France-Arabie : rencontre entre un Président qui ne fait rien et un Roi qui ne comprend rien

Le président français, Normal 1er, vient d’effectuer, le 4 novembre 2012, une visite très réussie en Arabie Saoudite marquée par une entente totale  entre deux chefs de deux Etats « amis ».

L’Arabie Saoudite, rappelons-le, est un royaume familial (1) chapeauté par la famille des « âl-Saoud ». Les rois s’y succèdent mais toujours à un âge tardif quand les facultés intellectuelles commencent à décliner. Il s’agit donc d’une gérontocratie déjà pathologique en elle-même sur laquelle se greffent aussi les conséquences des maladies dégénératives dues à l’âge avancé de ces majestés.

Monté sur le trône d’Arabie le 1/08/2005 à 82 ans, le Roi Abdallah est né le 1/08/1923. Il vient d’avoir quatre-vingt neuf ans. Beaucoup d’histoires circulent sur lui. Certaines sont divulguées par la presse qui reste, dans l’ensemble, très respectueuse de l’aura de celui qui dispose de l’une des plus grandes fortunes parmi les souverains de la planète. Sa fortune est estimée en effet à 25 milliards de dollars. Elle est l’image de la richesse de ce pays qui attire les convoitises et fait taire les critiques sur le fonctionnement du royaume, sur son rôle dans la promotion du wahhabisme en Occident et le financement du terrorisme ainsi que l’état des libertés fondamentales.

Normal 1er a eu beaucoup d’égards et de marques de respect pour son hôte. Il ne nous a pas décrit l’état de dégénérescence corticale de sa majesté, il a eu le mérite d’aider sa majesté à circuler avec sa canne dans les salons.

Crédit photo Bertrand Langlois (AFP)

D’autres étaient plus soucieux d’avoir un interlocuteur valable pour assurer un bon déroulement aux visites officielles …

Le Président libanais d’abord a appris à ses dépens que le roi était aux abonnés absents. En effet, en mars 2010, il s’était rendu en visite officielle en Arabie Saoudite afin de « renforcer le rôle régional du Liban ». Reçu à Riyad par le Roi Abdallah, dans un salon fleuri et décoré du drapeau du pays des cèdres et du drapeau vert saoudien, le président Suleiman fut vite décontenancé par son hôte. Après quelques minutes de patience, il interpella l’aide de camp de Sa Majesté en lui disant : « Il ne me comprend pas. Il ne sait pas qui je suis. Envoyez un prince avec qui je peux dialoguer ». Car Majesté, d’alors 87 ans, était déjà atteinte d’une sénilité avancée.

Une deuxième personnalité a été reçue par le Roi Abdallah en avril 2012, le journaliste Mohammad Hassaneine Haykal, doyen des journalistes égyptiens et porte-parole de Nasser dans les années 50 et 60. L’entretien ne dura que les 30 minutes du repas. Trente minutes qui lui ont paru un siècle. Ses collègues ont voulu s’enquérir sur les sujets abordés lors de cette rencontre. Il a répondu : « Il ne m’a posé qu’une seule question : « Comment tu te débrouilles avec tes femmes à 80 ans ? ». Le lendemain la presse a informé très fidèlement les Saoudiens et précisé : « Nous avons passé en revue les évènements régionaux et internationaux ».

Mais revenons à nos moutons : Que se sont dit Normal 1er et le roi Abdallah ? Fort de son expérience avec d’autres invités internationaux, le roi Abdallah a certainement abordé la situation de la première dame de France et a dû s’étonner que le président français n’ait à s’occuper que d’une seule compagne car le roi dispose de neuf épouses légitimes en plus des autres femmes du harem. Cela fait beaucoup de soucis auxquels s’ajoutent ceux de nourrir 15 fils-princes et 19 filles-princesses. À 89 ans, il s’attend peut être à une révolte dans ce petit royaume qu’est son gynécée …

A la fin de l’entretien, le roi s’est peut être penché à l’oreille de Normal 1er en lui demandant expressément d’autoriser la polygamie au lieu du mariage gay. Afin de ne pas perdre quelques marchés juteux, le président à peut être promis à sa majesté d’être à son écoute et à l’écoute de la communauté musulmane en France. Cette communauté qui l’a porté sur le trône de la République française. Cependant il y a fort à parier que Normal 1er n’a pas souhaité intervenir dans les affaires intérieures de l’Arabie Saoudite, comme il l’a fait avec le Président de la Syrie. Il y a pourtant ici plus de réformes à exiger que là …

Bernard Dick

(1) http://ripostelaique.com/la-famille-saoud-une-malediction-pour-le-monde-arabe.html

 

 

 

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