Le 11 septembre 2001 a fait apparaître au grand jour un choc de civilisation majeur

Publié le 9 septembre 2011 - par - 1 053 vues
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Le 11 septembre 2001 est, tout simplement, la date à laquelle les islamistes ont décidé d’en finir avec la takkia, la dissimulation qui était la leur depuis la disparition du califat et d’annoncer la couleur : choc des civilisations, guerre déclarée à l’Occident et conquête de la Terre entière au nom d’Allah.

Certes, je n’en avais aucunement conscience à ce moment-là. Je sortais de mon engagement au Parti socialiste où j’avais même manifesté pour la régularisation des sans-papiers et de celui à la Licra où j’avais écouté pendant quelques années la messe officielle sans oser protester, consciente que les discours « de gauche », qu’ils soient socialiste ou droitdel’hommiste, avaient quelque chose de choquant mais je n’osais pas me l’avouer et encore moins l’avouer à d’autres, engluée que j’étais dans la bien pensance, dans le lavage de cerveau orchestré sous Mitterrand pour de simples raisons électorales !

Ce n’est qu’en rentrant du collège où j’enseignais et où j’avais passé la journée que j’ai appris, dans la voiture, à 17h, à la radio, ce qui s’était passé. Sur le moment, je n’ai pas vraiment réalisé, je ne savais pas ce qu’étaient les twin towers dont on ne cessait de parler, et deux de mes vieux réflexes me poussaient à prendre de la distance et à ne pas crier avec les loups. D’abord ma méfiance vis-à-vis des medias qui montent toujours en épingle le moindre fait-divers pour mieux nous cacher l’essentiel, ensuite celle concernant l’Amérique et le rôle de gendarme du monde qu’elle voulait se donner depuis des décennies, n’hésitant ni à assassiner, ni à mettre en place des dictatures à l’étranger quand les décideurs estimaient que leurs intérêts étaient menacés. Kennedy et Allende, entre mille autres, en avaient payé le prix, pour ne pas parler des Afghanes recouvertes de la burka grâce aux Talibans aidés par les USA… jusqu’à l’assassinat du Commandant Massoud le 9 septembre et l’attentat du World Trade Center le 11. Hasard ?

Alors, méfiance, maître mot, mais, quand même, je suis secouée. Je me revois, assise sur mon lit, en train de raconter ce que j’avais entendu à la radio à mon mari qui n’était pas au courant non plus, et je ressens cette inquiétude, le sentiment que, même si les media s en rajoutaient, même si les Etats-Unis avaient semé la graine du terrorisme et nourri en leur sein la vipère qui venait de les mordre à mort, il se passait quelque chose d’énorme qui dépassait les Etats-Unis.

Je me revois encore deux heures plus tard, invitée chez des amis, regarder avec eux, à la télévision, les images hallucinantes de deux avions traversant deux gratte-ciel.
Sentiment d’irréalité et d’horreur absolue.

Des hommes étaient-ils donc capables de faire ça ? Des hommes pouvaient mépriser, que dis-je, haïr la vie, haïr les hommes, haïr tout ce qui, depuis le début de l’humanité, avait poussé l’homme à sortir de la bête, à inventer des outils, des œuvres d’art, des maisons ou des cimetières : la révolte contre la mort, la lutte perpétuelle pour prolonger la vie et la rendre plus belle, plus douce. La recherche du bonheur, tout simplement, ici et maintenant. Le ciel m’est vraiment tombé sur la tête ce jour-là.

C’est ce jour-là que j’ai vraiment compris le vieux proverbe latin « homo homini lupus  » « l’homme est un loup pour l’homme » et que, la rage au ventre, j’ai décidé qu’il n’y avait rien à expliquer, rien à justifier, que rien, jamais, ne pourrait et ne saurait me faire accepter les attentats terroristes, que ce soit ceux des Palestiniens, des Islamistes, d’Action Directe ou de la Fraction Armée Rouge.

J’ai aussi compris ce jour-là que nous allions faire un bond en arrière de plusieurs siècles, nous les Occidentaux qui avions rompu en visière avec l’Inquisition, les bûchers, la torture, l’extermination des Incas, les autodafés ou les Saint-Barthélémy en puissance.

Des barbares, se prétendant détenteurs d’une vérité divine, croyant en un Paradis constitué de 70 vierges ( quelle vision étriquée du bonheur et de l’être humain… ) piétinaient nos valeurs, nos croyances, étaient prêts à assassiner nos enfants au nom d’un prétendu Dieu d’amour et de justice et nous étions des rois nus face à eux.

La guerre était déclarée. Elle serait sans merci. Et à nos côtés il y aurait tous ces musulmans qui vivaient paisiblement en Occident et qui goûtaient notre mode de vie, heureux de ne pas avoir à respecter la charia. Je pensais qu’ils se lèveraient comme un seul homme, et qu’ils enverraient promener les barbus qui vérifiaient leurs poubelles ou qui leur demanderaient de voiler leurs femmes.

J’étais encore naïve, à l’époque. Je ne savais pas que le poids de l’oumma, la communauté musulmane, est si fort que le regard du voisin est plus important que ses propres idées ou envies et que le silence du plus grand nombre permettrait aux islamistes de chercher à imposer la charia, la loi de Dieu, contre nos lois, contre leurs coreligionnaires, afin de restaurer le Califat, disparu en 1924.

Dix ans après, nous sommes encore une minorité à le savoir, à l’avoir compris, à être prêts.

Christine Tasin

http://christinetasin.over-blog.fr/

 

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