La vraie fin du monde, ce serait la victoire du califat

En ce 21 décembre 2012, à l’heure où des pitreries  new-âge enfument les cerveaux de certains contemporains déboussolés à coup de ‘paradigme’, ‘d’ovnis du Bugarach’ et autres  prophéties mayas, il n’est pas inutile de remettre quelques pendules à l’heure et d’évoquer des aspects nettement moins comiques concernant l’impact de l’eschatologie (sous l’angle islamiste)  dans l’avenir politique de la planète. Il est bien possible que ces sottises soi-disant prophétiques, soient largement promues par des circuits obscurs qui n’ont pas intérêt à ce que l’on regarde au bon endroit. Pendant que les rêveurs et les rieurs tournent en rond, d’autres évènements  se profilent dans l’ombre.

Une véritable partie d’échec est  désormais engagée à l’échelle du monde : cependant cette partie oppose deux adversaires dont les buts  et les forces sont bien différents. Les règles de jeu sont donc faussées dés le départ. Les protagonistes de cette partie d’échec sont le monde musulman dans sa globalité  d’un coté, et le reste de l’humanité de l’autre coté.

Nous arrivons donc à un point crucial où la population mondiale commence à être séparé en deux camps, et ceci, uniquement du point de vue du monde islamique. Car le reste du monde, quelle que soit sa couleur religieuse ou politique ,n’est pas inscrit dans cette opposition. Il y est juste entraîné, sans même s’en rendre compte.

En effet, les Islamistes, qui représentent, qu’on le veuille ou non, le vrai noyau dur de la religion, enrobé par les différentes facette d’un Islam plus modéré, ont un plan cohérent qui s’appuie sur la nature universaliste inhérente à la religion musulmane. Celle-ci se fonde sur plusieurs éléments, dont la simplicité permet une transmission, et une compréhension rapide, même par des illettrés :

– il y a premièrement l’unité et la simplicité extrême du dogme, qui soude la communauté musulmane autour des 5 Piliers (profession de foi, prière, aumônes, pèlerinage à la Mecque, jeûne du Ramadan), indépendants des nations et des langues.

– les nationalités sont fondues dans la Oumma , la Communauté : le Musulman est musulman exclusivement et avant tout. Le reste n’est que détails virtuels et transitoires.

– la religion n’est pas séparée du politique et du juridique, puisque le Coran est le fondement et la colonne vertébrale du droit qui fonde ou plutôt étouffe la société musulmane sous  le rigorisme la Charia. La loi coranique, s’ajuste actuellement mais dans le seul but de permettre le contact des Musulmans avec le reste du monde à convertir, et pour cela, elle autorise même l’utilisation des nouvelles technologies, pourtant contradictoires avec certains fondamentaux de la religion.

Elle contrôle la vie du croyant dans les moindres détails, ne laissant aucune place pour des concepts de nouveauté, de liberté, de choix, etc, puisque le cœur de la religion est un principe de « soumission », qui empêche autant l’exégèse des textes anciens que l’introduction de concepts et valeurs modernes.

Il est vrai qu’il existe de très nombreuses écoles de pensée musulmanes, mais il n’en demeure pas moins que tout ou tard, l’immense majorité des Musulmans se retrouvent unis derrière quelques principes de base.

En face, l’autre joueur d’échec est quand à lui multiple et hétérogène. Il est démocrate ou républicain, apolitique, de gauche ou de droite, croyant ou athée. Il est Hindou, Juif, Chrétien, Bouddhiste, animiste, agnostique et il n’a aucune visée mondialiste… L’Hindou et le Juif n’ont pas l’ intention de conquérir, ni de convertir le reste du monde ; les Chrétiens, même s’il existe des courants missionnaires dans le Christianisme,  ont parcouru un long chemin qui leur fait accepter le simple fait que des gens puissent croire en autre chose ou ne croire en rien. Les Bouddhistes ne veulent que la paix. Et les animistes espèrent juste qu’on les laisse en paix. Quand aux laïques et agnostiques, ils ont envie de croire dans le progrès de l’homme libéré du poids des religions dogmatiques.

N’oublions pas que l’Inde et Israël, malgré le sentiment spirituel fort qui fonde leurs nations, sont de vraies démocraties. N’oublions pas que l’Occident a su construire des valeurs universelles de respect de l’autre, qui permettent de faire vivre les hommes et les femmes ensemble à égalité, au moins dans la loi. La Démocratie offre à chacun le rêve  d’une capacité à avancer avec la richesse de toutes nos différences. N’oublions pas que les athées, comme les croyants non musulmans du monde entier, ont intégré l’idée, chacun à leur manière, que le monde est varié, et qu’il peut y avoir plusieurs moyens pour accomplir sa vie de la manière la plus juste possible.

 

Mais tous les idéaux, qu’ils soient éthiques, politiques, spirituels qui fondent l’Occident et l’Orient sont désormais confrontés à la volonté conquérante et laminante  de l’Islamisme.

Et le monde risque de ne pas pouvoir  affronter la réalité si  les militaires, les politiques, même des intellectuels et bien des médias qui tiennent le haut du pavé ne réalisent pas qu’ils ont devant eux quelque chose qu’ils ignorent totalement. Et souvent, qu’ils ne veulent même pas imaginer.

 

Le problème va bien au-delà de terroristes qui se font exploser avec l’espoir d’une récompense « virginale » dans un paradis somme toute très matérialiste. Au-delà des vagues de migrants qui souhaitent vivre leur foi de manière exclusive et communautariste. Au-delà des émirs à l’apparence débonnaire qui arrivent avec des pétro dollars, ou,  quand ils sont   moins débonnaires, se servent directement de l’arme du pétrole. Ces sous marins de l’Islamisme, saturés d’argent, utilisent une main d’œuvre étrangère très pauvre comme moyen de pression sur les gouvernements (exemple au Pakistan), en construisant des mosquées et des madrashas qui servent de relais à l’endoctrinement. Enfin les pires d’entre eux financent directement le terrorisme au nom d’une religion dite de « tolérance et de paix ».

 

Il faut distinguer entre les masses endoctrinées par des imams qui les utilisent comme troupes d’assaut pour assurer la purification ethnico-religieuse par  la guerre et la colonisation, des vraies forces  pensantes internes de l’Islamisme, qui constituent la source de la violence. Les masses ne sont pas là pour réfléchir, on leur façonne juste une nourriture religieuse  pré digérée qu’ils devront juste mâcher encore et encore. Jusqu’à plus soif. Le but de l’Islam n’est pas d’éveiller et d’éduquer ses fidèles à la pensée critique. On ne leur demande que d’être soumis et de rester à jamais enfermés entre les 4 murs d’une idéologie religieuse qui s’est auto-verrouillée de l’intérieur.

 

Le seul vrai problème est une question  d’ordre eschatologique, qui est presque complètement ignorée ailleurs que dans le monde islamiste. Car pour les mouvements fondamentaliste radicaux, il est désormais question d’amener le monde entier à la fin des temps historiques. Car l’Islam tend vers la fin de l’Histoire. Ce qui explique pourquoi les masses ne sont pas spécialement formées sur la question, on se contente de leur promettre un  vague paradis épicurien, sans préciser davantage le lieu ni le jour. Car peut-être que bien des musulmans modérés ont juste envie de vivre en paix eux aussi,  de jouer avec leurs enfants, de tenir la main de leur femme en public ou même de boire un petit verre de vin. Pour contrer cette tendance à la modernité, les masses  musulmanes peu instruites sont manipulées par des sectaires ressassant inlassablement que rien ne doit être changé, que la religion ne peut évoluer, et que l’on n’a même pas le droit de l’apostasier. Ils n’ont qu’une arme, celle de la terreur, et elle semble bien efficace pour le moment. Ils n’ont qu’une référence, l’endoctrinement, et faute d’un véritable projet de civilisation en Occident, cela leur suffit largement à convertir des masses sans repères intellectuels.

 

Pour les autres religions, à commencer par les Juifs et les Chrétiens, il existe aussi des concepts eschatologiques concernant « la fin des temps », ou des notions cycliques de l’Histoire, comme en Orient, mais les croyants ne cherchent nullement  à provoquer ou contrôler un processus violent qui amènerait plus vite  cette « fin des temps ».

A  l’opposé, pour les mouvements radicaux islamistes, la fin des temps doit obligatoirement se produire,  mais auparavant le monde entier doit être devenu musulman, dans un mouvement de conversion plus ou moins volontaire. Ils feront donc tout pour que le monde devienne musulman, de gré ou de force. Car ils croient réellement que lorsque chaque être humain se sera converti à l’Islam, la volonté de leur Dieu sera accomplie, et en conséquence : il n’y aura plus rien d’autre à faire, à créer, etc. Il n’y a plus de sens ou de désir d’évolution, plus d’Histoire. C’est la FIN, stricto sensu.

Tant pis pour ceux qui ne veulent pas se convertir et ont une autre vision de la vie et de l’évolution! On pourrait appeler cela une balance entre pertes et profits religieux.

 

Cette démarcha conquérante visant à instaurer un Islam universel se concrétise dans l’idée du Caliphat qui est le dernier terme historique avant « la fin des temps ». Même si beaucoup de musulmans de base n’ont qu’une idée extrêmement floue concernant cela, il n’en demeure pas moins que cette idéologie irrigue à des degrés divers la pensée de l’Islam. Et même si le Coran est relativement peu disert sur l’eschatologie, toute la littérature annexe des Hâdiths et même des courants de pensée très populaires viennent combler les vides et nourrir cette démarche « eschatologique » de manière aussi superficielle qu’excessive.

 

Les occidentaux croient malheureusement que le prophétisme eschatologique est une chose dépassée, juste bonne à être étudiée par des universitaires distingués dans des colloques feutrés. C’est notre plus grave erreur, car nous avons en face de nous des gens qui croit à l’eschatologie et qui ne croit qu’en cela. En conséquence, ils menacent, pillent, tuent, et tueront encore et encore, ils chasseront des populations indigènes, ils convertiront de force. Ils participent à un avènement théocratique, qui en fait des bons croyants dignes d’accéder à ‘leur’ paradis. Même si pour certains, cela sert même de couverture pour des trafics d’armes ou de drogues, il y a toujours un moment où l’on touche ce noyau eschatologique dur, terré au plus profond de l’Islam. Sinon qu’est-ce qui expliquerait que des hommes et des femmes se suicident au nom d’un Dieu en entraînant des innocents avec eux. ?

 

Bien sur, les têtes pensantes de l’Islam s’appuient sur des arguments matérialistes pour faire avancer leurs foules instrumentalisées, et un pillage en règle ou  la spoliation de terres des non musulmans est un très bon moyen de motiver les troupes. Mais derrière les troupes, il y a des fondamentalistes persuadés que toutes les mosquées du monde s’envoleront jusqu’à la Mecque au jour du ‘Jugement’, et que les bons musulmans, après une guerre terrifiante contre le Dâjjal, iront enfin au Paradis. Cela s’appelle l’eschatologie et c’est le pain quotidien de millions de gens à qui l’on interdit toute  réflexion, toute autre possibilité de choisir ; c’est même déjà dans le biberon de leurs bébés.

 

En conséquence, la partie d’échecs  s’annonce très difficile pour le monde entier. Car les Démocraties croient que leurs valeurs seront suffisantes pour absorber et stabiliser l’Islam. Pour cela, il faudrait intégrer  par l’éducation les communautés musulmanes qui viennent dans nos pays, et ce, sans faiblesse et sans faille. Leur apprendre qu’ils ont le droit d’adorer un dieu comme ils le veulent, mais que ce même droit s’applique pour tous les autres. Et que le seul moyen de vivre ensemble  s’appelle la Démocratie. Mais rien dans la structure de l’Islam ne prédispose cette idéologie à envisager la moindre concession pour cœxister avec une autre idéologie de manière durable. Cela lui est même constitutivement impossible.

Les concessions des musulmans  sont temporaires tant qu’ils n’ont pas la majorité pour imposer la charia.

Si nous ne maintenons pas les valeurs de la liberté et de la Démocratie, nous devrons affronter ce qui nourrit les masses musulmanes, c’est-à-dire l’absolue nécessité,  et par tous les moyens,  de parvenir à la réalisation du plan eschatologique de l’Islam.

Car pour eux c’est une absolue nécessité. Même si les masses n’en sont pas pleinement conscientes

Le reste ne compte pas. Nos idéaux ne comptent pas.

Ils ne sont pas nos ennemis, car nous possédons une morale et des valeurs, mais nous sommes les leurs, si nous les empêchons d’atteindre leur ‘paradis’.

 

Malraux pensait que le XXIème siècle serait spirituel, ou ne serait pas. La vraie clé de cette re-spiritualisation  non dogmatique du monde réside dans la capacité de la Démocratie à s’affirmer  face à cet étrange objet, politique et religieux,  qui surgit à la croisée des chemins entre théocratie et dictature et ne mérite que le nom de THEOCRATURE islamiste.

Lucie CLAVIJO

Parmi bien d’autres confirmations de ce rejet de la démocratie par les islamistes :

http://alwissal.wordpress.com/2012/05/05/shaykh-abu-yahya-al-libi-la-democratie-idole-moderne/

http://alwissal.wordpress.com/2011/06/20/la-pollution-de-la-democratie-occidentale-refusee-par-l%E2%80%99afghanistan-de-l%E2%80%99islam/

 


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