Dans un précédent article, Roger Heurtebise a expliqué les enjeux de l’impasse politique grecque :
http://ripostelaique.com/pour-bien-comprendre-limpasse-politique-grecque.html
Faute d’avoir pu constituer un gouvernement de coalition, il y aura donc de nouvelles élections législatives en Grèce le 17 juin. Selon les sondages, la Nouvelle démocratie (droite pro-austérité) et Siriza (gauche radicale anti-austérité mais pro-Euro, parfois orthographiée Syriza en français) se disputent la première place, au détriment du Pasok (parti socialiste) qui s’enfonce dans les sondages.
Jean-Luc Mélenchon soutient à fond Siriza et ne cesse de le citer en exemple, et il a même invité son leader Alexis Tsipras en France. En oubliant bien sûr de préciser que Siriza s’oppose au KKE (parti communiste grec) anti-Euro alors que Jean-Luc Mélenchon est allié aux communistes français pro-Euro.
Siriza est donc censé défendre les intérêts du peuple grec, soumis à une cure drastique qui multiplie les fermetures d’entreprises, les suicides, les SDF, etc. et même la famine. Mais là où Jean-Luc Mélenchon et Siriza se rejoignent totalement, c’est sur la défense inconditionnelle des immigrés et de l’immigration, armée de réserve du capitalisme ; et alors même que les émeutes ethniques et l’hostilité aux étrangers (légaux ou illégaux) s’accentuent en Grèce.
Il suffit de lire le programme de Siriza sur l’immigration pour s’apercevoir de cette contradiction fondamentale que reproduit Jean-Luc Mélenchon en France :
(Sources : http://europegrece.wordpress.com/2012/05/13/le-programme-du-syriza-pour-2012-economie-immigration-securite/ et http://www.left.gr/article.php?id=289)
« . Facilitation du regroupement familial des immigrés.
. Facilitation de la naturalisation des immigrés et notamment de leurs enfants.
. Suppression de toute limitation à l’accès à la santé publique et à l’éducation pour les migrants.
. Suppression des camps de rétention d’étrangers et création de centres ouverts aux conditions dignes.
. Élimination des expulsions informelles en mer Egée et à la frontière de l’Evros.
. Suppression de l’expulsion et de la rétention administrative des mineurs.
. Suppression du corps des gardes-frontière
. Régularisation et sécurité sociale pour tous les immigrés qui travaillent.
. Enregistrement de “leurs droits politiques et sociaux”, droit de vote et d’éligibilité.
. Asile politique aux réfugiés.
. Nationalité à tous les enfants qui naissent en Grèce ou qui y sont arrivés à un jeune âge.
. Nationalité automatique après 7 ans de présence.
. Intégration sociale des immigrés et droits égaux.
. Déconnexion de l’octroi de l’autorisation de séjour et du paiement d’un certain nombre de timbres fiscaux. »
On comprend pourquoi Mélenchon et Tsipras sont copains comme cochons. Mais un tel programme immigrationniste dans une Grèce exsangue est-il de nature à aider à sortir de l’impasse ?
Bernard Bayle










