Les mensonges d’Aubry pour faire oublier ses piscines

Publié le 10 octobre 2011 - par - 866 vues
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Martine Aubry, fort gênée, ayant à nouveau eu le culot de nier la réalité des piscines musulmanes à Lille, nous republions ce texte, diffusé dans le numéro 207 de Riposte Laïque.

La secrétaire du Parti Socialiste, candidate à la primaire socialiste pour l’élection présidentielle (par défaut de Dominique Strauss-Kahn), s’est soudain indignée des « rumeurs » qui couraient (ou courraient) sur son compte et sur celui de son mari Jean-Louis Brochen. Or à l’analyse, on s’aperçoit que non seulement cette stratégie est contre-productive, mais que Martine Aubry dénonce dans un habile noyage de poisson comme « rumeurs » certaines choses qui sont d’effectives rumeurs, mais d’autres qui sont bien réelles et factuelles.

1. Sur son prétendu « alcoolisme », on trouvait effectivement quelques dizaines de ragots sur des forums internet, genre « questions Yahoo » ou « Jeuxvideos.com ». On y alléguait même de plusieurs « cures de désintoxication » dans tels ou tels établissements nommément cités. Mais ces fils de discussion étaient totalement inconnus du grand public, et seule une infime partie de « forumeurs » (surtout des jeunes, semble-t-il) colportait ces « rumeurs » qui ne sont confirmées par aucun article de presse.  La très grande majorité des internautes n’en avaient pas connaissance et devaient s’en moquer éperdument.

Martine Aubry vient donc de faire une publicité totalement contre-productive à cette rumeur d’« alcoolisme » qui serait restée confidentielle si elle n’en avait pas fait état. Certains de ses « amis » socialistes tentent de désamorcer la rumeur en disant que Martine Aubry est une bonne vivante, qui aime bien boire, manger et faire la fête, et évidemment cela ne traduit pas un alcoolisme ni même un goût pour la bouteille, mais ce pourrait expliquer la rumeur. Je ne suis pas sûr que ces explications « amicales » aident vraiment à faire taire les ragots.

Et lors d’une rencontre courtoise à Lille lors de la campagne pour les régionales entre Martine Aubry (accompagnée de son mari) et Xavier Bertrand, la maire de Lille offre en cadeau de bienvenue au secrétaire général de l’UMP de l’époque deux spécialités locales : des gaufres et une bouteille de genièvre. Leur conversation est rapportée par un reportage de TF1. Dialogue républicain tout à fait respectable, sinon que Martine Aubry précise à propos du genièvre (qui est un alcool fort, de 20° à 40° fabriqué à base d’eau-de-vie de grains et aromatisé à l’aide de baies de genévrier) : « Ça remonte le moral, pour les campagnes électorales. J’en bois tous les jours. » Il n’en faudrait pas plus pour extrapoler à une prétendue addiction à l’alcool et apporter de l’eau (de vie) au moulin des « forumeurs » qui distillent (sans jeu de mot) la rumeur d’alcoolisme sur Martine Aubry. Donc attention à ce qu’on dit en public !

2. Sur sa prétendue « homosexualité », on trouvait, avant que Martine allume un contre-feu, encore moins de références sur Google qu’à propos du prétendu « alcoolisme ». On y  cite deux noms de supposées « compagnes », mais là encore sans confirmation journalistique quelconque ni source sérieuse. Nous sommes là en pleine incursion malveillante dans la vie privée et cette « rumeur » est sans nul doute abjecte voire homophobe.

3. Sur ses liens et ceux de son mari avec les « islamistes », là c’est totalement différent : la rumeur n’est qu’une demi-rumeur, et Martine Aubry tente de faire oublier bien des compromissions en amalgamant des faits réels avec des affirmations fantaisistes. Et à mon avis c’est là le véritable objectif de la manœuvre médiatique actuelle de la prétendante à la présidence de la République : tout confondre, faits avérés et rumeurs, « islamistes », « alcool » et « homosexualité », pour faire croire que tout cela est de même nature : des calomnies et des incursions dans la vie privée.

Sur ce dernier point concernant les « islamistes », Martine Aubry confond à dessein des vérités et des affirmations mensongères (son mari serait converti à l’islam, serait salafiste ou intégriste, une photo la présentant en compagnie d’Amar Lasfar est légendée comme si celui-ci serait son mari, de grossiers montages la représente voilée, etc.) Mais ces allégations fausses n’ont rien à voir avec des faits bien réels de copinages avec les « islamistes » et des atteintes à la laïcité, listées et décrites largement dans nos colonnes, par exemple ici, ou sur d’autres sites et bien avant que Martine Aubry n’allume son contre-feu.

Martine Aubry tente de faire croire que ces allégations proviendraient de manœuvres récentes (vers 2008-2009) de l’entourage élyséen de Nicolas Sarkozy ou de l’UMP ou de « l’extrême droite » (dans laquelle sont curieusement rangés Riposte laïque et Bivouac-Id). Or l’expression « avocat des islamistes » concernant son mari et autres accusations contre les élus socialistes du Nord ont été portées pour la première fois en 2005 par Caroline Fourest, et d’une manière explicite, dans son ouvrage « La tentation obscurantiste ». Je cite (pages 113 ou 117 selon les éditions) : « Avocat des islamistes depuis plusieurs années, Maître Brochen était adjoint à la Culture de la mairie de Lille lorsque Martine Aubry – dont il est l’époux – a succédé à Pierre Mauroy. » « Dans le nord, les élus socialistes privilégient le dialogue avec des organisations proches des islamistes comme la Fédération des musulmans de France, financée par la Ligue islamique mondiale wahhabitte, ou avec Amar Lasfar de l’UOIF. »

Martine Aubry ne fait donc que construire une rumeur pour démentir cette prétendue rumeur de connivence avec les « islamistes » qui n’en est pas une. Et les autres « rumeurs » fantaisistes (alcoolisme et homosexualité) ne sont peut-être là que pour faire diversion.

Oui, à Lille, Martine Aubry a donné de nombreux gages aux « islamistes », et en particulier à Amar Lasfar, leader de l’UOIF local (nommé Ligue islamique du Nord) donc filiale de l’internationale des Frères musulmans. Plusieurs reportages télévisés l’ont prouvé en long et en large, et nous en avons donné de larges extraits vidéos sur Riposte laïque.

Cette stratégie communautariste locale de Martine Aubry avait pour but, en ces terres fort islamisées, d’obtenir une majorité à la mairie de Lille, à la communauté urbaine (où Roubaix, ville à majorité musulmane, comptait lourd), au Conseil général et au Conseil régional.

Mais la présidence de la République, c’est une autre paire de manches, surtout en ce moment où une majorité de nos concitoyens constate que la laïcité est mise à mal par l’islamisation. C’est pourquoi Martine Aubry veut faire oublier ses « accommodements raisonnables » locaux avec l’islam au plus vite, et pour tromper les Français, elle mélange à souhait rumeurs et faits réels, pour tenter de récupérer l’électorat laïque tout en ne fâchant pas l’électorat musulman.

Ainsi, sans rancune envers celle qui a traité son mari d’« avocat des islamistes » et fustigé « les élus socialistes » du Nord, Martine Aubry première secrétaire du PS invitera deux fois Caroline Fourest à des conférences devant dirigeants et militants, l’une sur la laïcité et l’autre sur l’égalité. Se mettre dans la poche la « spécialiste » médiatique et autoproclamée de la laïcité vaut bien quelques pertes de mémoire et de fierté. En bon renvoi d’ascenseur et par un opportunisme qui n’a rien à envier à celui de celle qui l’accueillait, Caroline Fourest se contentera d’aligner des généralités d’une platitude affligeante et évitera bien sûr d’évoquer la moindre affaire « lilloise » ou « nordique ».

Ainsi, lors de sa déclaration de candidature, Martine Aubry s’est contentée d’une seule phrase d’une banalité totale sur la laïcité : « Pour moi, la laïcité est une valeur inestimable que nous devons protéger précieusement. » Sans apporter la moindre précision concrète, et en n’oubliant pas de remercier par ailleurs ses électeurs « venus d’ailleurs ».

Et s’il faut prendre un seul exemple flagrant de déni de réalité et la mauvaise foi de Martine Aubry, détaillons la saga médiatique des fameux horaires réservées aux musulmanes dans une piscine municipale de Lille-Sud.

Premier temps, un échange lors d’un conseil municipal de juin 2003 à Lille, rapporté par le très officiel site « Mairie-Info ».

Interpellée par un élu UMP, « la maire de Lille, Martine Aubry, a justifié lundi en conseil municipal l’attribution d’une heure hebdomadaire réservée aux musulmanes à la piscine de Lille-Sud comme étant « l’occasion pour certaines d’entre elles de s’émanciper ». » « Faisons un petit détour (de nos principes républicains) pour que ces femmes gagnent et acquièrent leur émancipation », a expliqué Mme Aubry, rappelant qu’il s’agissait de leur part d' »une demande constante d’un lieu pour se retrouver entre elles pour discuter ». »

Donc c’est très clair : il s’agit bien d’horaires réservés aux femmes musulmanes et à elles seules, de l’aveu même de Martine Aubry.

Deuxième temps, le fameux reportage « Théma » diffusé sur Arte en 2009, et consacré à « l’islamisation » à Lille et dans sa région, islamisation qui bénéficiait sur tous les sujets de la complicité de Martine Aubry. Ne retenons dans ce reportage impitoyable pour Martine Aubry que l’affaire des « piscines pour musulmanes », que l’on peut revoir dans cet extrait vidéo et que je vous invite à bien regarder et écouter.

La présidente du centre social donne l’argument que ce seraient des « horaires pour femmes » et non des « horaires pour musulmanes ». Mais elle reconnaît que « les musulmanes ont demandé à ce que ce soit une maîtresse nageuse ». Et la mairie a accepté cette revendication islamique. Cette dame nie faire « du communautarisme » en prétendant avoir refusé « que ce soit que des musulmanes ». Qu’en pense Martine Aubry ? Elle refuse tout d’abord l’interview aux journalistes du reportage. L’employée de mairie qui répond au téléphone nie les créneaux confessionnels. Mais après vérification sur place, les journalistes découvrent bien que ce sont des « horaires pour musulmanes » gérées par des musulmanes, et même que ces horaires sont fermés pendant le ramadan !

Les journalistes arrivent tout même à « coincer » Martine Aubry, qui dit d’abord qu’elle n’a pas de temps de répondre à leurs questions, puis qui prétend ensuite que « quand nous avons ouvert cela, nous avions fixé une règle qu’il ne devait pas y avoir une majorité de femmes musulmanes. Ce n’était pas une ouverture pour des femmes musulmanes, mais pour des femmes qui ne pouvaient pas, pour des raisons diverses, se retrouver un moment donné avec des hommes. » Quelles raisons, à part des raisons religieuses ? Martine Aubry ne le précise pas. Le journaliste explique que son enquête a montré que ces horaires étaient fréquentés « majoritairement par des musulmanes ». Martine Aubry nie. Le journaliste : « Et c’est fermé pour cause de ramadan ». Martine Aubry nie encore, et prétend que « ça n’existe plus » alors que les journalistes avaient constaté que ça existait encore et que le centre social a dit qu’il n’a reçu aucune information demandant à supprimer ce créneau réservé aux musulmanes. Puis Martine Aubry concède finalement que la piscine est bien fermée pour cause de ramadan… (et donc, implicitement que ce créneau horaire existe toujours !)

Donc on voit que Martine Aubry se défile sur toute la ligne, non sans quelques contradictions : on est loin du conseil municipal de 2003 où elle reconnaissait « une heure hebdomadaire réservée aux musulmanes à la piscine de Lille-Sud » !

Troisième temps, une récente interview de Martine Aubry par Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV en février 2011. L’extrait est ici, à partir de la minute 6:30.

– Aubry : Moi je suis dans une ville où il y a des musulmans. Nous vivons bien ensemble. Y’a pas de burka. (sic !) On vit ensemble parce qu’on souhaite ce vivre-ensemble. Et la France c’est ça, la France elle a reçue des immigrés venant de l’Espagne, l’Italie…
– Bourdin : C’est fini, les horaires réservés dans les piscines…
– Aubry : Il n’y jamais eu d’horaires réservés…
– Bourdin : Parce que beaucoup d’auditeurs reviennent sur ce…
– Aubry : Il n’y a jamais eu d’horaires réservés. Il y a eu à un moment donné, et j’y avais beaucoup réfléchi, un horaire réservé aux femmes, demandé par le centre social, qui avait un programme de lutte contre l’obésité pour les femmes de ce quartier. Voilà. Le mal-nourrir, la malnutrition quand on n’a pas beaucoup d’argent, c’est important. Il y avait dans ces femmes des femmes, je dirais, françaises depuis plusieurs générations, et des femmes maghrébines parce qu’il y a des maghrébines là-bas, chez moi. Voilà. Ça n’a jamais été demandé, je dirais, par les musulmans. Et d’ailleurs je peux dire que l’imam n’était pas très content parce qu’on permettait aux femmes de sortir de chez elles. Elles ont d’ailleurs créé une association ensuite où elles ont défendu les femmes de leur quartier. Voilà. Il faut sortir, il faut aller regarder les choses en face. D’ailleurs tous les journalistes qui sont venus voir l’ont dit ensuite. D’ailleurs c’est fini, mais j’avais hésité parce que distinguer les femmes et les hommes ça me gênait. Mais finalement ça a permis à ces femmes, je dirais, de prendre leur indépendance et j’en suis très contente.

Et Jean-Jacques Bourdin ne relance pas la question et passe à un autre sujet, alors que le reportage d’ Arte et d’autres étaient explicites ! Pour un journaliste, il manque de curiosité et oublie de se documenter sur les questions qu’ils pose, alors qu’une simple recherche internet lui aurait permis de démontrer que Martine Aubry disait n’importe quoi ! (Jean-Jacques Bourdin aurait pu s’étonner qu’il n’y aurait « pas de burka » à Lille alors que c’est une ville très islamisée et que le journal local La voix du Nord y a trouvé non seulement des voilées intégrales, mais même des magasins islamiques qui en vendait des niqabs !)

Quel pataugeage que cette longue tirade de Martine Aubry ! Car elle se contredit en disant « il n’y a jamais eu d’horaires réservés » pour dire ensuite qu’il y en avait. Il faudrait savoir ! Elle ment ouvertement quand elle dit que « tous les journalistes qui sont venus voir l’ont dit ensuite » puisque ceux d’ Arte (mais aussi ceux d’une émission de France 2) ont bien constaté des « horaires réservés aux musulmanes » ! Et il est curieux que Martine Aubry dise que « ça a permis à ces femmes de prendre leur indépendance ». Indépendance par rapport à quoi et à qui ? A leurs maris qui ne voulaient pas qu’elle sortent, à l’imam qu’elle cite ? Tout cela fleure bon l’islam rigoriste, et Martine Aubry aligne ainsi les aveux involontaires.

Ainsi donc en 2011 Martine Aubry invente de toutes pièces un « programme de lutte contre l’obésité » pour les femmes victimes de « malnutrition » (et hop, une petite diversion sur le social !) dont ni le reportage d’ Arte ni aucun journaliste qui a enquêté sur ces « horaires réservés » n’a entendu parler, ni de la part de la directrice du centre social ni de personne ! Et dont évidemment il n’était nullement question dans le débat municipal de 2003 ! Encore un pieux mensonge, alors qu’en 2003, rappelons-le, elle défendait explicitement en conseil municipal « une heure hebdomadaire réservée aux musulmanes à la piscine de Lille-Sud ».

Tout cela pour dire que Martine Aubry est une affabulatrice qui pratique allègrement le mensonge de circonstance et qui, maintenant qu’elle est en campagne électorale présidentielle, veut faire oublier les « accommodements raisonnables » et les copinages d’elle et de son mari avec les islamistes du Nord. Elle veut se faire passer pour une laïque pour ramasser les suffrages des Français qui, comme le montrent les sondages, n’apprécient guère les concessions faites à la religion de Mahomet.

Pur opportunisme et piètre défense basée sur le déni et le travestissement de la réalité. Il aurait été beaucoup plus honnête que Martine Aubry reconnaisse ce que désormais tous les Français savent grâce à ses contre-rumeurs, qu’elle dise qu’elle s’est trompée en favorisant l’islam radical et les entorses à la laïcité à Lille et dans sa région. Les Français lui auraient peut-être pardonné ces « erreurs », tout comme ils ont pardonné celles d’André Gérin qui a su reconnaître « qu’on s’était trompé » et qui est désormais reconnu comme un défenseur acharné des valeurs républicaines anti-communautaristes.

Parce que Martine Aubry a choisi délibérément la voie de la malhonnêteté intellectuelle et politique, elle devra être désavouée et sanctionnée par les électeurs d’abord lors de la primaire socialiste, puis, le cas échéant, à l’élection présidentielle. On n’élit pas à la tête de la République Française une menteuse aussi effrontée et opportuniste, qui ne cesse de se contredire et qui est incapable d’assumer et de regretter ses erreurs passées.

Si j’étais militante socialiste, j’aurais honte d’avoir à la tête de mon parti Martine Aubry, dont par ailleurs Pierre Cassen dans une interview à Novopress a démontré que non seulement elle n’a jamais été une femme de gauche, mais qu’elle a même renoncé allègrement aux valeurs laïques et républicaines. Et plus généralement, un parti qui se choisit un tel chef (nonobstant quelques tripatouillages électoraux) est-il encore crédible ?

Djamila GERARD

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