Le peuple tunisien ne va pas tarder à regretter Ben Ali

Oui, l’assassinat de l’opposant laïc démocrate Chokri Belaid constitue un tournant pour la Tunisie. Il n’y a plus d’exception tunisienne dans le monde musulman . Jamais plus les choses ne seront pareilles maintenant qu’on sait que sous le régime islamiste d’Ennahda, on court le risque de se faire assassiner si l’on est un opposant laïc et démocrate. On est presque au Liban.

Et contrairement au fieffé roublard de Vincent Geisser qui déclamait il y a 16 mois , «  Je pense qu’il convient de dépasser cette vision sensationnaliste du retour des islamistes ». http://www.afrik.com/article23903.html

et qui aujourd’hui déclare exactement l’inverse dans un interview au journal suisse  Le Temps «  Les membres d’Ennahda se sont montrés incapables de remettre en cause l’image caricaturale de méchants barbus que certains donnaient d’eux, et Rached Ghannouchi  » http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/8e375108-7168-11e2-a707-c72da7dac99b/La_crainte_dune_d%C3%A9rive_s%C3%A9curitaire

il est clair comme de l’eau de roche que dés le départ le parti Ennahda avait pris l’angle d’avancer masqué afin d’imposer à terme une dictature islamiste du style de celle que le Front Islamique du Salut aurait rêvé d’ instaurer en Algérie au début des années 1990. L’actuel chef du gouvernement, Hamadi Jebali, issu d’Ennahda, qui n’avait pas compris la consigne, s’était même laissé aller à parler d’un 6ème califat. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111117.FAP8057/tolle-en-tunisie-apres-les-declaration-de-l-homme-fort-d-ennahdha-sur-le-califat.html

Avec le recul, le peuple tunisien risque de regretter le calme apparent de la dictature économiquement prospère de Ben Ali. De toutes façons, on a eu tort d’enterrer le régime de Ben Ali trop tôt. Lors de la chute de Ben Ali il y a deux ans, j’ai eu beau chausser mes besicles pour inspecter ce qu’on disait de feu le régime de Ben Ali aussi bien dans les journaux de gôôche !! que dans ceux du clan d’en face, aucun de nos médias n’a eu le courage et/ou l’honnêteté de rappeler qu’avant de tomber en disgrâce et d’être chassé par son peuple, Ben Ali avait été classé comme le plus intelligent dirigeant d’Afrique en ce qui concerne le développement économique au Forum économique mondial de Davos en 2007 . Bon an mal an, la Tunisie c’était 7% de croissance par an, un niveau d ’éducation élevé, une classe moyenne nombreuse, une société civile dynamique, une administration efficace…

Une preuve : un ex-patron du FMI répondant au sobriquet de DSK, célébré comme l’une des plus hautes autorités économiques de cette planète, avait les prunelles humidifiées d’admiration en tressant des couronnes d’éloges à un autre grand de ce monde, nommé Zine El-Abidine Ben Ali :

http://www.dailymotion.com/video/xgojh2 

http://www.dailymotion.com/video/xgojh2_dsk-dominique-strauss-kahn-soutenait-la-dictature-de-ben-ali_news#.URUZG_J4r_U

Depuis la prise de pouvoir d’Ennahda, l’image d’une Tunisie irréconciliable s’est imposée avec deux groupes se regardant en chiens de faïence : d’un côté, les partisans d’Ennahda, et de l’autre, les militants des partis de gauche et d’opposition. 

L’assassinat de Chokri Belaïd est sans doute la conséquence d’une dérive fascisante avec tentative de confiscation du pouvoir menée par le parti islamiste Ennahda C’est une manière de plus de procéder pour museller l’opposition et les syndicats sur internet, dans les médias et dans les mosquées, et dans la multiplication des attaques contre des meetings de l’opposition ou des manifestations syndicales : il y a quelques mois à Tataouine, dans le sud de la Tunisie, un militant de Nida Tounès., un petit parti d’opposition, avait été délibèrement lynché par des éléments Ligues de protection de la Révolution

Jusqu’à l’attaque de l’ambassade américaine en septembre, la violence et les intimidations étaient essentiellement le fait des salafistes. La police laissait faire., cette passivité reflétant sans doute le désir d’Ennahda de ne pas se couper de cette base extrémiste et le moyen d’intimider ses adversaires. Les salafistes avaient leur propre agenda, mais il y avait cependant une sorte d’alliance objective.

Mais avec l’ambassade américaine, les choses sont allés trop loin. Les Américains étaient d’autant plus furieux qu’ils venaient, peu avant, d’accorder leur garantie au nouveau gouvernement. Mauvaise pioche !!Après cet incident, l’attitude du gouvernement vis à vis des salafistes a changé , il a durci le ton, et aujourd’hui, les salafistes sont un peu dans le collimateur de la police et de l’armée. Les affrontements sont presque quotidiens. En revanche, les Ligues de protection de la Révolution, qui étaient en sommeil depuis plus d’un an, sont réapparues comme par enchantement, et ont commencé à multiplier les exactions. Les Ligues, c’est une milice. 

Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui ce beau pays de Tunisie est aux mains de voyoux islamistes complètement incompétents- sauf en religion – qui veulent faire régner la terreur. Sous Ben Ali tout était dissimulé.. Aujourd les assassins agissent en plein jour, et il est peu probable qu’ils seront démasqués à cause de leur accointance avec le pouvoir en place.

Le 30 janvier 1933, Hitler était arrivé démocratiquement au pouvoir et il a fallut une 2ème guerre mondiale pour le déloger.

Huineng


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans POINT DE VUE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.