Le dhimmitude de Mgr Barbarin ou de Christine Boutin révolte la catholique que je suis

Publié le 21 mars 2011 - par - 1 454 vues
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Lille, bastion de Martine Aubry. Lille, où une piscine municipale au personnel exclusivement féminin interdit son accès aux hommes, Lille qui a désormais tout l’appareil associatif et le potentiel démographique pour devenir un cheval de Troie vert, un bastion pour l’islam, une place-forte au sein de notre pays, contre notre pays….On pourrait donc en douter légitimement, mais, oui, il reste encore des catholiques à Lille. Et ces catholiques, non contents d’être en danger de par leur foi et de risquer de se faire fouetter, en place publique dans quelques années, ont décidé de faire du zèle et de baisser un peu plus leur culotte.

Préparant les JMJ, censées renforcer leurs convictions et leur communion avec les catholiques du monde entier, ils ont commis un lipdub. Clip de promo chantant, réalisé en playback, le lipudub est du dernier chic, comme nous l’ont brillamment démontré les jeunes de l’UMP il y a des mois de cela. Dans ce numéro de grand guignol pondu par les jeunes « catholiques » de l’aumônerie étudiante de Lille, on voit donc de braves andouilles pleines d’enthousiasme frétiller du derrière, lever les bras, gigoter de la tong, sautiller, faire les guignols dans une église, et tout cela au son de ce qu’on hésite à appeler un psaume.

Non contents de ridiculiser les catholiques, non contents de jeter aux orties des siècles d’un art chrétien puissant et admirable, non contents de rendre le message de l’Eglise à peu près aussi crédible et pertinent qu’un clip de Lorie ou d’Alizée, non contents de réussir, en quelques minutes, à rendre n’importe quel indifférent absolument et définitivement anticatholique et anticlérical, ces jeunes soufflent gaiement sur les braises de l’islamisation, en rendant plus convaincante que jamais l’image d’une jeunesse française immature, ignorante de son passé, inconsciente quant à son présent, et totalement irresponsable pour ce qui est de son avenir.

On m’a reproché de dramatiser les choses. On m’a même dit que ce qui faisait le plus tort aux catholiques, c’était précisément ce type de critiques internes, de querelles de chapelles, et, comble de l’ironie, on m’a même conseillé de prendre exemple sur les musulmans, « qui font bloc, EUX ».

Hélas pour les doux rêveurs lillois, je me sens en effet plus proche d’un non-croyant intelligent et responsable, que d’un crétin ignorant appartenant à l’Eglise. Et j’estime avoir le devoir, en tant que catholique, de dénoncer vigoureusement tout ce qui salit et affadit l’image du christianisme, et tous ceux qui, dans la « communauté » catholique refusent de voir les dangers qui nous guettent en tant, entre autres, que catholiques : cela concerne aussi bien les évêques qui plient le genou devant l’islam, que les laïcs qui s’extasient sur le renouveau du sentiment religieux en France, refusant de comprendre que la multiplication des voiles n’a absolument rien à voir avec l’approfondissement d’une quelconque « spiritualité » intérieure.

Faut-il que ces jeunes soient naïfs, faut-il qu’ils connaissent mal l’histoire, faut-ils qu’ils aient les yeux et les oreilles bouchés pour ne pas voir la dramatique, l’inquiétante évolution de la ville dans laquelle ils vivent ? Et peut-on encore leur en vouloir, quand on constate qu’au sein même de la hiérarchie catholique, des personnes théoriquement responsables les mènent gaiement à l’abattoir ?

Ainsi Mgr Barbarin, primat des Gaules, a récemment déclaré qu’il ne voyait aucun inconvénient à réciter la chahâda au chevet d’un mourant musulman. On peine à y croire, on se frotte les yeux, on vérifie dix fois ses sources, mais on en revient au même constat accablant : l’évêque de Lyon a dépassé le stade de la dhimmitude, il en est aujourd’hui réduit à jouer les imams de remplacement, à trouver cela très bien, et à s’en vanter dans la presse. Désormais en plein Carême, on hésite à se ruer sur une bouteille de whisky pour y noyer sa consternation, juste au moment où on découvre que la réjouissante Christine Boutin a pour projet de demander la mise à disposition des salles paroissiales vides aux musulmans priant dans la rue…

Il n’y a eu, à ma connaissance, aucun rappel à l’ordre du Saint-Siège, à l’heure même où des chrétiens se font tuer ça et là, un peu partout dans le monde. On peut encore pardonner cette omission au Saint-Siège, qui a beaucoup à faire avec certains évêques français qui semblent oublier qu’ils sont évêques, et accessoirement, détenteurs d’un bon sens qu’ils ne semblent pas impatients de mettre à profit.

Il semblerait que les nombreuses mises en garde de prêtres connaissant bien l’islam, que les milliers de chrétiens qui se présentent devant Saint Pierre, attentats islamistes oblige, un peu plus tôt que prévu, que le quotidien de Français agressés dans leur chair et dans leur culture par un islam conquérant, n’alertent pas plus que cela des évêques qui ont oublié qu’être d’Eglise les obligeait à faire preuve de courage et de clairvoyance. La catholique que je suis se prépare donc déjà avec accablement à l’habituelle gymnastique que pratiquent la majorité des évêques dès qu’une élection présidentielle pointe le bout de son nez. Nul doute que nous aurons bientôt droit à une farce écoeurante, où le chœur des vierges effarouchées se livrera, dans La Croix ou Pèlerin magazine, à une interprétation tellement échevelée et scandaleuse de l’Evangile, que les catholiques en viendront à croire que voter Marine Le Pen revient à crucifier Jésus une fois de plus.

Etre catholique n’implique nullement le fait d’être solidaire de sa « communauté » si quelques pasteurs de ladite « communauté » se vautrent dans la mauvaise foi et la lâcheté. C’est bien parce que je suis un être humain français et catholique que je tiens, très égoïstement, à conserver à la fois ma peau, mon identité et ma foi. Si donc les Cauchon du XXIème siècle décident de nous mettre en danger, par leurs propos irresponsables, dans les mois à venir, je me sentirai tout à fait dans le droit non seulement de ne pas suivre leurs conseils, mais de leur désobéir le plus sereinement du monde.

Beaucoup ont cru, ces trente dernières années, que les laïcs se cantonneraient à l’ « animation » des messes, à la cuisson de petits gâteaux et au paiement du denier du culte, tandis que le monde que nous connaissions et aimons s’effondrait autour de nous. Ils ont poussé le vice jusqu’à copier nos pitoyables politiques dans des trahisons toujours plus inacceptables. L’Education Nationale détruisait le bagage culturel et intellectuel de millions d’enfants : les évêques, eux, dénaturaient allègrement la liturgie et les sacrements pour mieux faire oublier aux catholiques qui ils étaient et à quoi ils appartenaient. Et comme cette trahison faisait fuir les fidèles écoeurés, ils les ont condamnés, comme l’UMPS excommunie aujourd’hui les millions de Français qui se détournent d’eux pour prendre enfin leur destin en main.

Comme ces millions de Français, je n’attendrai pas d’être voilée de force pour me défendre contre ceux qui voudraient me faire dire qu’Allah est grand et que Mahomet etc etc etc. C’est mon droit le plus strict, comme être humain, comme Française, comme catholique.

Shahbaz Bati est mort, nous laissant, avec des milliers d’autres, le devoir de défendre ce pour quoi il a été assassiné : la défense de la liberté et d’une vérité qui nous rend libres. Cela implique bien autre chose que de pleurnicher – ou de s’extasier – sur le martyre de ce ministre, dans la presse et en chaire. Que Mgr Barbarin ne l’oublie pas. Car les catholiques, eux, ne sont pas prêts de l’oublier.

Antigone

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