Hollande et Sifaoui, ou la repentance à sens unique…

« C dans l’air » est l’une des émissions télévisées que j’apprécie le plus. Elle nous apporte des échanges assez objectifs qu’il est bon de signaler.

Mohamed Sifaoui y est souvent invité et présente souvent des analyses clairvoyantes mais hier soir, il nous a débité quelques absurdités dont il n’est pas coutumier.

Par exemple que toutes les infrastructures construites par la France en Algérie ne l’étaient qu’au bénéfice des colonisateurs. Il me semblait pourtant, moi qui ai vécu là-bas et lui non, que les hôpitaux étaient bien plus remplis d’Arabes que d’Européens, que les aéroports, les ports, les chemins de fer, le TA et le CFRA, étaient utilisés aussi bien par les Arabes que par les Européens, etc. etc.

Et je lui pose la question : depuis 50 ans à qui servent-elles ces infrastructures construites par la colonisation ?

Ensuite, que la mortalité n’était pas la même pour les deux communautés :

Elle était strictement la même dans les villes, quant au « bled », où vivait 80% des Arabes agriculteurs, elle ne pouvait qu’être différente comme c’était d’ailleurs le cas pour les agriculteurs métropolitains de cette époque. Je lui fais souvenir tout de même que la durée de vie était de 25 ans avant 1830 pour les moins de 2 millions d’Arabes et qu’elle était passée à 50 ans en 1954 pour les dix millions. Comme génocide on a fait mieux ailleurs !

Il ajoute, et là je lui en veux tout particulièrement, que la France a ignoré la scolarisation des Arabes.

Qui a appris à lire et à écrire le français aux Messali Hadj, Ferhat Abbas, Boumendjel, Farès, et j’en passe, tous opposants à la colonisation ? Ainsi qu’à tous les intellectuels algériens? Sinon les instituteurs français dont plus d’une centaine ont été assassinés par le FLN justement pour qu’ils ne puissent instruire les enfants arabes.

Mohamed Sifaoui sait parfaitement que dans le « bled » on n’envoyait pas les enfants à l’école. Ou du moins c’était rarement le cas, on les y retirait à l’âge de travailler, c’est-à-dire 10 ans.

Quant aux filles il n’était pas nécessaire de les scolariser car elles n’avaient pas besoin d’apprendre.

Enfin, terminons avec les mines personnelles. Elles existent malheureusement dans toutes les guerres et il aurait été humain que l’armée dès l’indépendance remette la carte des emplacements afin d’éviter des morts et des blessés innocents et, surtout, cela aurait évité le massacre de centaines de harkis que le FLN a forcé à marcher sur ces mines afin de  les faire sauter tout le long des lignes Morice et Challe.

J’allais en terminer en disant à Mohamed Sifaoui qu’il se rassure car malgré toutes ses absurdités il n’arrivera jamais à la cheville d’un Noël Mamère, lui est inimitable dans sa stupidité de « petite frappe ».

Mais je viens d’écouter une partie du discours de François Hollande devant l’assemblée algérienne.

Hier c’était le côté pile : « pas de repentances, pas d’excuses »

Aujourd’hui c’est le côté face : « Je reconnais toutes les souffrances faites aux Algériens par la colonisation » et de citer Sétif, Guelma et Kherrata.

Pas un mot sur le massacre des européens justement à Sétif, oublié la tuerie sanguinaire d’El Halia, les milliers de cadavres et de disparus d’après le 19 mars 1962, alors que la France avait « cessé le feu » et qu’elle autorisait le FLN à poursuivre « l’épuration ».

Je conseille au président de la république d’éviter de se rendre sur la plage de Sidi-Ferruch car c’est là que s’est fait sodomiser, paraît-il, un ambassadeur de France. Il ne faudrait pas que cela arrive à un président.

Manuel Gomez


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