Hymne à la pétanque et à Henri Lacroix, meilleur joueur du monde

Publié le 8 juillet 2017 - par - 22 commentaires - 4 781 vues
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La pétanque est un sport qui a vu le jour en France, en 1907. On peut y jouer en tête-à-tête (un contre un), en doublettes (deux joueurs qui ont trois boules) ou en triplettes (trois joueurs qui ont deux boules). La France compte plus de 300.000 licenciés, et ce jeu, que j’appelle un vrai sport, est pratiqué dans près de cent pays au monde. Malgré tout, il y a davantage de licenciés en France que dans le reste du monde. Cela explique l’écrasante domination française dans tous les concours du monde, les championnats d’Europe et du monde, où nos équipes multiplient les victoires.

C’est un sport très populaire, et à la veille des vacances, ils seront des millions de Français qui s’essaieront, avec plus ou moins de succès, à pointer ou à tirer. Bien évidemment, ce jeu est souvent dénigré, certains y voient des beaufs avinés descendant pastis sur pastis, et d’autres ironisent sur le ventre conséquent de nombre de pétanqueurs.

Ceux qui ont la chance de bien connaître ce sport savent qu’il n’a rien à voir avec cette caricature. C’est d’abord un milieu populaire qui s’y adonne, et en général, il y a de la causette, cela se chambre gentiment, mais le plus souvent respectueusement. On appelle cela « faire la musique ». Mais c’est également un sport qui demande un grande résistance physique. Il faut rester des heures debout, multiplier les déplacements, les allers et retours sur le jeu, se baisser pour ramasser les boules, mesurer des points, pointer accroupi. Il faut une grande solidité nerveuse, quand on sait qu’on doit tirer la boule pour ne pas perdre, voire pour gagner. Il faut avoir des nerfs d’acier quand l’adversaire peut, s’il réussit son coup, vous mettre dans une situation fort difficile, voire vous éliminer. Il faut également être un fin stratège, adapter son jeu aux forces et faiblesses des adversaires, et faire les meilleurs choix tactiques, qui se résument toujours par la même question : on pointe ou on tire ? Il faut également choisir opportunément les terrains et les distances, en fonction de ses forces, et des faiblesses supposées de l’adversaire. Il faut décider si on pointe assis ou debout, si on joue en faisant rouler la boule, en demi-portée, ou en jetant haut la boule, avec beaucoup de retenue, pour qu’elle ne roule pratiquement pas (portée).

A la pétanque, et cela fait partie de son charme, n’importe quel joueur de petit niveau, dans un concours, peut se retrouver face à des champions du monde, et disputer la partie de sa vie. Il peut y avoir des concours mixtes, où hommes et femmes jouent ensemble, contre d’autres équipes mixtes.

On peut, comme le jeune espoir Joseph Molinas, dit Tyson (dont nous reparlerons plus loin), se retrouver champion de France de tête-à-tête à 15 ans, en battant tous les meilleurs joueurs français. On peut, comme le légendaire Marco Foyot (sur lequel nous reviendrons également), gagner sa première « Marseillaise » (le plus grand concours du monde) à l’âge de 17 ans, et, 45 ans plus tard, jouer une demi-finale de ce même concours.

Deux monstres sacrés des boules, Marco Foyot et Christian Fazzino,  ont dépassé la soixantaine. ce sont deux légendes, toujours capables de gagner un grand tournoi, et aussi célèbres par leurs exploits sportifs que par leurs réparties sur le terrain.

Si vous avez deux heures à perdre, je vous recommande de regarder ce que je considère comme la plus belle partie du monde. C’est une demi-finale, à Grenoble, en 2002, et elle oppose la France à la Thaïlande, avec une dernière mène incroyable, qui résume la beauté de la pétanque. Et bien sûr, Henri Lacroix était déjà dans le coup…

Quinze ans plus tard, le vendredi 7 juillet, le plus grand concours du monde, « La Marseillaise », vient de se terminer. Pendant 6 jours, du matin au soir, 4.500 triplettes se sont affrontées dans les allées du Parc Borely, et dans d’autres lieux de Marseille. Les finalistes auront remporté douze parties, avant de s’affronter pour la plus belle, celle qui donne la victoire.

Sans surprise, c’est la triplette de Draguignan, composée de Stéphane Robineau, Henri Lacroix et Dylan Rocher qui l’a emporté, en finale, par 13 points à 5. Aucune équipe dans ce tournoi n’a été capable de faire davantage que 5 points contre eux, cela fut plus souvent des victoires par 13 à 0 ou 13 à 1. Rarement une domination n’aura été aussi écrasante.

Dans cette équipe, un homme est en train de s’imposer comme le meilleur joueur au monde, c’est Henri Lacroix. Il a 42 ans, et avait déjà remporté, en début d’année, en Belgique, le titre de champion du monde en tête-à-tête, et en doublette, avec son vieux complice Philippe Suchaud. Il a par ailleurs été huit fois champion du monde en triplettes, avec ceux qu’on appelait la « dream team ». En général, Henri pointait en tête, Philippe Quintais jouait milieu et Philippe Suchaud tirait.

A l’époque, dans les années 2000, quand il a commencé à jouer avec Quintais et Suchaud, Henri, c’était le gamin de l’équipe. Fils d’un très bon joueur de pétanque, récemment disparu, homme d’une grande modestie, et d’une grande simplicité, il avait un immense respect pour ses deux aînés de 8 ans. Il n’hésitait pas à dire que Philippe Quintais, c’était son idole. Il y a d’ailleurs beaucoup de similitude dans le comportement de ces deux hommes, lors d’une partie.

Ils ont tout gagné, et tout réussi, ensemble. La spécialité d’Henri, entre autres, était qu’il ne manquait jamais une boule importante, et que, quand, exceptionnellement, un de ses deux compères avait une baisse de régime, il sortait toujours la boule qu’il fallait pour sauver la situation. Il pouvait pointer en tête, s’il n’avait qu’une boule à tirer dans la partie, il ne la manquait jamais, et la plupart du temps, elle comptait lourd. Et en plus, c’est un vrai gagneur, jamais totalement satisfait de lui, mais qui ne lâchera jamais une partie.

On ne l’a jamais vu malmener un partenaire en difficulté, alors qu’avec toutes ses médailles, il pourrait se le permettre. Il a toujours eu une attitude solidaire et constructive, pour remettre dans la partie un équipier qui traverse une mauvaise passe. Il accepte, bien que meilleur joueur du monde, qu’on propose un autre choix que le sien, et n’insiste pas, si ses deux équipiers lui demandent de tirer, s’il souhaitait pointer. Il respectera toujours leur choix. Avec lui, jamais d’embrouille avec les arbitres ou les adversaires.

Du statut de petit jeune, Henri est passé, à présent, à celui d’ancien, depuis notamment qu’il joue avec le prodige de la pétanque française, Dylan Rocher, âgé de 26 ans, qui le considère comme son grand frère. Dylan, fils d’un champion et d’une championne de pétanque, dès l’âge de 3 ans, jetait déjà des boules. Il a commencé à jouer avec son père, Bruno, qui fut champion du monde, puis avec ses deux autres frères. C’est le plus beau tireur au monde. Il a un balancier unique, qui lui permet d’être intouchable à dix mètres, quand nombre de joueurs sont plus à l’aise à 6 mètres. Il n’a besoin d’aucune concentration, il va au rond, arme son bras et tire. Mais il sait aussi pointer quand il le faut. Et il paraît très sympathique, et n’a absolument pas la grosse tête. Regardez le tirer, c’est un régal.

Mais son statut de meilleur tireur au monde est déjà contesté, en France, par une autre merveille, Joseph Molinas, âgé de 17 ans, et surnommé Tyson, ou Ty. Lui aussi est issu d’une famille de joueurs de pétanque, que cela soit son père, ses cousins ou ses oncles. A 15 ans, il a battu un par un tous les champions, dont Quintais et Lacroix, pour remporter le titre de champion de France en tête-à-tête.

Si Henri Lacroix est incontestablement le meilleur joueur du monde, actuellement, le plus complet, le plus solide, il peut perdre n’importe quelle partie contre une centaine de joueurs français, tant le niveau est élevé.

A la pétanque, et cela fait partie de son charme, n’importe quel joueur, dans un concours, peut se retrouver face à des champions du monde, et disputer la partie de sa vie. Il peut y avoir des concours mixtes, où hommes et femmes jouent ensemble, contre d’autres équipes mixtes.

Autre spécificité de ce sport, on peut remporter des grands concours en ayant dépassé l’âge de 60 ans. C’est le cas de deux monstres sacrés des boules, Christian Fazzino ou Marco Foyot, deux légendes, toujours capables de gagner un grand tournoi, et aussi célèbres par leurs exploits sportifs que par leurs réparties sur le terrain. Mais le plus théâtral, sans conteste, c’est tout de même celui que tout le monde appelle Marco…

Les médias comme L’Equipe ou France 3 commencent à s’intéresser de près à ce sport, qui n’est toujours pas olympique. Des communes essaient de recruter les meilleurs joueurs de France, pour gagner des championnats de France par équipe. La fédération, pour s’adapter aux nécessités des médias, modifie les règlements, limitant à une minute le temps pour jouer une boule. Mais cela ne fait pas encore des joueurs de pétanque des milliardaires qui ne vivent que de leur sport. La preuve, juste après leur victoire à « La Marseillaise », Dylan Rocher et Henri Lacroix n’eurent même pas le temps de savourer leur victoire, ils devaient être le lendemain matin à Clermont-Ferrand, pour disputer le championnat de France de tête-à-tête, et c’est en voiture qu’ils ont fait la route, une partie de la nuit, quand d’autres champions auraient eu un avion à leur disposition…

Alors cet été, quand vous verrez des attroupements autour de bons joueurs de boules, regardez les, et vous vous régalerez. Et si vous avez un concours de boules de vacances, près de chez vous, inscrivez-vous en famille, et faites-vous plaisir.

La pétanque, c’est une partie de la France, et ses joueurs sont représentatifs de son peuple. Si, comme moi, vous faites régulièrement des parties, vous constaterez, d’autre part, devant un apéritif amical, en fin de journée, que les joueurs, très majoritairement, pensent comme nous, sur les sujets de société qui nous préoccupent.

Pierre Cassen

Bravo,Monsieur Cassen,de mettre à l’honneur cette activité,qui peut aussi être très sportive et dont peu de gens connaissent en effet ceux qui portent notre bannière.Je pratique depuis 65 ans,ayant commencé en Algérie en 52 en catégorie » minimes »de l’époque.Votre article trouve une résonance particulière dont je vous remercie.

Vive la petanque! je suis un mordu depuis une dizaine d’annees, j’ai 84 ans:; je joue avec  » The Las Vegas Petanque Club « . Pour une ville de 2,5 millions d’habitants nous ne sommes pas nombreux, une vingtaine seulement. Probablement a cause de la chaleur, cependant, 50 degres a l’ombre ne nous fait pas peur. Marco Foyot est venu nous voir il y a quelques annees. J;ai eu le grand Plaisir de faire equipe avec lui ( c’est mieux que contre lui…). Nous dependons de la Federation Americaine de Petanque. Je me sauve, c’est Dimanche, je joue dans 30 minutes.

Waouh, merci Pierre pour ce beau moment qui nous change un peu des articles avec nos anciennes et nouvelles têtes de c–turc. Ce matin sur ma petite terrasse, j’ai presque pu sentir les embruns et le mistral. Et puis soudain, je me suis rappelé les concours joués à Pertuis, où nous avions le plaisir de croiser un fan de pétanque, monsieur Salvador. Je n’aurai jamais imaginé que vous soyez en plus un spécialiste de ce sport et je suis agréablement surpris. Et là, nul besoin d’EPO(cette fameuse essence du vélo), mais bon ce ne sont pas les mêmes « exigences », ni… lire la suite

Nous jouons régulièrement à la pétanque avec des Français-pas-de-souche parfaitement intégrés. C’est quoi ce délire populiste ? Que je sache Giono n’est pas un patronyme français. Au fait, Cassen, ça vient d’où ce patronyme ? Une recherche généalogique s’impose.

faut pas confondre les immigrés intégrés……….ITALIEN…PORTUGAIS….POLONAIS….et autres issues des mêmes traditions « Judéo Chretienne « ……….et les racailles bonnes aux tirs de Kala…c’est vrai

Pauvre tâche!
Et tous ceux qui refusent de s’adapter même après trois générations, qui crachent sur la France, qui veulent nous imposer leurs coutumes, sont pas tous racailles, y’a même des fonctionnaires, des élus, des « ,modérés »…..
Les européens, oui, deviennent de vrais français, ils ne font ch**** et ne menacent personne.
Alors ce commentaire de merde pour un article sur la pétanque, c’était en plus totalement déplacé.

Tiens, il fallait bien une inquisitrice de passage fouillant les scelles pour trouver quelque odeur suspecte. Les mêmes kapos socialo-communistes sont bien moins regardants à l’endroit de Houria Bouteldja, Nafissatou Diallo, ou Cécile Kyenge de son vrai nom Kashetu Kyenge, les ultra-racistes subventionnés qui passent en direct à la TV… Ce n’est pas bizarre, les socialo-communistes ont toujours été les créateurs et administrateurs des camps, du goulag et du camp de travail, mais ils adorent se faire passer pour les étalons de vertu au nom du pacte Germano-Bolchévique (Socialo-Communiste) Vous n’avez honte de rien mais c’est normal les socialo-comnunistes sont… lire la suite

Eh bien voilà, on a trouvé celle qui nous « plombe » notre dimanche et l’excellent travail de notre ami Pierre.
Machado, ça vient d’où ce patronyme ?

Superbe commentaire de qq’un qui n’a pas perdu la … boule ! Là et ailleurs…
La Pétanque n’est que poésie, Pagnol, Giono, le Midi, le soir à l’ombre des tilleuls à l’odeur de pastis…
Une tradition qui survit ! Enfin !

La pétanque et la belote les 2 mamelles du divertissement français ( en famille entre copains en vacances au village dans les fêtes votives, tjrs la pétanque cherirais)?…et on peut se colère s envoyer des vannes sans risquer la correctionnelle…….les bobos aiment y jouer pour s en canailles eux,

Monsieur Pierre Cassen il me semble que vous êtes un fin connaisseur du jeu de pétanque et je vous en félicite si vous le permettez,car c’est un très beau jeu très convivial et bien Français .Je m’y adonne aussi depuis fort longtemps malgré quelques années blanches où je n’ai pu jouer.Maintenant je suis âgé, j’ai 79 ans et je fais régulièrement des concours quand les problèmes de santé parfois récurrents me laissent en paix.Je suis un bon tireur gaucher et j’arrive encore à toucher 7 boules sur 10.Mais voici 10 ans je frôlais parfois les 100%.Dans ma jeunesse je tirais… lire la suite

Pondre autant de lignes sur la pétanque, en voilà un exploit ! Bravo ! :) Les histoires de cochonnet et de triplettes me mettent en joie de bon matin… :-P Vive la France ! ♥

Bon vous le savez, je suis Marseillais, et bien que l’origine du jeu est parait il à la Ciotat, on voit que les Parisiens connaissent notre sport national à nous les méridionaux.Vous parlez que des « balèzes » mais nos parties sont encore plus folkloriques et qu’est ce qu’on rigole .La mesure du point savamment trichée avec 2 herbes , et j’en passe …Oui Pierre vous avez raison la pétanque est encore un sport amical voir fraternel , que tout le monde devrait pratiquer…..

Super le clin d’œil à la culture française.
Pas de faute de gout, mettre un France Thaïlande c’est juste épique.
Saviez vous pourquoi, depuis leur première apparition au trophée canal+ en 1993, les équipe alignées par les Thaïlandais étaient constituées d’officiers militaires?
Parce que par amour de la culture française, les Thaïlandais ont instauré la pétanque, chez les officiers militaires, comme sport noble.
Même un genoux à terre la France rayonne dans le monde comme jamais.

Merci Pierre. Ça fait du bien de lire quelque chose d’autre. Et puis la pétanque, j’y joue de temps en temps le samedi matin avec un bon copain (encore un Breton), en nous racontant quelques bonnes blagues et de vieux souvenirs. Et la partie se termine à un petit reatau sympa devant une omelette et un café bien noir…

Fermons les bowlings de nos occupants US et ouvrons massivement des boulodromes.

Ce sport est bien plus abordable, accessible à un public plus large que le bowling (discriminations sic), et beaucoup plus économique que les bowlings.

Sans besoin d’aucun système automatisé, bref ultra-écologique. (puisque c’est le chantage d’état à la mode)

Esprit : Bloquons nos kapos politichiens avec leurs propres armes de chantage, acculés dos au mur, il n’y a que cela qu’ils comprennent.

Faisons une partie de boules avec Macron, et au lieu de tirer sur la boule d’un adversaire, tirons-la sur sa tête. Ne faisons pas comme le boxeur qui chassait les mouches devant son visage.

Ses petits protégés s’en chargeront, chez-eux ils sont pas mauvais aux boules, ils appellent cela « la lapidation de la religion de paix et d’amour ».

C’est vrai que c’est un chouette sport, convivial et où les gens ne se prennent pas la tête. Malheureusement, dans 20 ans tout cela aura disparu, la charia interdit formellement ce genre de pratique.

Y’a un sport moyen-oriental très ancien qui s’inspire vaguement de la pétanque, mais ça se pratique avec des cailloux, c’est la lapidation.

Ca s’appelle la Tetanque….

Oh celle là elle est trash!

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