Je ne suis pas d’accord pour considérer mes amis musulmans comme des intrus ou des ennemis

La récente évolution de mon opinion sur l’islamisation de la France et de l’Occident doit beaucoup à Riposte Laïque, dont maints articles issus d’expériences personnelles m’ont ouvert les yeux. Pour cela, je vous en serais toujours reconnaissant. J’ai toujours des divergences avec un bon nombre de vos contributeurs réguliers, notamment sur la question de la nourriture halal dont l’existence ne me dérange pas en soi, mais je n’ai pas grand-chose à redire sur le fond. Cependant, j’ai constaté depuis quelques temps une montée inquiétante d’articles qui me semblent aller au-delà de la nécessaire critique de l’islam et défense de notre culture. Plus précisément, mes inquiétudes ont pris racine à la lecture d’un article de Jean Robin préconisant un « divorce » entre l’Islam et la France qui – et qu’il m’en excuse si je l’ai mal interprété – prendrait la forme d’un exil massif des musulmans hors de France. Plus récemment, un article de Roland Lasch affirme ni plus ni moins que seule une guerre civile entre non-musulmans et musulmans pourrait résoudre le problème!

En somme, chaque musulman vivant en France, pratiquant ou non, pacifique ou non, respectueux de la loi et de la culture française ou non, est désigné au mieux comme un intrus qu’il faut poliment escorter dehors, au pire comme un ennemi dont il faut se débarrasser! Jamais je n’adhérerais à une telle vision, jamais je ne considérerais mes amis musulmans, qui connaissent ma critique de leur religion et mon respect de leurs personnes, comme des intrus ou des ennemis. Certes, je ne suis pas naïf: Je suis conscient que 17% de musulmans veulent une application intégrale de la charia et 37% de musulmans une application partielle adaptée aux règles du pays, soit 54% au total pour la charia. Ces 54% doivent-ils pour autant tous être considérés comme ennemis ? Je n’y crois pas. Les « 37% », fraction la plus cruciale, n’ont pour la plupart pas, à mon sens, d’ambition de conquête. Leur ouverture à la possibilité d’introduire la charia en France n’est que le fruit pourri d’un multiculturalisme qui nous a privé d’une politique d’assimilation par l’éducation et la culture, nous conduisant à renoncer à l’idée de la supériorité de la culture française et de ses racines judéo-chrétiennes. Quoi d’étonnant alors que tant de musulmans ne comprennent ni ne respectent notre culture si nous-mêmes avons pendant trop longtemps oublié de la mettre en valeur.

Il n’existe pas de solution facile qui mettra définitivement fin au problème complexe qu’est l’islamisation de la France, et ni la déportation massive ni la guerre ne sont moralement défendables. Ce qu’il faut, c’est suspendre l’immigration pendant une dizaine d’années et mettre en place une politique encourageant l’assimilation aux valeurs et à la culture française, et punissant financièrement ceux qui refusent, de sorte à les encourager à partir. Le psychologue danois Nicolai Sennels a, sur JihadWatch (http://www.jihadwatch.org/2011/09/integration-immigration-and-islam-related-problems-24-suggestions-for-laws.html), établi une liste de propositions de lois qui vont dans ce sens. Il est déjà difficile de critiquer l’islam et d’alerter sur les dangers d’islamisation tout en se défendant de haine anti-musulmane. Ne commençons pas à donner raison à nos critiques.

Thomas Ricard


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