’est quelqu’un qui prend de la hauteur. A l’époque d’Auschwitz, elle aurait donné la parole à des nazis, mais elle aurait sans doute trouvé le moyen d’obtenir une autorisation pour visiter le ghetto de Varsovie et aurait demandé aux porteurs d’étoile jaune s’ils ne ressentaient pas de la colère envers les SS.

Caroline Fourest dépeint d’abord un ramassis sordide d’antisémites, en prenant soin de distinguer les crasseux, les pouilleux, les ignobles du type Faurisson et Dieudonné, que je considère moi-même comme des gens dont la place serait dans une poubelle dont je serais heureux de fermer le couvercle, puis elle parle d’Europalestine, le mouvement qui organise de temps à autres des petites nuits de Cristal en portant des chemises vertes, comme d’autres portaient des chemises brunes, et elle dit qu’Europalestine est un mouvement « rationnel » : ce qui signifie, j’ose le penser, qu’il est rationnel à ses yeux d’organiser de petites nuits de Cristal en portant des chemises vertes à la place de chemises brunes. Ce qui signifie aussi, sans doute, qu’il est rationnel à ses yeux d’agresser et de diffamer des gens courageux et honorables tels que Sammy Ghozlan, et qu’il est rationnel aussi de m’avoir présenté dans un article comme l’inspirateur du criminel Anders Breivik. Face à un interlocuteur qui lui présente comme des actes de « résistance » les actes du Hamas, elle reste neutre, et reprend elle-même le mot de résistance. Si elle avait parlé de terrorisme, elle aurait cessé d’être impartiale. Lorsqu’elle montre des images d’Ahmadinejad, elle le décrit comme responsable d’une « féroce répression », mais se garde de citer ses propos génocidaires. L’impartialité, toujours.

Ayant montré des antisémites obnubilés par les Juifs et par Israël et des « antisionistes » décrits comme « rationnels », il lui fallait trouver le pendant. Elle le trouve en s’en prenant à la Ligue de défense juive : en oubliant pendant l’essentiel du temps de souligner que d’une part, c’est une organisation minoritaire, et d’autre part que son rôle essentiel, et pendant l’essentiel du temps est de se conduire de manière défensive. J’insiste pour les mal lisants, plus nombreux que les malentendants : DEFENSIVE. N’ayant montré aucun terroriste palestinien (elle ne parle jamais de terrorisme palestinien), elle montre par contre le seul, l’unique terroriste juif, Baruch Goldstein, et doit donc remonter à 1994 pour le trouver. Si elle avait du citer rien qu’en les nommant les équivalents « palestiniens » de Baruch Goldstein, il lui aurait fallu davantage que les cinquante minutes du documentaire : seuls les naïfs penseront que c’est pour cela qu’elle ne l’a pas fait. N’ayant montré aucun acte d’agression antisémite commis par des antisémites en France et n’ayant donné la parole à aucune victime d’agression antisémite, pas même à la famille des victimes de Merah à Toulouse, elle montre par contre des victimes de la Ligue de Défense Juive : des gens qui ont reçu de la peinture rouge sur la tête. La peinture rouge est moins dangereuse que les couteaux des meurtriers qui ont égorgé les membres de la famille Fogel, que les bombes des auteurs d’attentats suicide, ou que les armes d’un quelconque Merah, mais c’est ainsi, Caroline Fourest préfère montrer la peinture rouge.

Puis elle passe à des gens sans aucun doute délirants à ses yeux, et suggère-t-elle, emplis de détestation envers les Arabes et les Musulmans : les fondateurs de Riposte Laïque, mon amie Bat Ye’or, et moi-même. J’ai déjà dit mes points d’accord et mes points de désaccord avec Riposte laïque, mais ce genre de chose n’intéresse pas la dame. J’ai déjà dit que je distinguais islam radical et islam modéré (ce qui me vaut des remarques acerbes de gens imaginant mieux connaître l’islam que moi), mais ce genre de chose n’intéresse pas la dame non plus. J’ai dit que je partageais les analyses de Bat Ye’or. Et je le redis ici. Et j’ajoute que les livres de Bat Ye’or sont fondés, documentés, rédigés avec le plus grand scrupule intellectuel, mais cela n’intéresse pas la dame, qui n’a sans aucun doute pas le centième de la connaissance du monde islamique qu’a Bat Ye’or. La dame ne s’intéresse pas davantage aux complexités des liens tissés entre l’Europe, le monde arabe et le monde islamique : elle n’a pas le temps de s’intéresser aux faits. Elle a une démonstration à faire et elle a à la faire à coups de serpe et à grandes enjambées par-dessus la connaissance. Elle veut être persuadée que des gens comme moi détestent les Arabes et les Musulmans, et que des gens comme Bat Ye’or ou moi-même sont délirants. Elle fait les questions et elle fait les réponses. Ce qui a le mérite de la cohérence.

Je constate ainsi que des images filmées il y a un an sont réduites à une minute, soigneusement choisie et soigneusement sortie de son contexte. Je constate que le cameraman qui a filmé ces images m’a filmé en plongée en s’efforçant de donner de moi une image assez laide. Tout cela est le hasard, incontestablement.

Le film se termine sur un entretien avec Richard Prasquier, qui lui, n’est pas filmé en plongée et sous un jour destiné à l’enlaidir. La dame doit préférer Richard Prasquier. Elle ne l’en incrimine pas moins : il a refusé d’inviter au dîner du Crif des gens qui soutiennent des organisations terroristes ! Comment peut-il ! Une fois de plus la dame ne parle pas de terroristes, cela va de soi : juste de gens qui sont anti-israéliens et, il faut le dire, une fois tombés les masques, assez antisémites. Ne pas inviter d’antisémites au dîner du Crif ? Quelle idée inepte !

Pas une seule seconde il ne sera question de l’islam radical, et, outre les propos d’Ahmadinejad, de ceux de Mohammed Morsi et d’une multitude de dirigeants islamistes. La charte du Hamas sera cité par Richard Prasquier, et uniquement par Richard Prasquier. L’histoire d’Israël ne sera pas évoquée, ne serait-ce qu’un centième de seconde. La guerre d’extermination que n’a cessé de mener le monde arabe contre Israël depuis plus de six décennies ne sera pas évoquée, ne serait-ce qu’un millième de seconde. L’histoire du « peuple palestinien » et de la « cause palestinienne » ne sera pas évoquée non plus, même un millionième de seconde.

Dans l’univers de la dame, il n’y a que des opinions. Il n’y a ni démocratie ni totalitarisme. Il y a des extrémistes juifs qui s’imaginent étrangement que des gens les détestent et veulent détruire Israël (faut-il être paranoïaque, non ?) : pour un peu, ils diraient qu’on a tué six millions de Juifs en Europe il y a sept décennies, et certains diraient même qu’on a tué trois enfants juifs à bout portant dans la cour d’une école à Toulouse, simplement parce qu’ils étaient Juifs. Ces gens n’ont aucune pudeur, non ? Ils n’ont pas la hauteur de vue de la dame.

Et puis, en face des extrémistes juifs, il y a des extrémistes antijuifs. Tout est dans tout. Rien n’est dans rien. Et vice versa.

Le seul qui trouve grâce aux yeux de la dame, c’est un Juif israélien qui trouve que Mahmoud Abbas est sympathique et qui serait prêt, je l’imagine, à réciter par cœur les discours où Mahmoud Abbas fait l’éloge d’Amin Al Husseini et ceux où il retrace la bravoure de Dalal Mughrabi. Elle n’a pas accordé d’entretien à Shlomo Sand. C’est dommage. Il manque au tableau.

Les seuls qui semblent dignes de louange, ce sont les journalistes français. Pas certains journalistes français, non : tous les journalistes français. Et dire que certains journalistes français manquent d’impartialité, c’est faire preuve d’extrémisme selon la dame. Un journaliste français, selon la dame, est, par essence, intouchable, lumineux, génial, même s’il parle de ce qu’il ne connait pas, même s’il traite un enfant de trois ans qui vient d’être égorgé de « colon ».

C’est grâce à des journalistes français qui traitent un enfant de trois ans qui vient d’être égorgé de « colon » qu’Allah est grand, comme dirait un auteur aujourd’hui oublié.

C’est grâce à des propos comme ceux qui ouvrent et ferment le film que les chaussures de tous les journalistes français sont bien cirées, et je ne doute pas que Caroline Fourest a des réserves de cirage en stock.

Je crois que le type qui m’a filmé il y a un an était juif et qu’il s’est présenté à moi à l’époque sans me dire ce qu’il faisait. Ce n’est pas le premier. Ce ne sera pas le dernier. Hélas.

Et dire qu’il y a des gens qui regardent la télévision et qui pensent que tous les journalistes français sont géniaux….

En tout cas, Caroline Forest est une grande journaliste française. C’est évident. Et je m’en souviendrai.

Guy Millière

PS Je n’ai pas vu les trois autres épisodes des « réseaux de l’extrême ». Je me conterai d’un seul épisode : il est des choses qu’il faut consommer avec modération.

http://extremecentre.org/2013/02/22/caroline-fourest-big-sister-par-guy-milliere/

CAROLINE FOUREST, UNE SEMI-LETTREE A LA SOLDE D’EURABIA

La diffusion sur France 5 de l’émission en plusieurs parties « Les réseaux de l’extrême » ne nous aura rien appris d’essentiel que nous ne sachions déjà sur l’extrême-droite ou sur les islamistes. Mais elle aura au moins permis de faire tomber les masques et de confirmer ce que plusieurs chercheurs ou auteurs (parmi lesquels, notamment, Pierre-André Taguieff, Bat Ye’or ou l’auteur de ces lignes) répètent depuis plusieurs années : Caroline Fourest n’est pas une « amie » de la communauté juive ou d’Israël… Elle n’est pas non plus une intellectuelle à proprement parler, mais plutôt une militante et une « semi-lettrée * », qui a mis ses modestes capacités de réflexion et son ambition démesurée au service de sa carrière (fulgurante, il faut le reconnaître) et au service d’une idéologie : Eurabia.

Il n’est pas étonnant que, dans la partie de son émission la plus tendancieuse, celle consacrée aux « Naufragés de Sion », Fourest s’en prenne essentiellement à deux représentants de l’extrémisme supposé au sein de la communauté juive et des amis d’Israël : la LDJ, sur laquelle je dirai quelques mots, et les « réseaux anti-Eurabia » (expression employée dans le descriptif de l’émission sur le site de France 5). En fait de « réseaux », l’émission ne donne la parole qu’à deux personnes, dont le discours n’est aucunement réfuté ou contredit : Guy Millière et Bat Ye’or.

(J’ajoute que si Caroline Fourest avait mené une véritable enquête, elle aurait pu découvrir qu’il existait véritablement un lien entre les militants anti-Eurabia (ou anti-islamisation) et les amis d’Israël en France et en Europe, ce qui pourrait faire l’objet d’une émission passionnante… Encore faudrait-il faire un véritable travail de journaliste, et pas se contenter de faire du copier-coller et d’aller glaner quelques images dans les archives de France Télévision !)

Si Caroline Fourest déteste tellement les tenants de la théorie Eurabia – théorie politique que les faits confirment jour après jour sur le sol européen -  c’est, comme me l’expliquait récemment Bat Ye’or, parce que Fourest fait elle-même partie d’Eurabia ! Elle a siégé longtemps à laFondation Anna Lindh, fondation qui n’est pas un simple organisme de recherche, mais un acteur politique aux moyens financiers considérables et aux visées bien précises… Acteur central du « Partenariat euro-méditerranéen », la Fondation Anna Lindh est en fait, comme l’a montré Bat Ye’or dans son livre Eurabia, le cheval de Troie de l’islamisation culturelle et politique de l’Europe.

De même que l’URSS recrutait autrefois des intellectuels prestigieux en Occident (comme Ernest Hemingway) pour défendre la politique de la « patrie du socialisme », l’Union européenne recrute aujourd’hui des intellectuels – par le biais de la Fondation Anna Lindh – pour défendre le projet politique euro-méditerranéen. Et si Mme Fourest pourfend aujourd’hui le « fanatisme » israélien et s’abstient de dénoncer le projet politique de Tariq Ramadan – préférant le contredire uniquement sur le sujet très réducteur de l’homosexualité – c’est parce qu’elle est devenue une militante au service du projet euro-méditerranéen. Ce projet n’est d’ailleurs pas du tout incompatible – loin s’en faut – avec celui de Ramadan : il est en fait le second versant de l’entreprise islamiste de conquête de l’Europe. Tandis que Ramadan et les autres prédicateurs de l’islam conquérant s’emploient à islamiser et à ré-islamiser les populations européennes, Caroline Fourest et ses collègues de la Fondation Anna Lindh s’emploient de leur côté à annihiler toute velléité de résistance de la part de ces mêmes populations, en s’en prenant à tous ceux qui incarnent une résistance citoyenne face à l’islamisation de la France…

A propos de la LDJ, censée incarner les « extrémistes juifs », je constate que Madame Fourest n’a pas fait le travail élémentaire d’aller à la rencontre de ses militants ou de ses représentants, en France ou ailleurs. La seule personne interviewée sur le sujet pour les besoins de l’émission est le président sortant du CRIF, Richard Prasquier, qui semblait craindre par-dessus tout qu’on le soupçonne d’accointance avec la LDJ… Que Prasquier se rassure ! A part les cinglés d’Europalestine, personne ne pense sérieusement qu’il est un fan du rav Kahana et de ses adeptes en France !

Plus sérieusement, je regrette que M. Prasquier n’ait pas eu le courage, pendant son mandat à la tête du CRIF, de faire ce que son prédécesseur (et peut-être successeur ?) Roger Cukierman avait fait en 2002 : rencontrer les dirigeants de la LDJ. Souhaitons que le futur président du CRIF soit, sur ce sujet comme sur d’autres, moins frileux et plus engagé.

Paul Landau

http://paullandau.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/24/caroline-fourest-une-semi-lettree-a-la-solde-d-eurabia-paul.html#more


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