Halal : tous les animaux sont contre !

Dans le monde des hommes, le halal a ses défenseurs et ses détracteurs. Dans le monde animal, il n’a que des détracteurs, et ce n’est que justice ! C’est donc bien cette justice qui manque aujourd’hui dans le débat sur le halal, car l’animal y est mis de côté en tant qu’être vivant, comme s’il n’était qu’un objet. On oublie simplement qu’un objet ne peut pas être vivant, alors qu’un animal est vivant, ou mort.

Un objet peut être détruit ; un animal ne peut être que tué. Tout animal est doué de sensibilité, ce qui n’est le cas d’aucun objet. Un animal peut donc souffrir, un objet jamais ! Et comme la morale commande de ne point faire souffrir, nous avons le devoir de n’infliger aucune souffrance à l’animal. Débiter un vieux meuble est une chose ; dépecer un animal vivant en est une autre. L’égorger vivant est de même farine.

Voilà pourquoi il faut interdire le halal ou toute autre pratique de cet ordre, sauf à considérer la barbarie comme une valeur !

Mais – objectera-t-on – pareille décision risque de froisser telle ou telle communauté. Eh bien tant pis pour elles ! Car enfin, y a-t-il jamais eu en ce monde une décision susceptible de faire l’unanimité de tout un pays ? Le Luxembourg, la Suisse, la Norvège, la Suède, la Nouvelle-Zélande et, depuis peu, les Pays-Bas ont-ils eu besoin de l’unanimité pour interdire le halal et le casher ? Pourquoi donc la France est-elle à la traîne sitôt qu’il s’agit d’interdire l’inacceptable ? Qui peut se réjouir de voir des animaux non étourdis agoniser pendant plus de dix minutes dans une mare de sang, la gorge grande ouverte ? Ce ne sont pas les obsédés de l’islamophobie ou de l’antijudaïsme qui dénoncent cette barbarie, mais ceux qui entendent protéger l’animal des cruautés humaines à son endroit, ainsi que ceux qui veulent protéger la France des agressions anti-laïques dont elle est malheureusement l’objet.

Car enfin, comment pouvons-nous passer sous silence le sens du mot «halal» (1) ? Ce mot ne relève-t-il pas du religieux ? Que vient donc faire le religieux dans l’espace public ? Les abattoirs n’appartiennent-ils point à cet espace ? Les cantines scolaires, les restaurants, les grandes surfaces en seraient-ils exclus ?

Céder sur le halal, c’est la même chose que céder sur le voile : c’est toujours céder à l’islam. Or, l’islam n’a pas les mêmes valeurs que la République. Il n’a même pas des valeurs différentes : il a des valeurs contraires. En dénonçant le halal, on ne dresse pas les Français les uns contre les autres : on se dresse contre les Français qui, au nom d’une religion, s’opposent à la République, comme l’a constaté à ses dépens notre Premier ministre, après avoir invité les communautés juives et musulmanes à s’interroger sur des pratiques d’un autre âge.

Qui donc commande en France ? Sont-ce les valeurs laïques et républicaines, ou l’archaïsme religieux ? Est-ce la raison, ou la déraison ? N’est-ce pas la raison qui exige le respect de l’animal ? N’est-ce pas la déraison qui exige le contraire ? Quel Dieu peut se réjouir de la mise à mort volontairement lente et douloureuse de ses propres créatures ? N’y a-t-il pas des pratiques et des convictions face auxquelles  le refus républicain est le premier des devoirs ?

Maurice Vidal

(1) Dans l’islam, le mot «halal» désigne ce qui est permis par la loi divine. Dans le judaïsme, le mot «casher» a la même signification.

 

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