François Asselineau et le deuxième congrès de l’UPR : Français, réveillez-vous !

Publié le 5 décembre 2011 - par - 1 441 vues
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Le deuxième congrès de l’Union populaire républicaine, l’ UPR, parti temporaire fondé par François Asselineau en 2007, s’est tenu, samedi 3 décembre, à l’Espace Watteau de Nogent-le-Perreux, sans que personne en parle. Et c’est l’honneur de Riposte laïque que d’avoir relayé des conférences ou des articles de François Asselineau, sans partager forcément ses idées, mais à mille lieux de l’ostracisme qui frappe toute pensée alternative.
Mais pourquoi l’ UPR est-elle un parti temporaire ? François Asselineau, qui sillonne la France depuis 2007, administre des conférences partout où on veut bien l’inviter, avec un seul mot d’ordre lancé à ceux qui viennent l’écouter : Réveillez-vous !
Se réveiller, c’est agir pour sortir de l’Union européenne, dans les formes, et reprendre son destin en main, c’est-à-dire la souveraineté nationale. Agir dans un esprit de résistance, au-delà des clivages politiques et des histoires partisanes. Et une fois leur souveraineté recouvrée, les Français pourront alors recommencer à se taper sur la gueule, s’ils le souhaitent − ce à quoi leur tempérament les incline.

Le fondateur de l’ UPR voue une grande admiration au général De Gaulle, sans se déclarer gaulliste pour autant (il les connaît, ces gaullistes en peau de lapin qui, le Général évincé, ont piétiné à qui mieux mieux son œuvre, fait fi des principes qu’il a légués à la nation) ; il sait son histoire de France jusqu’au bout des doigts, il l’a méditée et en a tiré des leçons qui sont à tous points de vue remarquables, sa conférence sur l’Histoire de France, précisément, en témoigne. Ceux qui ont eu l’occasion ou la chance de le voir à l’œuvre dans cet exercice ont pu constater son endurance, sa ténacité, sa passion et la fougue sincère avec laquelle il défend ses idées, la plupart du temps éblouis par la rigueur, l’esprit de méthode et même par les pointes d’esprit déployées sous leurs yeux.
Ces Idées ? On pourrait les résumer comme ceci : que notre pays sorte du coma dans lequel la classe politique l’a plongé, qu’il retrouve son indépendance et son esprit frondeur, qu’il replace enfin, au-dessus de tout, ses intérêts nationaux, qui ne sont pas ceux de l’oligarchie, mais bien ceux du peuple. Ne dites pas de François Asselineau qu’il est souverainiste, le mot le heurte ; non pas par le sens que nos amis québécois ont donné à ce terme, fort respectable, mais à cause des pseudo souverainistes qui, à l’instar des gaullistes en peau de lapins, piétinent la souveraineté nationale dont ils prétendent se réclamer, fidèles au rôle désormais rodé qui leur est assigné (n’est-ce pas Charles Pasqua ?) : faire diversion pendant des élections présidentielles, au bénéfice exclusif de l’ UMPS, le parti bicéphale qui se soucie comme d’une guigne de la France et de son peuple. La nation n’est pas un mot obscène dans la bouche de François Asselineau, qui rappelle avec un malin plaisir que se sont les pères de la Révolution de 1789 qui l’ont écrit dans notre première constitution.
Oui, dit François Asselineau, l’UE a été conçue, financée et mise en œuvre par les États-Unis afin d’établir un marché transatlantique qu’ils domineraient ; oui, Robert Schumann et Jean Monnet, les « pères de l’Europe », ne sont que des collabos, des traitres qu’en d’autres temps on aurait envoyé au poteau ; oui, il est illusoire de croire qu’un ensemble de 27 nations aux intérêts divergents et dont la culture, l’histoire et la sociologie sont si différentes puissent s’entendre et constituer un bloc homogène, sauf à confier les rennes, comme dans une copropriété, à un syndic étranger − les États-Unis en l’occurrence, dont l’UE parle la langue ; oui enfin, la France a été délibérément asservie par ceux-là mêmes que le peuple a chargés de veiller à son indépendance et de préserver ses intérêts nationaux. En un mot, l’UE est le problème et non la solution.
Affirmations qui auraient été gravissimes si elles n’étaient étayées de preuves irréfutables (les archives américaines sont aujourd’hui déclassifiées, c’est-à-dire ouvertes au public, et attendent encore que des historiens français s’y intéressent), preuves accompagnées d’analyses rigoureuses où la démonstration l’emporte sur la déduction.
Curieusement, personne ne s’est encore risqué à réfuter ce que dit le président de l’ UPR dans ses conférences et ce qu’ont peut lire dans son site (1). Le temps des Pinochet et des Ben Ali étant révolu, le Système agit de manière démocratique et civilisée : quand il ne pratique pas les « frappes chirurgicales », il organise la désinformation et le silence autour de ceux qui en prennent le contrepied.

Par la magie d’internet, le discours de François Asselineau commence à mordre et il mord à tel point que certains s’en sont inspirés, d’autres ont pris à leur compte telles de ses analyses, la sortie de l’euro – dont la mort est inéluctable − et la restitution de ses prérogatives à la Banque de France par exemple. Pas forcément pour y coller d’ailleurs, mais la notoriété vient, les adhésions à l’UPR affluent et le mouvement a entamé la structuration de son organisation territoriale. Des réseaux s’organisent en province et dans la région parisienne, des médias périphériques commencent à manifester leur intérêt, chichement pour l’instant, mais les choses ne vont pas s’arrêter en si bon chemin : une dynamique est née. Tout cela a concouru à ce que François Asselineau sente qu’il a un destin et que ce destin, il doit aller à sa rencontre. C’est la raison de ce deuxième congrès de l’UPR, autour duquel la candidature de son fondateur aux présidentielles de 2012 est annoncée, son programme de campagne exposé.
Réussira-t-il à réunir les cinq cents signatures nécessaires, sans lesquelles il ne pourra pas accéder aux médias conventionnels pour faire entendre sa voix, son Appel de Londres à tous les Français ? Je n’en sais rien et ne souhaite pas me prononcer sur cette question.
Le but de cet article était de présenter les points essentiels du programme de l’UPR, en particulier ceux qui tournent autour de notre thématique, à Riposte laïque. Or j’apprends que ce programme sera bientôt accessible en ligne. Internet, « internénette » ! vous comprenez pourquoi beaucoup voudraient contrôler ce média, faute de pouvoir l’asservir − ne cherchons pas plus loin la raison de l’usine à gaz Hadopi et de celle qui va la suivre, que des saltimbanques estampillées de gauche, piteusement associés au matraquage décervelant déversé par la lucarne, tambourinaient que s’y opposer « c’est pétainiste » ! J’ai donc laissé courir mes doigts sur le clavier de mon ordinateur, sans me retenir, me promettant de revenir dans un deuxième article sur les aspects institutionnels du programme de l’UPR et notamment sur les questions de l’école publique, de la laïcité et de l’émigration.

Dans cet Espace Watteau de Nogent-le-Perreux, 350 personnes, environ, s’étaient rassemblées pour applaudir le président de l’UPR et l’écouter pendant cinq heures détailler son programme. La première chose qui m’a frappé en entrant dans la salle est la grande jeunesse du public. Nombreux était ce public, en effet, et rares étaient les têtes chenues et les vieillards valétudinaires, auxquels le respect est naturellement dû, qui se rencontrent habituellement dans les micro et ronronnantes assemblées gaullistes, comme dans celles qui se disent souverainistes. Place donc aux jeunes ! Ils sont conscients que leur avenir est incertain, que leur tour est arrivé dans la liste des victimes de l’ordre libéral et du fascisme bleu qui l’incarne en Europe. Ils se savent exposés et vulnérables ces jeunes, mais ils sont instruits et savent utiliser Internet.
C’est cette image que j’ai emportée avec moi quand il fallait partir après que la Marseillaise fut entonnée, sans la sono qui permet aux pleutres de remuer les lèvres sur des paroles enregistrées dont ils ne savent plus l’ordre, ni le sens.

Ahmed Ghlamallah

(1) http://www.u-p-r.fr/

 

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