Le maire de Sevran pleurniche pour que l’Etat finance sa politique démagogique irresponsable

Saint Vincent de Paul est de retour mes enfants ! Halléluiah !!

« Mea culpa » ; « oui, c’est moi qui me suis battu pour débloquer les 50% de subventions initiales de l’ANRU pour les équipements des villes les plus pauvres » ; « je vous ai heurté, pardonnez-moi. J’ai l’énergie et la rudesse du désespoir. Le désespoir de voir à quel point la voix des villes les plus pauvres n’est pas entendue » ; « tout cela, je suis allé le chercher avec les dents, au nom de Sevran et des villes pauvres. ». C’est par ces mots de contrition implorant un pardon quasi christique, que Stéphane Gatignon, maire de Sevran réitère en boucle sa demande d’argent pour pallier les dépenses de sa ville, n’hésitant pas pour ce faire à cesser de s’alimenter et à jouer au SDF dans sa Quechua toute neuve. Fort heureusement, des âmes sensibles à sa détresse sont venues le soutenir moralement : Manuel Valls, Elisabeth Guigou, Cécile Duflot, Claude Bartolone.

C’est devant l’Assemblée Nationale qu’il a choisi de jeter la célèbre tente, dont au passage il pourrait tirer bénéfice par la publicité faite au fabricant, ce serait toujours ça de gagné.

Réalisée avec trucage

M. Gatignon réclame une subvention de 5 millions d’euros pour financer ses projets et restructurer la ville, rappelant le rajeunissement de la population et son besoin de toujours plus d’écoles.

C’est qu’à voir Sevran aujourd’hui, on en oublierait son origine mérovingienne, les anciennes cultures céréalières et viticoles dont elle pouvait se targuer il y a de cela quelques siècles. C’est de nos jours une cité de 51 000 habitants à la démographie exponentielle, puisque 30% de ses habitants ont moins de 20 ans, et où cohabitent pas moins de 76 nationalités différentes.

En novembre 2011, le maire déplorait la crise de civilisation d’une société en rupture, la crainte du repli nationaliste, il appelait de ses vœux une rupture avec les stratégies sécuritaires et le maintien de l’ordre jugés insuffisamment permissifs. Un mois plus tard, il s’affligeait de ce que sa candidature pour la construction à Sevran d’un grand stade de rugby (une priorité sans doute) n’avait pas été retenue, dénonçant l’incompréhension de ceux qui n’avaient pas su voir dans ce projet toute la lutte menée contre la ghettoïsation des populations…

C’est sans doute dans un souci d’intégrer ces populations à leur pays d’accueil que la mairie a organisé pour le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie une fête avec  un orchestre symphonique aux sonorités orientales, suivie dès le lendemain d’une seconde fête accueillant 400 invités venus danser sur la musique de l’Orchestre National de Barbès !

Le Ministre Délégué Chargé de la Ville, François Lamy a rappelé au maire que « Sevran va toucher plus de deux millions d’euros entre la dotation de solidarité urbaine (DOS) et le fonds de solidarité régional » en 2013, faisant une allusion à peine voilée à sa gestion discutable.

La ministre de la Réforme de l’Etat, Marylise Lebranchu, a quant à elle vertement remis à sa place le jeûneur, lui rappelant que Sevran faisait partie des communes qui encaissaient le plus d’argent de la DSU (Dotation de Solidarité Urbaine), proportionnellement à sa population, avec un versement de 8,2 millions d’euros. « Rapporté à sa population, ce montant place la ville de Sevran au 3ème rang des communes de plus de 50 000 habitants bénéficiaires de cette redistribution ». « Par ailleurs, cette commune percevra, en 2013, 4,9 millions d’euros au titre du Fonds de solidarité des communes de la région Ile-de-France, soit une progression de plus de 12 % par rapport à 2012. Au total, la ville de Sevran bénéficiera, en 2013, de plus de 14 millions de dotations de péréquation ».

Elevé au biberon communiste et maire de Sevran depuis 2001, Stéphane Gateron, qui a officié d’abord sous la bannière du PC avant de se rallier à EELV au moment des élections régionales en 2010, pleure pour avoir de l’argent, plus d’argent. Mais qu’a-t-il fait des subventions conséquentes déjà versées ?  Que fait-il pour endiguer la pauvreté croissante des habitants ? Que ne met-il un frein à l’afflux de nouvelles populations précarisant encore plus la ville, nécessitant toujours plus de moyens pour encore moins de bénéfices !

Son unique leitmotiv est sa hargne contre ces salauds de riches accusés de posséder l’argent qu’ils ont gagné, sans que cela ne l’empêche de réclamer sans état d’âme l’argent de ces mêmes riches, au nom de l’équité et la solidarité bien sûr. L’argent c’est sale sauf si on lui donne à lui. Qu’il soit seul responsable de la gestion calamiteuse de sa ville ne l’effleure pas, que les subventions lui pleuvent régulièrement dans l’escarcelle de la part de citoyens qui ne peuvent pas toujours eux-mêmes se payer des vacances, pas davantage. C’est son dû, c’est son droit, aux autres les devoirs…

La Convention ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) concernant le seul quartier de Montceleux évoquait en 2010 « la montée d’un sentiment général d’insécurité » avec pour conséquence une forte baisse de fréquentation d’un parc arboré jugé trop dangereux. Y étaient déplorés également l’insalubrité du lieu avec des tas d’immondices abandonnés et des jets d’ordures du haut des tours par des populations inéduquées, et ce que l’on appelle aujourd’hui pudiquement des « incivilités » de la part de la population locale, des faits de délinquance en réalité.

Les propriétaires de Sevran voient actuellement leur bien fortement dévalué. En 2004 un diagnostic social avait mis en évidence une politique de peuplement calamiteuse avec pour conséquence un délitement de l’habitat social, sans que ce naufrage démographique ne soit pour autant stoppé.

Cette convention ANRU nous apporte des précisions sur la dégradation des conditions de vie dans ce quartier :

« Depuis le début de l’année 2009, les tensions sur le quartier semblent s’aggraver et se cristalliser autour de quelques points :

− Rodéos de deux-roues motorisés et voitures sur les espaces publics, dégradation des barrières pompiers et autre mobilier entravant les circulations,

− Appropriation exclusive de l’espace public et des halls d’immeuble par des groupes : climat d’intimidation, surveillance, etc…

− Intrusions, pressions et intimidations exercées sur les résidents du foyer des glycines et les personnes âgées du quartier,

− Échanges de tirs à balle réelle au milieu des résidences, dans l’espace public,

− Détournement et vol de livraisons (camions dévalisés),

− Actes de vandalisme, incendies volontaires, vols ou dégradations de véhicule dans les parkings,

− Nécessité de mettre en place un dispositif de sécurité pour le bon déroulement des chantiers. »

Le journal internet de Sevran précise en outre que les enseignants sont « souvent insultés, agressés , tabassés » .

Interrogé par le Bondyblog sur l’éventualité de ne pas obtenir les 5 millions demandés, Stéphane Gatignon a rétorqué que dans ce cas les entreprises ayant commencé les travaux de rénovation ne seraient tout simplement pas payées, précisant que ces entreprises qui sont pour la plupart des PME risquaient de mettre la clé sous la porte ! Ainsi, M. Gatignon fait démarrer des chantiers sans avoir l’argent pour cela, engage des entreprises aux épaules fragiles en sachant qu’elles ne seront probablement pas rémunérées, et a le culot d’en rejeter la faute sur l’Etat !!

Les choses sont très binaires pour lui : si sa ville va mal, ce n’est pas du tout de son fait, c’est uniquement de la faute des riches et de l’Etat. Bon sang mais c’est bien sûr !

 

Ce monsieur s’était déjà distingué lorsqu’il avait réclamé la dépénalisation du cannabis pour lutter contre les trafics de drogue… un argument aussi délirant que de demander la dépénalisation du vol pour juguler le nombre de cambriolages ! Et quel exemple pour les jeunes !

En juin 2011, à la suite d’une série de violences liées à des règlements de compte dans un quartier populaire de Sevran où des tirs avaient fait un blessé près d’une école, Stéphane Gatignon s’était attiré les foudres de tous en réclamant l’intervention des Casques Bleus pour « rétablir la paix » à Sevran. C’est suite à cette déclaration qu’un graffeur de la ville lui avait demandé par le biais d’un affichage sauvage : « Monsieur le maire, faut-il que les Sevranais qui agissent de manière positive prennent eux aussi les armes pour qu’enfin vous les mettiez en avant ? ». C’est sans doute pour calmer la colère des guerriers qu’il proposa à « l’artiste » de repeindre la mairie avec une représentation très personnelle de notre pauvre Marianne.

Soucieux de bien lécher les baskets de la jeunesse sevranaise et d’acheter sa propre tranquillité, il n’avait pas hésité à en rajouter une couche en se félicitant de la nouvelle expression artistique et culturelle chargée de remplacer avantageusement l’art officiel trop éculé à ses yeux.

 

Le site de la ville, décidément désireuse d’anéantir dans l’œuf toute potentialité d’aimer la France,  nous montre des élèves visitant la Cité Nationale de l’Immigration à Paris dont je vous laisse découvrir l’intention ci-dessous :  

Dernière précision pour mettre fin à une légende urbaine voulant que la Seine-St-Denis soit un département pauvre. Le numéro de Valeurs Actuelles de mars dernier (1) nous dit ceci : « D’après l’Insee, la Seine-Saint-Denis est le quinzième département le plus riche de France – compte non tenu, par définition, de l’économie souterraine qui l’irrigue. En y ajoutant les milliards de la drogue, le “9-3” est sans doute en réalité parmi les cinq départements les plus riches de France ». Les départements les plus pauvres étant l’Ariège, le Cantal et la Creuse. […] « 85 % des ménages pauvres ne vivent pas dans les quartiers sensibles ».

Et c’est pourtant bien en Seine-Saint-Denis qu’on saccage, qu’on proteste, qu’on réclame, qu’on brûle les voitures, qu’on agresse…

De quoi clouer le bec une bonne fois pour toutes à ceux qui n’ont de cesse d’évoquer les difficultés financières de ce département pour justifier les faits de délinquance et d’incivisme de nombre de ses habitants. A bon entendeur…

Caroline Alamachère

(1) http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/en-finir-avec-faux-diagnostics20120328.html


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