Le Grand Rabbin Bernheim affirme que « leurs valeurs du judaïsme sont incompatibles avec celles du Front National »Et quel que soit le positionnement de Marine Le Pen aux côtés d’Israël, cela ne changera rien ».». http://www.sudouest.fr/2012/01/15/le-grand-rabbin-de-france-les-valeurs-du-judaisme-sont-incompatibles-avec-celles-du-front-national-605713-4834.php
Je vous remercie Gilles Bernheim d’ « enfoncer » ainsi les juifs français en les présentant comme opposés à la défense de la France et des Français, et se souciant par contre de l’État d’Israël. En ces moments où un antisémitisme virulent réapparait en France, amené par l’islam, nous n’avions vraiment pas besoin de cela !
Vous êtes bien « Grand Rabbin de France » ? Que signifie donc cette appartenance pour vous Gilles Bernheim ? Une «zone » géographique, sans peuple, sans histoire ?
J’aimerais que vous m’expliquiez les « valeurs du FN », que je comprends comme étant le souci de la défense du pays où l’on vit et de son peuple, serait incompatible avec les valeurs du judaïsme. J’imagine que ce n’est pas à cause du rejet de l’avortement ou du salaire maternel, qui ne sont pas exactement dans la vision féministe qui est la mienne, mais qui seraient plutôt proches de l’enseignement du judaïsme traditionnel, que vous voyez une opposition. Alors où vous voyez vous une telle opposition ?
J’aimerais que vous m’expliquiez en quoi les valeurs d’un parti fondé par un homme qui, adolescent, a demandé à entrer dans la Résistance, sont opposées au judaïsme…
J’ai beau relire le livre de Laurence Parisot contre Marine le Pen (« Le piège bleu marine »), qui revient longuement sur la question de l’antisémitisme : je n’y vois aucun argument qui tienne. J’ai déjà donné des réponses à des propos de Laurence Parisot contre Marine Le Pen http://ripostelaique.com/reponse-a-laurence-parisot-qui-accuse-marine-le-pen-de-ne-pas-condamner-son-pere.html. Plus généralement, toutes les analyses par Parisot des discours de Marine le Pen ou de son père, pour tenter de la rattacher à un fascisme, consistent dans une déformation plus ou moins grossière du sens de ses propos. Alors que Laurence Parisot se targue de donner à un public qui les ignorerait, des informations historiques permettant de comprendre le sens du discours de Marine Le Pen, ce sont les connaissances historiques de Laurence Parisot qui apparaissent plus que faibles, notamment quand elle parle de l’islam et de la guerre d’ex-Yougoslavie. Un exemple montrera le type de procédé qu’elle utilise. Laurence Parisot tente de faire un rapprochement entre Marine le Pen et le journaliste collaborateur Robert Brasillach, (rien de moins !), or que donne-t-elle comme point de rapprochement : le fait que Marine Le Pen a dit que l’histoire est écrite par les vainqueurs, et que Robert Brasillach a dit la même chose. Page 75 Laurence Parisot écrit : « Marine le Pen réplique « C’est toute la question de savoir si nous ne sommes pas toujours dans la justice des vainqueurs et si les intérêts qui sont en jeu correspondent réellement à des intérêts de justice. » Une pirouette qui n’est pas sans rappeler la pensée de Robert Brasillach qui écrivit : « La justice c’est six mille ans d’erreurs judiciaires » et que « l’histoire est écrite par les vainqueurs ». ». Autrement dit, Laurence Parisot utilise une banalité qui n’a rien d’un élément spécifique ou caractéristique de la doctrine fasciste ou collaborationniste (dire que l’histoire est écrite par les vainqueurs), pour prétendre que le discours de Marine le Pen « ne serait pas sans rappeler » les idées collaborationnistes de Brasillach : le procédé est totalement fallacieux, c’est une tromperie pure et simple.
Je vous rappellerai pour ma part un texte de Léon Ashkénazi dit Manitou ((1922-1996), rabbin qui tint une grande place dans l’enseignement du judaïsme français contemporain, au sujet des étrangers en France. (« Leçons sur la Thora » Fondation Manitou 1997- Albin Michel 2007) : « Si un étranger vient séjourner avec toi. dans votre pays, ne le molestez point. Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. » Lévitique XIX-33-34. L’amour de l’étranger. Il s’agit de celui qui se connaît et se reconnaît comme tel. La motivation donnée par le verset en fait foi : « Car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. » Souvent, cependant, les Juifs semblent être victimes d’une hypertrophie théorique de la vertu et réclament d’étendre un tel débordement d’amour, sans réciprocité aucune, à l’étranger qui ne se reconnaît pas comme tel ! Bien plus — et nous vivons de telles situations aujourd’hui — des « étrangers » se prétendent être les vrais possesseurs de notre pays [la France] et, nous désignant comme des intrus, se trouvent investis théoriquement de la protection d’amour ordonnée par la Thora. Il faut le dire clairement : cette torsion de la conscience morale, lourde de tendances suicidaires, est d’origine galoutique [signifie : en rapport avec l’existence en exil dans la diaspora et non en Israël] . À force de nous être crus — en toute bonne foi — « chez nous » alors que nous étions à l’étranger, nous avons tendance parfois à accorder dangereusement cette même bonne foi à ceux qui, sans détours, se proclament souvent nos ennemis et le prouvent par leurs actes. »
Je répondrai donc ceci à Gilles Bernheim. En tant que juive et française de proche date, en tant qu’être humain qui sans la France serait apatride au vrai sens du terme, (sauf peut-être à être recueillie dans un pays (Israël) que je vois comme une vraie souricière pour les juifs), je pense qu’il est de mon devoir de défendre la France et son peuple. Donc de voter pour le parti qui, pour ce que je peux en savoir avec les informations disponibles, le défend le mieux ou tout du moins, lui nuit le moins. En raisonnant « par élimination », je vote depuis plusieurs années maintenant pour les candidats les plus déterminés à défendre la France contre les menées des militants de l’islam, et en second lieu, pour ceux qui semblent se préoccuper de reconstituer en France une économie locale donc plus durable et plus écologique. Cela ne m’empêche pas du tout par ailleurs de défendre des idées et revendications féministes ou lesbiennes, et de réfuter les propositions que je juge inégalitaires ou absurdes de ces candidats. Le principal est de soutenir l’homme ou la femme politique qui laissera faire le moins de mal à la France : « d’abord ne pas nuire » disait Hippocrate …
Je n’ai jamais parlé de mon vote jusqu’à présent, mais vos propos, Gilles Bernheim, que je vois aussi comme une atteinte à la laïcité, sont la goutte qui fait déborder le vase. Les propos salissant systématiquement les « patriotes » me sont de plus en plus insupportables, et le fait de les accepter sans mot dire, alors que l’on est juif, et quand ils viennent d’autres juifs (dont je ne mets pas en cause la bonne volonté ni la réalité de leur inquiétude), me parait de plus en plus intenable moralement et dangereux. Donc je dis que à ce jour, il est évident pour moi que la seule candidate qui semble déterminée à s’opposer aux menées des militants de l’islam et aux pressions d’intérêts économiques particuliers destructeurs parce que aveugles, est Marine le Pen. Je voterai donc, si la donne n’est pas modifiée et si elle est présente, pour elle.
Et pour finir, il me parait plus qu’évident, Monsieur le Grand Rabbin de France, que la politique qu’elle propose est la seule qui puisse, en même temps, assurer la sauvegarde des juifs français. Allez vous promener dans les collèges de banlieue, Gilles Bernheim, écoutez ce que les enfants et adolescents immigrés ou enfants d’immigrés pensent aujourd’hui des juifs, puis dites moi si vous voyez, en l’état du Monde actuel, une autre façon d’enrayer la montée terrible de l’antisémitisme que d’arrêter l’immigration musulmane, toute en appliquant toute la législation française pour contrer les meneurs d’activités subversives islamiques. Si la politique de laisser faire face à l’islam, qui est celle de tous les autres principaux candidats, se poursuivait, dans quelques décennies, Monsieur le Grand Rabbin, la France sera « judenrein », Notre Dame sera bien une mosquée comme l’a imaginé Elena Tchoudinova, et la France de Salomon ben Isaac de Troyes ne serait bientôt même plus un souvenir, car l’on peut compter sur l’autisme et l’art de l’ethnocide culturel islamiques pour en effacer toute trace. Je ne sais si c’est ce que vous préférez au nom de je ne sais quelles valeurs que vous pensez juives, mais pour ma part, je lutterai contre cette épuration ethnique, et pour cette raison aussi, je pense que je lutterai, entre autres, « avec » notre « nouvelle Jeanne d’Arc », bleue marine.
Elisseievna





