Hollande veut faire voter les 40 % de Tunisiens qui ont élu les assassins de Chokri Belaïd

Y a-t’il un rapport entre l’assassinat d’un opposant par les alliés historiques du pouvoir tunisien et le droit de vote en passe d’être proposé aux étrangers en France?

Oui, bien sûr.

Lorsqu’ils désignent les coupables du meurtre de Chokri Belaïd, les Tunisiens se tournent immédiatement vers le parti fondamentaliste Enhadda mis aux affaires sur les ruines d’une république laïque vieille de plus d’un demi-siècle. Lequel parti, dont les doigts semblent en effet avoir traîné dans le pot de confiture, se répand en clameurs conjuratoires hautement suspectes. Mais si le peuple réagit ainsi, c’est qu’il a depuis longtemps instruit le dossier de ses nouveaux maîtres. À ces hauteurs-là de la politique versus élimination directe, on ne se trompe plus de cible, d’un côté comme de l’autre. Sans doute les salafistes ont-ils frappé. Le fait est que les « modérés » qui leur font face comme le lapin devant le cobra n’ont guère agi jusqu’ici pour les neutraliser.

Affaires étrangères, direz-vous. Erreur, c’est ne voir là que la partie émergée du glaçon. Le reste grenouille sous la surface d’une mer qui nous est commune avec le pays du jasmin, des potiers et des dattes fourrées. Problème : nous avons dans nos murs quelques centaines de milliers de natifs Tunisiens susceptibles de devenir, dans un avenir prochain, électeurs de maires, de conseillers généraux et régionaux, donc de sénateurs par la bande.

La menace de ce poids mal défini, de cette force que l’on affecte ici de considérer comme simplement auxiliaire, sur nos institutions, est insupportable. Faut-il rappeler que 40% des Tunisiens résidant en France ont voté pour des gens qui tentent depuis un an de transformer leur pays en émirat de seconde catégorie, j’entends par là tempéré par les nécessités du bon voisinage avec la mécréance?

Si l’implication des fous de Dieu, avec complicité par défaut d’Ennhada, dans l’assassinat de leur opposant passe du soupçon à la preuve, cela voudra dire que nos futurs co-électeurs ont partie liée avec cet attelage mortifère, pour moitié ou presque. Ajoutant au flou artistique de leur opinion sur nous, ce brouillard supplémentaire ne facilitera pas l’état des lieux pourtant nécessaire. Autant donc en prévenir fermement la survenue.

Si la France n’est pas impliquée dans les affaires françaises, la Tunisie, elle, risque bien de s’impliquer ainsi dans les nôtres. La Tunisie, et d’autres, aimablement conviés par la République à nous dire comment il faudra ou non penser. Dans les circonstances actuelles (comme dans les futures), la France doit rejeter massivement une telle perspective. Alors, pour qui se prend Monsieur Christophe Barbier pour aller s’entretenir avec le Premier Ministre Ayrault de l’extension du droit de vote des étrangers aux élections nationales? Est-il journaliste, ou élu? Pour qui travaille-t-il lorsqu’il quitte son bureau de l’Express? Inclut-il le vote salafiste comme entité remarquable dans le futur ensemble islamo-républicain? Sait-il enfin que le précéda, dans les murs de ce journal, un homme nommé Jean-François Revel, dont la lucidité sur les dangers du monde semble n’avoir hélas laissé aucune trace tant à l’Express que chez trop, beaucoup trop, de ses confrères de la presse française?

Qui êtes-vous, Monsieur Barbier, sous votre belle écharpe rouge de dandy bernard-henri léviesque? J’avoue que la question me taraude. Vieil observateur de la compromission érigée en ligne politique, j’imagine des réponses. Soyez aimable, donnez-les tout de suite. Ca nous fera à tous gagner du temps.

Alain Dubos

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