Le nouveau président tchèque, Miloš Zeman, parle clairement du péril islamiste

Le 25 et 26 janvier se déroula en République Tchèque le deuxième tour des élections présidentielles. Le candidat élu fut Miloš Zeman.

Il naquit le 28 août 1944 à Kolín- sur- Elbe. Economiste de formation, il devint député en 1992 et président de l’Assemblée nationale en 1996. En 1998, il devint Premier ministre.

La station de télévision arabe El-Jazira a publié une information sur sa victoire. En même temps, elle a parlé de la répulsion profonde de Zeman à l’égard de l’islam et de terrorisme palestinien et elle a cité ses propos, d’après lesquels l’univers de l’islam est un univers de la haine.

Le chef des musulmans palestiniens en République Tchèque, Muhamed Kalid, se plaignait à El-Jazira que Zeman comparait Palestiniens aux Allemands de Sudètes et Yasser Arafat à Hitler. Cet épisode ce déroula lorsque Zeman  visita l’Israël en 2002. Il y a dit que l’Etat juif ne devrait pas être forcé à négocier avec les Palestiniens, de la même façon que les dirigeants occidentaux n’auraient pas dû négocier avec les nazis à la veille de la deuxième guerre mondiale.

A la question de savoir s’il comparait Yasser Arafat à Adolf Hitler, il répondit : »Bien sûr, quiconque supporte le terrorisme, considère le terrorisme comme un moyen légitime, utilise le terrorisme et cause la mort de personnes innocentes, est à mes yeux un terroriste. »

Zeman a alors suscité un tollé parmi les journalistes et les politiciens « bien-pensants » occidentaux. La République Tchèque attendait son admission en Union européenne. Le parte parole de la Commission européenne a alors dit :

 » Nous ne nous attendions pas à un tel langage de la part d’un futur Etat membre ».

 Zeman est aujourd’hui peut-être l’unique homme d’état européen qui désigne clairement islam comme une menace radicale pour l’Europe et pour Amérique. Il dit aussi que l’Amérique et l’Europe doivent s’unir avec la Russie contre l’islam.

Il aurait dit mot à mot : »L’ennemi est une anti-civilisation, s’étendant de l’Afrique du Nord jusqu’en Indonésie. A l’intérieur vivent deux milliards de gens, financés en partie par la vente du pétrole et en partie par la vente des drogues. »

Et « un musulman modéré, c’est une contradiction dans les termes, comme un nazi modéré. (…) Les musulmans peuvent se convertir, mais pour cela, ils sont menacés de mort. Cela n’est pas une religion de l’amour et de la tolérance, mais une religion de la haine. »   

Dès qu’il annonçait sa candidature aux actuelles élections présidentielle, Zeman dut affronter une campagne hostile, lancée contre lui par un comité.

Celui-ci fut composé de quelques groupes d’extrême gauche et des organisations musulmanes, notamment :

-la Fondation islamique à Prague,

-le club palestinien,

-l’association générale des étudiants musulmans en République Tchèque,

-l’union musulmane.

Ce comité réalisa une affiche, avec la photo d’un blessé et de ses compagnons, de type arabe, et une photo de Zeman, avec une colonne de fumée derrière lui. Une grande inscription NON – Est-ce ici ma patrie ? Miloš Zeman : » »Je suis un super faucon : bombardons Téhéran ».   

 L’on se souvient que le 29 novembre 2012 la République Tchèque fut le seul pays d’Europe à avoir voté contre le projet de résolution, par laquelle l’Autorité palestinienne fut admise à l’ONU comme un Etat.

D’autres pays, ayant voté contre, furent l’Israël, les Etats-Unis, le Canada, le Panama, la Micronésie, les îles Marshall, Palau et Nauru. 

L’Israël vota contre pour deux raisons. D’abord, parce qu’il considérait que tout changement du statut de l’Autorité palestinienne ne pouvait résulter que d’une négociation entre celle-ci et l’Etat juif. Et surtout, parce que la résolution entérinait les frontières de l’Etat non membre palestinien, suivant les lignes de démarcation, fixées à l’issue de la guerre de 1948-1949. Celles-ci faisaient suite à l’attaque contre l’Etat juif (crée conformément à la résolution de l’ONU du 29. 11.1947) par les Etats arabes. Ces lignes laissaient en dehors de l’Etat d’Israël des lieux aussi importants pour le peuple juif que le Mur occidental, l’ultime vestige du Temple de Jérusalem.

Le 29 Novembre 2012, certains Etats se sont au moins abstenus. Parmi les pays de l’Europe de l’Ouest, c’étaient (outre des micro-Etats) seulement l’Allemagne, la Grande Bretagne et les Pays-Bas.

En Europe de l’Est, se sont également abstenus quatre républiques anciennement soviétiques – l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Moldavie – et les anciennes « démocraties populaires » – la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Macédoine, la Croatie, la Slovénie, le Monténégro et même la Bosnie et l’Albanie.

Ces nations n’ont oublié ni l’engagement du Grand mufti de Jérusalem, Hadj Amine el – Husseini, aux côtés de Hitler, ni l’engagement de Yasser Arafat aux côtés de Brejnev. Elles ne souffrent d’aucun complexe de culpabilité à l’égard du Tiers monde. Elles n’ont jamais eu aucun empire colonial. Et lorsqu’elles faisaient partie du bloc soviétique, elles devaient armer et entrainer les militaires des régimes comme ceux d’Irak, de Lybie et de Syrie, qui ont ensuite commis d’horribles massacres.

Il reste à savoir pourquoi la République Tchèque est allée plus loin que les autres pays ex-communistes. Depuis le Haut Moyen – Age, la nation tchèque vivait dans un royaume prospère et respecté. Mais plus tard, celui-ci se trouva intégré dans un empire autrichien multinational. Après le développement des nationalismes modernes au 19e siècle, les Tchèques cherchaient à reconstituer leur propre Etat national.

Au début du 20e siècle, à leur tête se trouvait le professeur Tomáš Garrigue Masaryk. En 1914, il se réfugia à l’étranger et organisa des légions tchécoslovaques qui prirent part aux combats aux côtés des puissances de l’Entente. Aux Etats-Unis, il fut bien accueilli par la communauté juive qui savait quel rôle il avait joué pour sauver de l’exécution capitale le Juif Hilsner, accusé du meurtre rituel. Louis Dembitz Brandeis, juge à la Cour suprême des Etats-Unis, présenta Masaryk au président Woodrow Wilson. D’une façon générale, les Tchécoslovaques s’appuyaient sur les sionistes américains  et en cotre-partie ils soutenaient les efforts de ceux-ci, visant à créer un foyer national juif en terre d’Israël.

Le fils du président, Jan Masaryk, se retrouva à Londres à l’époque, où la Grande Bretagne avait jeté pardessus le bord aussi bien les Tchèques – par les accords de Munich de septembre 1938 – que les futurs Israéliens – par le fameux Livre blanc, publié en mai 1939. Jan Masaryk partageait alors sa détresse avec Haïm Weizmann, futur président de l’Etat d’Israël.

En 1945, il devint le ministre des affaires étrangères. La Tchécoslovaquie soutenait à fond l’Etat juif, au moment de sa naissance. Elle livra aux Israéliens des avions et d’autres armes, malgré l’embargo des Nations unies. Elle entraînait sur son sol des pilotes israéliens. Nombreux spécialistes pensent que c’était une aide décisive, sans laquelle l’Israël serait peut-être mort-né.

Tout cela s’effectuait alors avec l’accord de Staline, qui cherchait avant tout à affaiblir les positions britanniques au Moyen Orient. Mais suite à l’agression de la Corée du Nord contre le Sud en 1950, Israël vota à l’ONU contre les puissances communistes. Il envoya même une équipe médicale rejoindre les forces des Nations unies. Staline décida alors de mettre fin à toute coopération avec les sionistes et il organisa une vaste purge antisémite dans tout son empire.

En Tchécoslovaquie, le premier secrétaire du parti communiste Rudolf Slánský, qui était d’origine juive, fut condamné à mort et exécuté. Quant à Jan Masaryk, il était alors déjà mort, dans les circonstances toujours pas élucidées, le lendemain du coup d’Etat de février 1948, par lequel les communistes avaient éliminé tout ce qui restait encore de la démocratie.

Tout cela était dans les mémoires encore vives des Tchèques et des Slovaques au moment du « printemps de Prague » en 1968. Après l’occupation par les armées des Etats du pacte de Varsovie le 21 août, un dirigeant soviétique a dit que « …la contre-révolution rampante en Tchécoslovaquie en 1968 avait commencée par la réhabilitation de l’œuvre de Franz Kafka (le grand auteur pragois d’origine juive)».

De leur côté, les Tchèques et les Slovaques n’ont pas oublié que la plus grande manifestation de protestation contre l’invasion soviétique s’était déroulé à Tel-Aviv, tandis que nombreux dirigeants arabes approuvaient cette violation flagrante de la souveraineté tchécoslovaque.

Lorsque le régime communiste haï s’est enfin effondré en hiver 1989-1990, l’une des toutes premières mesures que le nouveau pouvoir a prises fut le rétablissement des relations diplomatiques avec l’Etat juif.

Ces relations demeurent excellentes. La République Tchèque est à présent considérée comme la meilleure amie d’Israël, de tous les Etats membres de l’Union européenne.

En mai 2012, Benyamin Netanyahou visita Prague. Il appela la République Tchèque « notre meilleure amie en Europe ». Il y retourna en décembre, pour remercier le Premier ministre Petr Nečas du vote de son pays à l’ONU le 29 Novembre dernier.

Les Juifs pragois appelaient traditionnellement leur ville  בישראל  ום ֺ ער 

- ir va em bé Israël (ville et mère en Israël).

Aujourd’hui, les Juifs représentent un dixième d’un pourcent de la population de Prague. Il y a trois siècles, ils en représentaient un quart de la population. Est-il interdit de rêver que leurs âmes continuent à influer sur ceux qui vivent aujourd’hui là, où tant de Juifs jadis priaient et étudiaient la Thora ?

Dr Martin Janeček


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