Fréjus : rendant hommage à Bigeard, le ministre réussit à ne pas parler de l’Algérie !

Une de mes amies est venue passer quelques jours chez moi à la fin de la semaine dernière et au début de cette semaine.  Elle habite dans l’Yonne, elle est descendue par le train, mais son mari devait venir la chercher, il était venu, lui, pour assister à la cérémonie qui a eu lieu mardi dernier à Fréjus pour déposer les cendres du Général Bigeard. Il a fait son service militaire « chez Bigeard » dans les années 50-60 et lui est resté très attaché, il est toujours en contact avec d’autres militaires qui, comme lui, ont été en Indochine et en Algérie. La Légion d’Honneur lui a été remise par le Général Bigeard.

Nous avons essayé, mon amie et moi, avant la cérémonie, c’est-à-dire lundi et mardi, de trouver des informations. Je n’étais moi-même pas très au courant. J’ai trouvé sur internet des articles sur la polémique qui accompagnait cet événement, j’ai donc appris que les cendres de Bigeard ne pouvaient pas être dispersées au-dessus de Dien Bien Phu, comme il aurait voulu, qu’il ne pouvait pas non plus être aux Invalides, que finalement il serait à Fréjus. Egalement que beaucoup de gens étaient hostiles, qu’une pétition circulait sur internet, etc… La 3, lundi soir, pendant les informations régionales, a dit que la cérémonie aurait lieu le lendemain, c’était assez neutre, difficile tout de même de ne pas signaler dans la région un événement de cet ordre. J’ai entendu aussi, le mardi soir, donc après la cérémonie, sur France Culture, à 22 heures, un petit-compte rendu, neutre aussi.

Le mari de mon amie est venu chercher sa femme mercredi, il a amené avec lui deux anciens camarades. Ils nous ont parlé de la cérémonie, bien sûr. L’un d’eux a parlé des discours, celui du ministre des Armées, Yves Le Drian, qui a retracé la carrière de Bigeard en « omettant » complètement l’Algérie, il est passé directement de l’Indochine aux postes que Bigeard a occupés au gouvernement, secrétaire d’Etat et président de commission à l’Assemblée Nationale. Faut quand même le faire ! L’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, était là et a, dans son discours, tout de même évoqué l’Afrique.

On nous casse les oreilles depuis longtemps avec le devoir de mémoire, les mémoriaux, se souvenir, etc…. Et on tait une réalité aussi énorme que la guerre d’Algérie. Cela s’appelle un mensonge par omission, mais c’est un mensonge tout de même. Bien sûr, il ne faut pas faire de peine à Monsieur Bouteflika et ses coreligionnaires, et ne pas perturber non plus le voyage que notre président, ai-je entendu, va faire en Algérie le mois prochain.

Jacqueline Fichet

Aix-en-Provence


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