Le mariage homosexuel serait une aubaine pour l’islam

Ce n’est pas pour des raisons religieuses que je suis contre le mariage homosexuel. En effet l’Eglise s’est beaucoup trop souvent ridiculisée par une morale étroite, un contrôle psycho-rigide de la sexualité des fidèles, et une mauvaise estimation de la faute sexuelle, lui donnant une importance démesurée, alors que selon moi les fautes d’égoïsme par exemple sont bien plus graves. Non, c’est pour des raisons juridiques que je suis contre. Les tenants du mariage homosexuel se trompent sur l’égalité et sur leurs soi-disant droits, dont leur pseudo droit à l’enfant, et leur droit à la différence  ressemble plutôt à  une  similitude appauvrissante.

L’égalité tout d’abord : elle n’a rien à faire dans ce débat.  Comment s’évalue l’égalité au sein d’une société ? Au niveau de l’individu bien sûr, pas au niveau du couple comme le prétendent les homosexuels. Or les personnes homosexuelles ont exactement les mêmes droits que les personnes hétérosexuelles, ni plus ni moins. On a prétendu que ce n’était pas le cas du point de vue du mariage. Mais les homosexuels ont comme les hétérosexuels le droit de se marier…avec une personne de l’autre sexe, comme les hétérosexuels. Nous sommes donc tous égaux devant le mariage, quoi que les homosexuels en disent.

L’égalité est la manière égale d’envisager des situations égales et, parce qu’elles le sont,  de les traiter également, et on doit traiter différemment des situations différentes. L’égalité ne peut concerner que des situations semblables. Or la situation des homosexuels n’est pas la même que celle des hétérosexuels. En effet le premiers sont stériles, alors que les seconds peuvent avoir des enfants et, surtout de nos jours, ne se marient souvent que pour donner un statut à l’enfant. On ne peut donc pas  traiter également homosexuels et hétérosexuels. L’égalité n’est donc pas le sujet. On voit bien aussi que si les homosexuels hommes et femmes obtiennent le droit de se marier avec une personne du même sexe, les lesbiennes seront encore favorisées par rapport aux homosexuels du point de vue de la procréation, car elles ont la possibilité de l’insémination. Les homosexuels se prétendront-ils alors discriminés par rapport aux lesbiennes ? On voit bien que la discrimination a bon dos.

Le droit : d’abord,  le mariage est-il un droit ? N’est-il pas plutôt un devoir du citoyen envers sa famille, envers la société ? Existe-t-il un droit au mariage ? Non, on peut simplement se marier lorsque les conditions exigées sont réunies. Et l’une de ces conditions est la différence de sexe.

La possibilité de se marier avec une personne de même sexe demande la création d’un droit nouveau. Ce n’est même pas une reconnaissance (mot qu’ils utilisent), car une reconnaissance de droit implique que ce droit ait déjà été connu, ou approché. Encore faut-il que cette création soit acceptable juridiquement. On ne  peut créer un droit que si ce droit est d’intérêt général. Force nous est de constater que la création d’un droit de se marier pour les homosexuels avec quelqu’un du même sexe relève de l’intérêt privé, non de l’intérêt général. Quel intérêt a la société à ce que les homosexuels se marient ?…Aucun. Si l’intérêt était général, on n’aurait pas attendu aussi longtemps depuis l’Antiquité pour le reconnaître. Même les Grecs, qui avaient un net penchant homosexuel, n’ont jamais cherché à pouvoir se marier avec leurs éphèbes.

On ne peut pas non plus créer une nouvelle classe d’ayant droits, qui serait la classe des homosexuels. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, reprise par le préambule de la constitution de 1946 auquel notre constitution de 1958 se réfère, dispose  en son article 1 : « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Or il n’y a ni intérêt général ni utilité commune à reconnaître une quelconque « classe homosexuelle » de même qu’une classe hétérosexuelle semble de l’ordre de la fiction. On ne reconnaît dans notre droit et notre constitution que des citoyens, pas des pratiques sexuelles. Seul le sexe importe dans le mariage, et non la sexualité, car le sexe est une distinction anthropologique qui permet de distinguer l’homme et la femme, en vue du mariage entre autres.

D’ailleurs il faut distinguer les droits de l’homme qui sont la liberté, la propriété, la sûreté, des droits du citoyen, qui sont liés à la cité et donc politiques, et noter que les droits de l’homme n’ont pas forcément le caractère de libertés publiques. Mais les droits de l’homme et ceux  du citoyen ont en commun l’idée que la conservation des droits naturels est l’objet de toute association politique.  Mais le mariage homosexuel est-il un droit naturel ? On est bien obligé de constater que non. Le mariage a toujours été pensé comme un accouplement de l’homme et de la femme en vue de la création d’une famille, conservation et prolongement de la société. Or nous sommes bien obligés de constater que les homosexuels ne peuvent pas s’accoupler en vue de la création d’une famille, ni aussi complètement et naturellement qu’un homme et une femme. Le droit actuel prend naturellement acte de ce fait naturel.

Une autre remarque est celle concernant les institutions. Le mariage en est une, en ce sens qu’il permet la pérennité de la société. Le mariage est l’union d’un homme et d’une femme en vue de fonder une famille, il unit la différence.  Certains estiment maintenant que le mariage est non plus une institution mais un contrat. Les contrats ont une loi qui est la volonté des personnes qui les ont souscrits, mais ils répondent en même temps à d’autres normes légales, qui sont par exemple la validité, le consentement, ou l’absence d’erreur. On ne fait pas tout à fait ce qu’on veut dans un contrat. Contrats ou institutions ne peuvent être dénaturés sans nuire à la société toute entière. C’est pourquoi quand certains disent que le mariage homosexuel ne nuira à personne, ils se trompent. C’est  toute la société qui en sera perturbée. Il faudra de plus modifier le code civil, le dictionnaire, etc.  La notion classique de mariage va disparaître et la famille va en être atteinte. Les hétérosexuels voudront-ils encore se marier ?… Certains parlent déjà de refuser le mariage civil. Ce qui n’est pas un bonne solution.

A une époque où, je l’ai déjà dit, seuls les curés et les homosexuels veulent encore se marier, est-ce bien nécessaire de modifier le mariage ?… D’autant plus qu’il n’est même pas certain que les homosexuels veuillent se marier. Ils veulent le mariage tout en le cassant. Ils le critiquent en tant qu’institution petite bourgeoise mais sont furieux d’en être exclus. Le Pacs a surtout été utilisé par des couples hétérosexuels. Alors pourquoi ce tintamarre ?

Il faut souligner que les homosexuels ont l’habitude de contorsions sémantiques : pourquoi parler de droit à la différence, alors que justement ce qu’ils revendiquent est de ne pas être différents dans le couple ?…En fait ils revendiquent à la fois la similitude par rapport aux hétéros (pouvoir se marier) et la différence (avec quelqu’un du même sexe, ce qui  gomme leur prétendu droit à la différence). Le beurre et l’argent du beurre plus la fermière et le troupeau.

Les homosexuels veulent adopter ?… Il faut leur rappeler que  le droit de l’enfant seul existe, et non le droit à l’enfant. Que l’adoption est souvent un leurre, peu d’enfants sont adoptables en France et l’étranger ferme de plus en plus ses portes (par peur de l’homoparentalité?) Quant aux mères porteuses,  le phénomène de la grossesse  avec tout son cortège de modifications naturelles du corps de la femme mais aussi de risques parfois graves pour sa santé, n’a pas à devenir l’objet de marchandages, ces modifications sont au dessus de tout salaire,  et le fruit de la grossesse c’est à dire l’enfant, n’a pas non plus à être mis sur le marché comme un kilo de courgettes, en oubliant les sentiments maternels de la mère porteuse.

Il faut aussi souligner que le mariage d’un homme et d’une femme importe pour la filiation. Car les généalogistes ne pourront jamais entériner deux pères ou deux mères  en tant que parents pour un individu. Ce serait en effet  un défi à l’histoire et un déni. La vérité est reine en matière de généalogie et l’enfant a droit à sa vérité. Imagine-t-on que les enfants nés sous X puissent maintenant accéder à leurs dossiers biologiques, et non des enfants qui auraient été adoptés par des homosexuels ? Ce serait une inégalité manifeste dont on voit mal que des homos, si amoureux de l’égalité,  puissent se rendre coupables…Sans parler du fait que les enfants ont pour représentation  psychologique de leurs parents un homme et une femme, et qu’il sera difficile d’aller contre cela sans dommages collatéraux.

En conclusion le mariage n’existe pas pour rien, il existe depuis des lustres et s’est imposé sans violence et sans aucune prise d’otages, il  a pour rôle de protéger le père,  la mère et l’enfant, de créer une famille, de perpétuer la société, et vouloir l’annihiler – car n’est-ce pas cela que visent en fait toutes ces revendications alambiquées et ignorantes du droit –  n’est-ce pas jouer au pompier pyromane ?

Enfin dernier point, et non des moindres : la lutte contre l’islamisation de notre pays passe  par la lutte non pas contre l’homosexualité, qui existe depuis toujours, mais contre le mariage homosexuel. En effet,  les musulmans auront beau jeu, si la loi passe, de nous traiter de dégénérés, ce qui est un de leurs arguments pour nous conquérir. Et puis, s’ils voient que nous changeons si facilement nos lois essentielles (et notre législation sur le mariage est une législation essentielle, qui structure la société) ils essaieront davantage de changer nos lois pour mettre la charia à la place. Plus simplement, notre civilisation peu à peu démolie par morceaux, laissera plus facilement la place à l’islam, suivant le principe qui estime que la nature a horreur du vide.

Aussi sympathiques et désireux de convoler avec musique, flons-flons  et dentelles que puissent nous paraître les homosexuels, devons-nous obligatoirement céder devant leur bon vouloir, que d’aucuns qualifient de caprice  ? Si grand soit notre souhait de leur faire plaisir, le droit et notre civilisation  ne le permettent pas.

Sophie Durand

 

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