L’apostasie : un droit que ne défendent ni l’ONU ni la LDH ni Amnesty

Dans notre monde du XXI ème siècle il y a des zones ouvertes et des zones  fermées ! Les zones ouvertes  sont généralement celles où  l’on peut parler, écrire, manifester, réfléchir sur la vie en général. Dans ces pays on a le droit de changer d’avis. Et puis il y a des zones  fermées, dans celles-ci on doit se taire pour des raisons politiques, régimes de dictature, de droite ou de gauche, ou dans les théocraties pour des raisons religieuses. Là on hérite dans son  ADN  d’un gène religieux  qui, en aucun cas, ne peut  être modifié, sauf à  risquer sa vie.

Petits enfants, nos familles nous façonnent  à leur manière de voir le monde, à leur morale, quelquefois à leurs options politiques et presque toujours à leur religion. Quand nous grandissons  souvent nous enfilons les chaussures qu’elles nous ont préparées mais pas toujours, surtout au moment de l’adolescence. Peuvent se produire, alors,  des contestations diverses : du mode de vie aux idées politiques ou religieuses. Et  sur ce point particulier la différence entre les mondes ouverts et les mondes fermés crève les yeux.

Il serait difficile de dénombrer les personnes qui, dans les mondes ouverts, ont abandonné la religion  ou en ont changé. Difficile de les dénombrer car dans ces zones libres l’apostasie est permise, on ne risque rien, on peut le dire…. On peut répondre franchement à la question posée : Es-tu croyant ? Athée ?Agnostique ? Personne ne sort le sabre ou la kalachnikov pour vous occire si vous êtes areligieux.  Partout sauf en terre d’Islam !  Pourquoi cette menace pèse tant sur les musulmans et sur eux seuls ?

Récemment Kacem El Ghazzali, un jeune Marocain, a proclamé ouvertement son athéisme sur son blogue (1). Aussitôt la oumma (communauté internationale des croyants) s’est mise en action ! Il a dû se réfugier  en Suisse où il continue de recevoir des menaces de mort.  Dans une interview qu’il a accordée à Michael Coren sur Sun TV(1), il revient sur les contraintes qui pèsent sur les musulmans : « En fait, les règles sur l’apostasie, la charia, les traditions et leur interprétation des textes religieux sont épouvantables pour nous ».

A-t-il peur ? Oui : « Des musulmans m’écrivent : « nous sommes partout ».  Comment reçoit-il ces menaces ? « Je les reçois comme un honneur car je suis menacé en raison de mon combat pour les droits humains et la liberté, de sorte que je ne peux pas vraiment leur en vouloir ».

 Combien sont-elles, de par le monde, ces personnes qui ont apostasié publiquement ou dans la profondeur de leur conscience et dans le silence ? Difficile de savoir : « Je reçois beaucoup de messages de jeunes athées vivant dans des pays musulmans : en Arabie saoudite, en Iran, même en Afghanistan, au Pakistan. Ils consultent mon blogue en langue arabe et disent : « on te soutient, tu parles pour nous, tu permets à notre voix d’être entendue ». Notre problème, présentement, c’est que même les grandes organisations des droits humains, comme l’ONU, Human Rights Watch, Amnesty, ne se soucient pas des questions d’apostasie, de la charia et du sort de ceux qui sont persécutés à cause de ces lois. Récemment, deux jeunes athées ont été condamnés à sept ans et demi de prison. L’un d’eux est en prison, l’autre est en fuite en Grèce ».

Il cherche en vain des appuis : « Or les médias et les organisations de défense des droits humains restent silencieux quand vient le temps de faire la lumière sur ces problèmes et sur l’islam. J’ai un message pour ces organisations des droits humains : dans nos pays, l’islam et la charia sont les premiers responsables des violations des droits humains. Les femmes, les homosexuels, les apostats, etc., sont persécutés à cause de ces lois. »

Là est la vraie question pourquoi l’ONU la LDH et Amnesty sont-elles aussi silencieuses sur cette liberté? Pourquoi sont-elles si peu engagées sur ce terrain qui est celui de La vraie liberté, bien supérieure encore à celle de la liberté religieuse,  celle de la Liberté de Conscience. Pourquoi l’ONU s’est-elle engagée dans ce que l’on nomme le processus d’Istanbul à savoir: inscrire dans le droit international une interdiction mondiale de tout examen critique de l’islam et/ou de la charia islamique ? Ce processus  a été initié et  dirigé par l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), un ensemble de 57 pays musulmans .

On comprend que les pays du golfe avec l’ énorme puissance financière de leurs pétrodollars fassent pression. Si l’on autorisait l’apostasie à quel déluge d’abandons ce pouvoir de l’islam radical devrait-il faire face, lui qui tient avec l’islam et les lieux saints une manne financière exorbitante? Abdennour Bidar dans un article du Monde d’août 2010 dénonçait : « la violence symbolique et politique par laquelle l’islam mondial est maintenu inféodé à la tutelle du wahhabisme saoudien ». Féodalité qui permet de maintenir en servage des millions de croyants. En s’impliquant aussi intimement avec les pires défenseurs de l’islam radical ces organismes  s’éloignent de la cause qu’ils étaient censés promouvoir: «  Les droits humains universels » ! 

 Il n’est pas certain qu’ils se rendent bien  compte que : « pour quelques pétrodollars de plus, ils abandonnent les apostats de l’islam à la mort, même ceux qui vivent dans nos pays, et qu’ils nous acheminent tous vers un état de dhimmitude mondiale ». 

Chantal Crabère 

(1)Son blogue : Atheistica.com

(2)http://www.postedeveille.ca/2012/04/interview-de-kacem-el-ghazzali.html


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans DEBATS LAIQUES. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.