Une note (confidentielle…) du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire en date du 31 mai 2012 en dit long sur la connivence entre professionnels de la filière viande et ministère pour cacher la vérité aux consommateurs sur le « tout halal » :
http://ripostelaique.com/wordpress/wp-content/uploads/2012/06/note-agri-abattoirs.pdf
En effet, cette note destinée aux préfets et rédigée par le Directeur général de l’alimentation est révélatrice des connivences entre le ministère et les « abatteurs ». Le sujet paraît bien anodin : « La présente note de service rappelle que seul l’exploitant d’un abattoir peut autoriser l’accès à son établissement de personnes qui n’y sont pas spécialement habilitées par la loi. »
En pleine polémique sur le scandale du « tout halal », cette note prend toutefois une autre tournure. Je cite :
« J’ai été alerté par l’association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) sur les conditions d’accès dans les entreprises agroalimentaires, et plus particulièrement dans les abattoirs.
Les professionnels souhaitent s’assurer que les conditions d’accès sont parfaitement encadrées afin de prévenir la survenue d’incidents ou d’accidents. »
Or ça fait des années qu’on organise des visites d’entreprises, industrielles, agroalimentaires, etc., où les visiteurs sont parfaitement « encadrés » pour éviter tout problème de sécurité. Pourquoi en serait-il autrement pour les abattoirs ?
Le rédacteur de la note dit avoir été alerté par Interbev, dont le président n’est autre que Dominique Langlois, également président du groupe SVA Jean Rozé dont un établissement a été impliqué dans l’intoxication e-coli dans le Sud-Ouest, et également président de la FNICGV (Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros des viandes). Que le monde est petit…
Ainsi, ce serait des professionnels de la filière qui dicteraient les notes du ministère de l’Agriculture ?
Le préposé du ministère continue : « Je vous rappelle que les établissements d’abattage, quel que soit leur statut, ne sont ni des lieux publics, ni des établissements ouverts au public. C’est à l’exploitant, qui dispose du droit d’usage du lieu, qu’il appartient, dans les limites fixées par la loi, de déterminer qui peut ou ne peut pas pénétrer dans l’enceinte de l’établissement.
Si la loi donne aux agents des services vétérinaires un droit d’accès à ces établissements en vue d’en effectuer le contrôle (articles L. 214-23 et L. 231-2-1 du code rural et de la pêche maritime pour les contrôles en protection animale et en sécurité sanitaire des aliments respectivement), ces agents ne peuvent y faire accéder des personnes étrangères au service d’inspection sans en avoir au préalable informé l’exploitant et obtenu son accord. »
Donc seul l’exploitant peut décider qui a le droit d’entrer ou non dans son établissement. Exit les journalistes curieux (comme ceux de France 2 ou d’autres chaînes). Exit même les contrôleurs de l’OABA (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir), seul organisme de défende des animaux autorisé à visiter des abattoirs, et qui trouvent de plus en plus porte close depuis qu’ils ont publié la liste des « abattoirs ni halal ni casher ».
Il apparaît donc dans cette note de service du ministère se pliant aux diktats des lobbies professionnels une volonté de cacher au grand public ce qui se passe dans les abattoirs, et en particulier le « tout halal » et le recyclage de viande abattue rituellement dans les circuits normaux.
Et avec 93% de musulmans qui ont voté Hollande au second tour, ça ne risque pas de changer. Du reste le nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll n’a pris strictement aucune position sur le sujet. Et tant plus pour les enfants qui meurent d’e-coli ou qui en restent handicapés.
Roger Heurtebise








