Henri Peña-Ruiz, Arlette Laguiller de la laïcité ?

Le dernier point de vue du philosophe Henri Pena-Ruiz sur la laïcité, publié par Le Monde du 23 février 2012 est, à bien des égards, fort intéressant. Il reproche à François Hollande de négliger un des deux piliers de ce joyau de la République qu’est la laïcité, à savoir l’égalité des cultes qui n’obtiennent ni reconnaissance, ni  salaire ni aucun financement de l’État. L’inscription de ce principe dans la constitution devrait normalement conduire nos gouvernants à corriger, sans préjudice à quiconque, l’anomalie du concordat, toujours en vigueur en Alsace-Moselle.

Sur ce point, nous ne pouvons qu’être d’accord avec M. Peña-Ruiz et même le féliciter pour la critique qu’il adresse à François Hollande. Mais ce point de vue montre aussi les limites de notre philosophe. Il aurait fait un très bon compagnon de Jean Jaurès. Mais aujourd’hui, il est plutôt anachronique, dépassé par les événements. C’est qu’entre-temps, l’islam, aidé par nos dirigeants, a non seulement ébranlé la neutralité de l’Etat, mais bel et bien remis en question les fondements-mêmes de notre société, du creuset de fusion qui fait de nous une nation et non pas des tribus ou des communautés juxtaposées.

Fig. 1 - L'endogamie finira par torpiller le creuset de fusion que la France a toujours été

L’islam nuit aux pré-requis du vivre-ensemble. Avec son éclosion massive dans la sphère sociale, c’est la religion qui imprègne à nouveau la sphère publique. A travers ses voiles, elle remet le grappin sur nos filles. Elle les discrimine puis les éloigne de nos plages et des piscines où il y a des hommes. Elle pervertit ce que nous avions coutume d’appeler mariages mixtes puisque ce sont plutôt des français(es) d’ascendance immigrée qui importent des partenaires de leurs pays d’origine(figure 1). C’est cette religion qui, entre-temps, consacre 32% de notre viande et nous la fait avaler en catimini. Et comme si rien n’avait changé, M. Peña-Ruiz paie la TPA (taxe sur la prière ânonnée) à l’égorgeur musulman de nos abattoirs tout en dissertant, tranquillement, de la laïcité du bon vieux temps, celui du grand-père Jaurès !

Même si j’ai plusieurs fois tenté de tout expliquer, M. Peña-Ruiz et bien d’autres amis-contradicteurs de gauche, en sont toujours à un discours convenu, devenu totalement creux sur la liberté du culte. Ah, la belle affaire ! Liberté de culte !

C’est bien ce prétendu culte islamique qui, à travers la circoncision, prend sa liberté pour marquer des petits bonhommes dans leur chair, comme de vulgaires bestiaux ajoutés au cheptel d’Abraham ! A cela M. Peña-Ruiz et ses compères ne trouvent rien à redire ni à réécrire.

C’est ce prétendu culte islamique qui a pris sa liberté pour affubler ma grand-mère et ma mère de linceuls ambulants appelés haïk et voile intégral et qui, aujourd’hui, marque les musulmanes de France et d’Europe comme corps publiquement réservés aux musulmans et aux convertis bien circoncis ! A cela M. Peña-Ruiz  et ses compères ne trouvent rien à redire puisqu’il ne s’agit pas de la séparation de l’Église et de l’État, mais des êtres humains.

C’est ce prétendu culte islamique qui a pris sa liberté pour interdire à ses adeptes toute alliance avec les juifs et les chrétiens, sans parler des agnostiques et des athées. Il a librement instauré cette endogamie aujourd’hui chiffrable et mesurable qui est en passe de torpiller le creuset de fusion que la France a toujours été. C’est comme si M. Peña-Ruiz et ses « comilitants » n’ont jamais relu Ernest Renan ni bien compris ce qu’est une nation.

M. Peña-Ruiz appartient à cette gôche qui n’est plus la gauche. Elle méritait son nom tant qu’il s’agissait d’affronter l’ Église catholique et ses velléités hégémoniques sur la société. Mais elle s’est mise à plat ventre, elle s’est faite carpette, comme la droite, depuis qu’elle s’est compromise avec l’islam et les musulmans pour ériger des mosquées et centres culturels islamiques en recourant à la combine imaginée par Jack Lang. Centres culturels islamiques gérés par des associations culturelles islamiques ! En voilà des oxymores auxquels notre philosophe ne s’attaque point ! Et pour nous divertir, il nous donne son point de vue, encore et toujours, sur ce que Jaurès a si bien conçu pour SON temps !

Pena-Ruiz et Arlette Laguiller

Arlette Laguiller et Henri Pena-Ruiz

Monsieur Peña-Ruiz , votre vision, vos cours et vos discours sont plutôt périmés. Vous risquez de finir comme la gentille Arlette Laguiller ! Grand cœur mais d’un temps un peu dépassé.


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