Je nomme Terreur la non-assistance à enfants en danger

À Grenoble, les parents d’Hugo, paniqués par les agressions dont il était victime au collège, ont changé leur fils d’établissement et l’ont mis dans le privé. À leur légitime colère répond le maintien des agresseurs au collège « afin qu’ils prennent conscience de leurs actes ».

En Angleterre, Aaron s’est pendu pour échapper aux menaces physiques et psychologiques de ses camarades musulmans qui l’accablaient quotidiennement depuis des mois. Il avait neuf ans. Les parents d’Aaron avaient alerté la hiérarchie scolaire. En vain. « Il s’était intégré rapidement », telle est la réponse des complices d’un meurtre, oui, d’un meurtre, donnée, en guise de de profundis, à cette famille brisée.

Ces deux faits, géographiquement éloignés, se fondent dans l’air du temps. Cela porte un nom.

Je nomme Terreur le mécanisme infernal qui, à Londres, a conduit un enfant de neuf ans au suicide dès lors que la protection due à son petit âge lui avait été refusée.

Je nomme Terreur la coupable lâcheté de gens qui, à Grenoble, au lieu de secourir le faible, se précipitent aux côtés du fort pour lui dire que s’il y est allé un peu « raide », il avait ma foi des raisons pour cela. Et qu’on lui pardonne l’excès dès lors que son objet s’est réfugié ailleurs, la queue entre les jambes.

Je nomme Terreur l’état dans lequel on laisse des familles désemparées qui, demain, parce qu’ici ne supportant plus l’absence de leur enfant dans leur maison, ou craignant, là, pour leur propre sécurité, devront déménager, changer de quartier, de ville, de pays. Ils sont milliers et milliers aujourd’hui contraints à ça.

Je nomme Terreur la besogne de nos Hébertistes contemporains consistant à pousser inlassablement des gens au crime à seule fin de satisfaire leur pulsion de mort, leur haine de ce qui fait encore, malgré eux, la Nation, des choses entre autres comme mémoire, civisme, égalité, fierté, honneur. Demain, ces guillotineurs en bas résille capables de pousser un enfant de neuf ans au suicide, tripatouilleront les dicos comme ils sont en train de le faire des Codes, et ces mots-là y seront gommés.

Je nomme Terreur la parole magique que dégueulent au micro et à jet continu les aides de camp cocaïnés de ces phalanges parvenues, vautrées dans la suffisance, l’onanisme revanchard, le désir de démolir une fois pour toutes ce que les autres, épuisés quoique pareillement poudrés du nez, maintenaient encore à grand peine debout.

Je nomme Terreur la chasse entreprise par ceux-là et par d’autres, avec laisser-passer de l’État, à tous ceux qui n’ont soudain pas, comme Hugo et Aaron, la bonne couleur de peau, la religion adaptée à l’époque, la discrétion de règle s’agissant de ce qu’on les force à penser, à voir, à entendre, à bouffer. Ceux-là interrogent les gens qu’ils ont portés au pouvoir. Que se passe-t-il dans ces pays qui sont tout de même les leurs? « Fermez-là, ou déménagez comme Hugo, ou disparaissez comme Aaron ». Telle est donc la réponse.

Je nomme Terreur cette réponse-là, devenue loi et qui résume tout le reste.

Alain Dubos

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