Polémique halal : Mélenchon akbar

Le candidat du Front de gauche vient de piquer deux violentes colères, dans le style qui le caractérise, au sujet de la polémique sur la viande halal. Ce dimanche, les yeux hors de la tête, il a renvoyé Jean-Pierre Elkabbach dans les cordes, quand ce dernier essayait de lui faire dire que ce débat avait peut-être un rapport avec la montée du fait religieux. Pour Mélenchon, un seul coupable, le capitalisme et la recherche du profit maximal. Et, s’il consent à évoquer le fait religieux, c’est pour parler des rabbins, et surtout pas des imams et de l’islam. Sa colère pour clore le débat est significative de sa culture du débat démocratique…


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Deuxième mi-temps, ce lundi soir, sur le plateau de l’émission « Parole de candidat », sur TF1, il a violemment attaqué, à la limite de l’hystérie, Marine Le Pen sur le même sujet.

Il a d’abord expliqué que cela était une histoire grotesque, et que, jusqu’en 1960, on tuait tout le bétail comme cela ! Je ne sais pas où le leader du Front de gauche a été cherché cela. Mon père était boucher jusque dans les années 1960, il allait à l’abattoir de La Villette, et il tuait ses bêtes avec un révolver. Et je n’ai jamais entendu témoignage qu’on égorgeait les bêtes d’une manière aussi barbare dans les abattoirs…

Plus grotesque encore, il a reproché à la candidate du Front National de mettre sur la table, comme ennemis publics, les musulmans d’abord, et ensuite les juifs, et a attaqué toute la presse, qui, depuis une semaine, ose relayer cette polémique qu’il juge déplacée. Si on en croit Mélenchon, parler de l’abattage rituel, c’est donc stigmatiser une population, et cela encourage le racisme. Qu’attendent ses copains des associations dites anti-racistes pour déposer plainte contre la candidate frontiste, pour incitation à la haine en raison d’une appartenance religieuse ? A entendre les propos de Mélenchon contre les journalistes, il pense donc qu’une presse digne de ce nom n’aurait jamais dû relayer une information qui concerne tout de même l’alimentation de toutes les personnes vivant en France. Rêverait-il d’une presse aux ordres, comme à Cuba, dont il vénère le modèle démocratique ?

Troisième argument fort de celui qui, parfois, fait tout pour mériter le surnom de « Méchant con » que lui avait donné certains caciques socialistes, la diabolique Marine aurait de la compassion pour la souffrance animale, mais elle est pour la peine de mort, et donc n’aurait aucun problème à envoyer quelqu’un sur l’échafaud. Remarquons, là encore, la méthode de débat très manichéenne imposée par Mélenchon, que la peine de mort ne dérange pas, par ailleurs, quand elle s’applique à Cuba ou en Chine… Si vous êtes pour la peine capitale, vous êtes pour la méthode barbare de l’échafaud. Si vous êtes pour la peine de mort, vous n’avez pas le droit d’avoir de la compassion pour la souffrance animale, puisque vous êtes forcément un monstre. Et, par ricochet, si vous êtes un humaniste, par ailleurs adepte du « Tu ne tueras point » des chrétiens (qu’exècre pourtant Mélenchon), vous devez être indifférent devant la souffrance animale ! Bien évidemment, nous aurons droit à la « stigmatisation » et au « refus d’opposer les Français entre eux ! »

Donc, si on résume, Jean-Luc Mélenchon se moque de la traçabilité de la viande qu’il mange dans son assiette. Comme son ancien copain Julien Dray (surnommé lui « Gueule de Raie par les mêmes caciques socialistes), il considère que la souffrance animale fait partie de la vie, et qu’une civilisation évoluée n’a pas à en tenir compte. La question hygiénique de l’abattage rituel, soulevée par de nombreux experts, ne lui importe pas davantage. Il a choisi, en toute connaissance de cause, un boucher qui est un militant de la cause halal, et par ailleurs celui de nombre de bobos parisiens. Le Bourdonnec, qui, reconnaissant, soutient activement son client dans sa course à la présidentielle.

Mais ce qui est ahurissant, pour un homme qui s’affirme laïque, est que la dîme religieuse, payée pour chaque kilogramme de viande halal aux trois mosquées qui délivrent les certificats, ne pose aucun problème à celui qui essaie de faire vibrer son public à l’évocation du mot « République ». Que les sommes en jeu se montent à plusieurs centaines de millions d’euros n’aurait aucune importance. Le fait que 161 abattoirs sur 274, en France, pratiquent l’abattage rituel, essentiellement halal, ne lui pose pas davantage de question. Il se refuse à voir une colonisation politique et religieuse de nos abattoirs. Il préfère donc, en bon stalinien qu’il est demeuré, invectiver la seule candidate qui a eu le courage de s’appuyer sur le reportage d’Envoyé spécial, et de l’insulter grossièrement à longueur d’intervention, avec une absence d’élégance et une haine pathologique qui définissent le personnage.

Laissons donc Jean-Luc Mélenchon payer librement sa dîme religieuse à l’islam, il le fera en bonne compagnie, puisque ses camarades socialistes marseillais, derrière Patrick Mennucci, ont choisi une méthode originale pour protester contre la venue de Claude Guéant : aller manger dans un couscous halal ! Le nouveau mot d’ordre de la gauche Méluche-Menucci serait-il « halalisés de tous les pays, unissons-nous » ?

Mais imaginons une seconde ce que serait la réaction d’un Mélenchon si les catholiques s’étaient arrogé le monopole des farines nécessaires pour fabriquer le pain, et qu’on apprenne, dans un reportage télévisé, qu’à chaque baguette achetée, une dîme religieuse soit versée au Vatican. Le gouvernement serait accusé de complicité de crime-es-laïcité ! Les disciples de Mélenchon de France et de Navarre réclameraient immédiatement une farine de substitution, et la baisse des prix du pain. Le Grand Orient de France, la Fédération de la Libre Pensée et toutes les associations qui se réclament du combat laïque se seraient mobilisées au quart de tour, et Mélenchon serait leur porte-parole… On évoquerait la loi de 1905, et son article 2. On encouragerait à des manifestations devant les Eglises, et on pardonnerait volontiers quelques débordements…

Mais c’est l’islam qui profite essentiellement de l’abattage rituel. Or, pour Mélenchon, pas question de toucher à la religion d’amour, de tolérance et de paix. Catholicophobe, mais islamophile, le camarade laïque ! Il est vrai qu’il est cohérent, puisque, invité par Alain Finkielkraut sur France Culture, il avait regretté la victoire de Charles Martel à Poitiers, en 732 qui, selon lui, avait privé la France des bienfaits de la civilisation musulmane, et lui avait imposé la domination catholique.

Jean Théron, auteur d’un article au lendemain de ces incroyables affirmations, avait qualifié le président de Parti de gauche de « Propagandiste de l’islam ».

Depuis 48 heures, Mélenchon lui donne encore plus raison que d’habitude.

Paul Le Poulpe


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