Françoise et Maud : Depuis la vidéo RATP, nous sommes insultées et menacées de mort

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Il y a quelques semaines, notre ami Guy Sauvage se rendait à l’invitation d’une vingtaine de machinistes de la RATP, majoritairement femmes, qui expliquaient, dans cette vidéo-choc, ce que devenait leur quotidien, suite à une présence de plus en plus forte de musulmans, et de l’attitude des plus intégristes d’entre eux. La semaine dernière, deux salariées, que nous appellerons, par sécurité, Françoise Leygnier et Maud Orcel, ont demandé à rencontrer Pierre Cassen, pour lui parler de la suite de cette vidéo, dans leur quotidien professionnel. C’est bouleversant, révoltant, mais hélas guère surprenant. Ces deux femmes ont peur, et on les comprend. Pourtant, par ce témoignage exceptionnel, elles contribuent à faire tomber le mur du silence, organisé par la direction, la majorité des organisations syndicales (à l’exception de la CFDT) et le lobby musulman, de plus en plus puissant, à cause de la politique de discrimination positive menée à la RATP. Pour cet acte courageux, que ces deux femmes soient remerciées.  

Riposte Laïque : Vous avez fait partie des machinistes de la RATP qui avez témoigné, sur une vidéo de Guy Sauvage, publiée par Riposte Laïque, en conservant l’anonymat, et en refusant d’apparaître à visage découvert. Que répondez-vous à celles et ceux qui vous accusent d’avoir manqué de courage, et d’avoir utilisé des structures extérieures à la RATP pour parler ?

Françoise Leygnier : Malgré le mécontentement croissant des femmes, peu de personnes ont eu le courage de témoigner même à visage couvert. Il y a beaucoup de collègues qui sont venus nous voir et qui nous ont félicitées d’avoir parlé. Et quand je vois les réactions complètement disproportionnées de certains de nos collègues musulmans par rapport à ce qu’on a pu dire sur cette vidéo, menaces de mort, insultes, agressions verbales… je me dis que ceux qui manquent de courage ce n’est pas nous ! Dans un premier temps nous nous sommes adressées à nos directions, locale et générale. Nous nous sommes aussi adressées à la CGT. Plusieurs mois après, il n’y avait toujours pas de réaction de leur part, que des « bonnes intentions ». Donc on a décidé de faire autrement.

Maud Orcel : Par rapport à notre clientèle il valait mieux témoigner à visage couvert. Quant à nos collègues ils ont reconnu nos voix. Maintenant on est menacé de mort, insulté, par pratiquement l’ensemble de la communauté musulmane du dépôt, à de trop rares exceptions, avec l’aide du syndicat SUD, qui prend une part importante à tout ça. Moi, qui avais beaucoup d’estime pour de nombreux collègues musulmans, je me rends compte qu’ils ne valent pas mieux que les autres, et que les masques tombent. Par ailleurs, concernant les mecs qui ne souhaitent pas conduire après une femme, je voudrais dire que ces situations sont encore marginales, mais il y a quelques années l’attitude méprisante des agents barbus était aussi très marginale. Si on ne met pas un terme tout de suite à ses agissements il est fort probable que cela devienne monnaie courante, comme pour les prières clandestines, les agressions verbales et tout le reste.

Riposte Laïque : Qu’avez-vous pensé des différentes réactions engendrées par cette vidéo ? D’abord celle de la direction, puis celle de la CFDT, de la CGT, de Sud, et enfin de Mourad Ghazli ?

Françoise Leygnier : La direction a diligenté une enquête immédiatement, on peut dire qu’on a, enfin, été entendu. Le drame c’est qu’il a fallu exposer nos vies pour ça, alors que nous les avions avertis de la situation il y a de ça des mois ! La CGT et SUD ont le même discours honteux, ils parlent à peine de la souffrance des femmes mais s’acharnent à nous décrire comme des extrémistes de droite et d’être la cause de la « division des travailleurs » alors que c’est le communautarisme qui nous divise. Quant à Ghazli, il sert sa communauté comme de nombreux représentants syndicaux, c’est d’ailleurs aussi grâce à ces syndicats communautaristes que la religion musulmane a pu imposer tranquillement nombre de ses exigences à l’ensemble des salariés.

Maud Orcel : Oui, chez nous, dans notre dépôt, le syndicat communautaire c’est SUD, mais chaque dépôt a son syndicat communautaire là où il y a beaucoup de machinistes issus des quartiers dit « sensibles » et le plus souvent d’origine maghrébine. Ces syndicats portent des revendications religieuses : douchette dans les toilettes parce que les musulmans n’utilisent pas de papiers toilettes, sandwich Hallal dans les distributeurs, salle de prière dans les dépôts… alors qu’un syndicat devrait représenter tous les salariés. De plus, des militants ce syndicat agissent de manière mafieuse en intimidant et menaçant les femmes de la vidéo. La CFDT a été la seule à nous défendre dans un communiqué. La CGT me dégoûte.

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Riposte Laïque : Avez-vous été toutes et tous identifiés, comme cela se murmure ? A la suite de cette vidéo, confirmez-vous que certaines machinistes ont reçu des menaces de mort, et des insultes sur leur lieu de travail ?

Françoise Leygnier : Il y en a qui n’ont pas été reconnues, mais il y a eu des pressions pour qu’on donne les noms, pressions de la direction et du syndicat SUD. Je confirme les menaces de mort et les insultes. Nous avons des collègues tellement courageux qu’ils ne nous insultent, non pas en français, mais en arabe, et dans notre dos. Nous avons toutes un stress très important et encore peu de personnes nous soutiennent ouvertement. C’est très dur pour nous toutes.

Maud Orcel : Oui c’est très dur de devoir faire face à tous ces dégénérés, ils ne se remettent pas du tout en question, on est les vilaines racistes et ce sont les gentils musulmans, religion d’amour et de paix, victimes d’un affreux complot d’extrême droite. Et pour ça, c’est la peine de mort, en tout cas chez certains d’entre eux… dans leurs petites têtes.

Riposte Laïque : Sur cette vidéo, à un moment donné, une machiniste explique qu’il y a une véritable discrimination positive à l’embauche, en faveur des musulmans. Confirmez-vous ce fait, et pouvez-vous nous expliquer ce que cela change dans votre quotidien professionnel ?

Françoise Leygnier : Tout le monde sait que la plupart des nouvelles recrues (hommes ou femmes) sont d’origine maghrébines. Plusieurs hommes méprisent les femmes ouvertement. Ils affichent leur religion avec leurs barbes. Ils se parlent en « arabes ». Ils sont de plus en plus nombreux à faire leur prière au boulot, le ramadan n’en parlons pas, ils se surveillent les uns les autres, ils font leurs ablutions aux toilettes… l’une d’entre nous a dit sur la vidéo : « la religion musulmane est omniprésente à la RATP » et bien c’est vrai ! Et c’est ça qui a changé pour nous.

Maud Orcel : Maintenant, la RATP embauche des machinistes déjà barbus. Faut dire que nous desservons des mosquées, des cités et des quartiers sensibles où nos clients sont barbus, les femmes et les jeunes filles portent les hidjab, le niquab… donc c’est surement plus facile de communiquer avec un chauffeur de sa communauté plutôt qu’un français non-musulman. Ça change nos rapports avec un certain nombre de nos collègues qui ne respectent pas du tout le principe de laïcité et les lois de la République. En fait, ce qui a changé c’est que dans plusieurs dépôts la laïcité n’existe déjà plus.

Riposte Laïque : Les agressions dont est fréquemment victime votre profession n’est pas abordée, dans la vidéo de Guy Sauvage. Pouvez-vous évoquer ce quotidien, et parler sans tabou de ces agressions… et des agresseurs ?

Françoise Leygnier : Il me semble que les femmes sont moins agressées que  les hommes parce que souvent elles ne répondent pas aux insultes. Elles sont plus dociles et c’est d’ailleurs pour ça que la RATP voulait des femmes dans l’effectif machiniste. De temps en temps il y a un bus qui brule, tous les jours il y a des agressions physiques et verbales. Et la majorité des agressions sont perpétrées par des racailles dont tout le monde sait qu’elles sont issues de l’immigration.

Maud Orcel : Plusieurs agressions par jour plus ou moins graves sur l’ensemble du territoire RATP, soyons honnêtes et objectifs, perpétrées par des racailles maghrébines, c’est une réalité ! Et certains de nos collègues, aujourd’hui, se comportent comme des racailles. Beaucoup peuvent en témoigner.

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous, suite à cette vidéo, qu’aucun journaliste, ni aucun média (à l’exception de Boulevard Voltaire) n’ait relayé l’information, ni n’ait cherché à vous rencontrer ?

Françoise Leygnier : Je n’ai plus confiance dans les média, parce que j’ai l’impression qu’ils choisissent les infos suivant de qui elles viennent. Mais je crois savoir que nos amis musulmans veulent faire un procès après la diffusion de notre vidéo, ce sera , peut être l’occasion qu’on parle de nous dans les médias.

Maud Orcel : Je trouve ça injuste, j’ai l’impression qu’il y a deux poids deux mesures dans les médias selon notre nationalité ou nos origines. On a l’impression que quand nous, Français, nous souffrons ce n’est pas grave, et que pour « les enfants de la diversité » toutes les occasions sont bonnes pour se victimiser avec l’aide des média, des politiques et des syndicats….

Riposte Laïque : Comment voyez-vous votre entreprise dans dix ans ?

Françoise Leygnier : Au train ou ça va, je pense que pour éviter les chocs de civilisation dans nos dépôts, il n’y aura plus que des machinistes hommes ou femmes maghrébins, entre eux ils se comprennent. Ils parlent la même langue, ils ont la même religion et aucun d’entre eux n’a la notion de laïcité. Nous autres, Français, nous travaillerons ailleurs.

Maud Orcel : Certaines femmes machinistes maghrébines porteront le voile, d’autres résisteront un peu. Ils obtiendront sûrement des salles de prières, les sandwichs hallal, etc… sauf si la direction, les syndicats, les politiques réagissent fermement contre leurs revendications et en faveur de la laïcité.

Riposte Laïque : Craignez-vous, aujourd’hui, pour votre sécurité, et, à cause de cela, allez-vous demeurer anonymes, ou bien êtes-vous prêtes à parler devant une caméra ?

Françoise Leygnier : Je crains évidement pour ma sécurité, et pour cette raison je souhaite rester anonyme. Je pense que la prochaine fois que je témoignerais devant une caméra je le ferais à visage couvert et si c’est possible en modifiant ma voix. Tout en pensant que c’est quand même dommage d’être obligé de se cacher pour pouvoir s’exprimer. Ce que nous souhaitons par-dessus tout, c’est que d’autres se mettent à parler et dénoncent notre réalité, notre quotidien. Que les collègues  qui nous soutiennent le fasse ouvertement, que la direction reconnaisse sa responsabilité et prenne des dispositions urgentes (surtout pour les femmes menacées), que les syndicats cessent de noyer le poisson, que nos collègues musulmans aient de la retenue dans leurs attitudes et leurs propos et qu’ils se remettent en question.

Maud Orcel : Oui nous craignons toutes pour notre sécurité, certaines d’entre nous vont partir à la retraite plus vite que prévu, pour les autres je leur souhaite bon courage. Je connais une ou deux filles qui seraient prêtent à témoigner à visage découvert, leur problème c’est surtout de ne pas être reconnu par les usagers (je veux dire par là par des agresseurs potentiels ou racailles). Donc, elles réfléchissent encore…

Propos recueillis par Pierre Cassen


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