Le chat et les lapins

Publié le 10 septembre 2017 - par - 15 commentaires - 1 772 vues
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Cette année, au programme du bac, c’est le thème (ou objet d’étude) de la question de l’homme qui a échu aux candidats du baccalauréat de français. En Polynésie française, parmi les trois textes du corpus, corpus, on trouvait une fable de Fénelon tout à fait édifiante. En substance la voici.

Un chat avec de terribles griffes – bien visibles – entre un jour dans une garenne qui fourmille de gentils lapins organisés en une république représentée par d’aimables députés. Il fait le guet devant le terrier, on devine avec quelle intention. Les députés, d’une courtoisie parfaite, vont s’enquérir poliment de ce qu’il veut. Patelin et courtois, le chat répond qu’il est un philosophe végétalien épris de sagesse et de nourriture bio et qu’il se promène dans le monde pour étudier avec application les mœurs des nations… Les députés vont expliquer ça à leurs frères… Un vieux lapin rusé à qui on ne la fait pas met en garde. Las… Et nos petits lapins d’aller saluer gentiment le grave philosophe voyageur. Il en chope six d’un coup. Les autres rentrent dans le terrier, quand même un peu penauds… Le chat revient, la bouche en cœur, « il ne l’a pas fait exprès, c’était une erreur, il veut nouer une alliance éternelle ». Plein de bonne volonté, on négocie. Un petit malin qui court plus vite que les autres, à tous les niveaux, sort par derrière, et file avertir un berger voisin qui aime le lapin à la moutarde et que ça agace qu’on lui extermine son menu préféré. Il prend son arc et tel Ulysse débarquant sur son île, il te débarrasse en un tour de flèche la garenne jolie du philosophe adepte de métempsychose et de sagesse spéculative. Le chat expire dans la lucidité ce qui garantit à la fable une morale peu subtile et à vocation universelle qui n’a guère d’intérêt. Croirait-on que la morale de l’histoire portât sur la crédulité humaine, allégorisée par la garenne et ses lapins crédules ? La sagesse de la fable est une affaire de politique, pas de morale kantienne. Et la censure joue autant pour Fénelon que pour Jean de la Fontaine.

Le chat menteur aux terribles griffes, c’est l’islam qui nous berce de belles paroles sur son côté « religion de paix » mais nous enquiquine de l’autre avec son régime bio-halal et son mois de ramdam parties… Les députés, ce sont nos bavards éperdus de réalisme récitant leur partition devant une presse affolée de la défense des droits de l’homme, de la femme, du citoyen, des enfants, – mais pas de l’embryon – des baleines, des souris, du droit d’avoir ses menus préférentiels à la cantine, et j’ai oublié l’interminable liste des droits particularisés. Les lapins de la République, on l’a compris, c’est nous : tous frères…

Le pape François aurait incarné joliment le vieux docteur rusé, mais il a choisi le rôle de composition : celui de député naïf, plus crédule encore que toute l’Assemblée réunie. Il invite à ouvrir grand le terrier pour accueillir tous les chatons qui traversent la Méditerranée, et sans doute pense t-il ainsi réconcilier le spirituel et le temporel. Hélas, les lois du politique et les lois du religieux diffèrent. Surtout quand le principe de la « Loi » diffère profondément selon qu’on se trouve dans l’héritage musulman – celui de la charia – et celui de l’héritage chrétien – celui de la longue tradition de la loi naturelle, du contrat social et de la question de la source du droit, déracinée de toute source transcendante. Selon toute apparence, la charia et les lois anthropologiques nouvelles ne sont guère compatibles.

La fable a ses limites comme toute analogie. Inutile d’espérer le salut d’un quelconque berger, vînt-il de Chine ou de la sainte Russie.
Inutile de préciser non plus que le premier enseignant qui oserait proposer cette transposition hardie se mettrait en grave danger. Un quadruple danger. Le plus immédiat, les élèves musulmans dans sa classe. Puis, son administration. Les plus féroces. Le troisième, la presse. Je préfère ne pas parler du quatrième : ses collègues. N’empêche, la puissance argumentative de la fable est peut-être là où l’Education nationale prétend la laisser dormir.

Mais alors, seraient en droit de demander nos élèves : Fénelon serait-il un homme de droite ?

Laure Fornes
Professeur de lettres

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Bouh.
Notre président l’a déclaré, il n’aime pas les fénelons les cyniques ni les extrèmes.

Fénelon et sa Fable ou Molière et son Tartuffe ?

Fénelon tout comme Bossuet aurait été d’extrême-droite s’ils avaient vécu au XX° siècle.

« Nourriture bio » à l’époque de Fénelon ?

La nourriture bio est qualifiée ainsi en opposition à la nourriture cultivée à l’aide d’engrais chimiques et de pesticides de synthèse.

Donc la notion de « nourriture bio » était inexistante à l’époque de Fénelon.

Cette fable est pure invention… mais l’histoire est sympathique.

Un Chat, qui faisait le modeste, était entré dans une garenne peuplée de Lapins. Aussitôt toute la république alarmée ne songea qu’à s’enfoncer dans ses trous. Comme le nouveau venu était au guet auprès d’un terrier, les députés de la nation lapine, qui avaient vu ses terribles griffes, comparurent dans l’endroit le plus étroit de l’entrée du terrier, pour lui demander ce qu’il prétendait. Il protesta d’une voix douce qu’il voulait seulement étudier les mœurs de la nation ; qu’en qualité de philosophe, il allait dans tous les pays pour s’informer des coutumes de chaque espèce d’animaux. Les députés, simples… lire la suite
Quand je disais que cette fable était pure invention, je ne niais évidemment pas l’existence de l’original (tous ceux qui ont fait assez de philo pour lire Bossuet et Fénelon connaissent les fables de Fénelon), je le disais en parlant de la version « adaptée » par notre amie Laure. Et quand j’employais le terme « pure invention » ce n’était pas non plus dans le sens de création ex nihilo de l’imagination de Laure mais dans le sens qu’elle prend aujourd’hui à la vue des événements actuels, un sens nouveau. On fait la même chose avec les fables de La Fontaine, celles d’Esope,… lire la suite

fénelon serait qualifié d’extrême droite et le procureur machin truc (je refuse de lui faire l’honneur de le citer) l’inculperait au nom des droits de l’homme de tuer, d’égorger, de bomber les autres!

1789 achevait un millénaire de terreur blanche imposée par la royauté de « droit divin ». Puis il y a eu la contre révolution communautariste de 68 qui a instauré la terreur arc-en-ciel, dictature de la pensée qui prépare la terreur verte au croissant. Pour protéger les communautarismes tueurs de Liberté, leurs outrances publiques de rituels et de “fiertés” anti-laïcs, des lois scélérates d’interdits ont été votées. Pleven, gayssot, évin, Perben, taubira, hautes autorités, délégations, commissions, parquets d’exception… décidés par les princes-présidents ont instauré la censure générale. Tout ce qui porterait atteinte aux communautarismes ethniques, religieux et comportementaux est interdit. Jusqu’à interdire… lire la suite

Bravo Madame Fornes, vous prouvez que la France possède encore des Prof. de Lettres courageux, intelligents, lucides, pragmatiques … tout le contraire de la majorité de nos députés, sénateurs et autres journalistes aveuglés par le morbide politiquement correct.

relire Gargantua et le rôle de Frère Jean des Entamures qui à coups de bâton chasse les assiégeants de l’abbaye de Thélème pdt que ses frères prient !…no comment !

C’est la fable de l’islam compatible avec la République.

Les muzzs ont le droit de mentir autant que nos politiciens le font … Donc a qui croire en fin de compte ?…. Moi pense qu’ils savent tous de quoi il s’agit et qu’ils sont tous complices a faire l’oreille dure !… Ils ne sont pas du tout ignorant, ca serait croire qu’ils sont plus cons dans le sens qu’ils sont ignares … Ils sont loins de l’être et c’est bien cela ou est le danger permanent …. Et les petits qui aimeraient s’en mêler sans support seront éliminés d’une façon ou d’une autre…. L’urgence n’est en place que pour… lire la suite

Je ne suis pas d’accord,les chats ne méritent pas cette allégorie,ils sont bien plus importants,et sont bien plus utiles que toute cette pourriture musulmane.

Pauvres chats déguisés en musulmans. Les musulmans sont des sous-hommes obéissant au coran. Les chats sont des animaux sans maître, quoi qu’on en pense.

Oui. Le chat est l’antithèse de la soumission. Le chat n’appartient à personne, va et vient où il veut, mange ce qu’il veut quand il veut où il veut. Il n’a pas d’attache mutuelle avec qui que ce soit et ne reste auprès d’un maître ou d’une maîtresse que parce qu’il s’y sent bien et trouve de la chaleur et le sentiment d’être choyé. Mais s’il décide de quitter le « foyer » pendant des jours voire des semaines il le fait sans état d’âme. Le chat est l’image même de la plus totale liberté et de l’absence de soumission à quelque… lire la suite
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