Les musulmans dit modérés préfèrent-ils les islamophobes ou les islamistes ?

Publié le 27 février 2014 - par - 1 409 vues
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Si les musulmans veulent en finir avec l’amalgame qui n‘en est pas un entre l’islam et l’islamisme ou tout au moins établir une ligne politique claire entre les deux ils doivent adopter une position tranchante entre les deux. En effet, ce n’est pas en faisant semblant de condamner du bout des lèvres les actes de barbarie de leurs frères islamistes ou en faisant croire que leurs agissements terroristes sont étrangers à l’islam qu’ils vont pouvoir convaincre les islamo-sceptiques qui s’inquiètent du silence troublant de la majorité silencieuse musulmane ainsi que de la montée du péril islamique.

En aucun moment il n’y a eu la moindre levée de bouclier de leur part sauf quand il s’est agi de manifester leur courroux pour des caricatures innocentes et inoffensives de leur prophète, plus adulé et vénéré qu’Allah lui-même, ni l’ombre d’une esquisse pour prendre au piège les islamistes dans leur propre jeu, déjouer leur prétendu complot fomenté contre la religion musulmane, chercher à dénoncer leur supercherie théologique.

Leur passivité, à moins que cela ne soit leur totale ignorance de l’islam lui-même, est le meilleur gage de leur adhésion aux théories génocidaires, ultra réactionnaires et néo-impériales des islamistes auxquels ils laissent les coudées franches pour labourer à leur guise le terrain dogmatique de l’Islam et démystifier l’islam lui-même. C’est grâce à eux que les masques de l’islam tombent un par un et que le monde commence à douter de l’authenticité de son message révélé.

Personne ne peut toutefois leur contester les représentations qu’ils se font de l’islam en tant que religion d’amour, de paix et de tolérance, mais là où le bât blesse c’est leur absence d’objectivité et d’impartialité quand il s’agit de désigner les vrais ennemis de l’islam qui sont moins les islamo-incompatibles que leurs propres coreligionnaires activistes qui empoisonnent la vie du monde et surtout la leur, en étant souvent leurs premières victimes.

C’est en se trompant eux-mêmes de cible qu’ils apportent de l’eau au moulin de ceux qu’ils qualifient abusivement d’islamophobes, un néologisme inventé par les islamistes iraniens, les dédouanant ainsi de toute responsabilité dans la dégradation effroyable de l’image de l’islam. En quoi les critiques de l’islam contribuent-ils aux massacres et et actes de cruauté perpétrés chaque jour au nom de l’Islam ? Une question qui restera sans réponse mais qui résume parfaitement l’ambiguïté maladive des musulmans qui confirme l’existence des liens organiques entre l’islam et l’islamisme. Comme si au fond d’eux-mêmes, ce dont il est à douter, ils approuvent le comportement de leurs coreligionnaires minoritaires qui mettent en pratique la feuille de route fixée par le prophète à chaque musulman.

En étant eux-mêmes le point de mire de leurs propres coreligionnaires activistes, ils doivent ôter le voile qui embrouille leur vision et pollue leur pensée et admettre que les vrais ennemis de leur islam tel qu’ils se le représentent est le produit de l’islam lui-même, il est coulé dans le vrai moule de leur religion contrairement à eux-mêmes qui ont une vision très superficielle et fausse de l’islam.

Les véritables forces hostiles à leur islam sont bel et bien islamistes héritiers de l’anthropomorphe et apostat Ibn Taymmyia, maître à penser de Mohamed Ibn Adelwahhab fondateur du sectarisme wahhabite auquel les islamistes de la Confrérie des Frères musulmans ont donné un contenu idéologique lors de leur exil en Arabie Saoudite. Le wahhabisme est à juste titre virus mortel pour la religion musulmane que l’occupant britannique a inoculé dans le corps musulman et réactivé par les Yankees en 1945 sous forme du Pacte du Diable connu sous le nom du Pacte de Quincy.

Nul ne peut nier les effets nuisibles du virus wahhabite tant pour les musulmans que pour le reste du monde depuis son avènement en 1745. Comme on ne peut pas non plus occulter les faits de résistance face à l’appétit hégémonique wahhabite au sein du monde musulman dès son origine. Partout où il a cherché à s’installer, il n’a jamais été reçu les bras ouverts par les autorités religieuses locales ni politiques, suscitant hostilité et défiance.

Cependant, au grand dam des musulmans « éclairés » qui se font une image idyllique de leur religion, le wahhabisme a de plus en plus le vent en poupe auprès des masses musulmanes miséreuses et arriérées, acculées au désespoir et au chômage, frappées par l’ignorance et l’inculture, sans aucune perspective d’avenir, plongées dans un état permanent de mal de vivre pour qui la mort serait une chance de se libérer de leur calvaire terrestre, grâce à son discours simplificateur et simpliste, il a pu exercer sur elles un effet rédempteur, libérateur et salutaire pour un monde meilleur moyennant le sacrifice de sa vie.

Disposant de puissants relais associatifs caritatifs, de solides moyens financiers lui permettant de corrompre à tout va et de balayer les obstacles politiques qui peuvent entraver son chemin ainsi que d’une force de frappe médiatique médiatique, Iqra et al Jazeera où sévit une véritable armée de prédicateurs qui font plus de ravages dans le monde que la bombe d’Hiroshima, prêchant la haine, le racisme, l’antisémitisme et exaltant la violence comme la voie de la félicité, avec de tels atouts le wahhabisme n’a guère de difficulté à étendre son champ de conquête jusque dans les cités-ghettos européennes.

Que les musulmans ne se reconnaissent pas dans le wahhabisme, il est de leur droit et surtout ceux qui s’efforcent de projeter une image humaine et apaisée de leur religion, mais qu’ils se gardent de le contrer et l’enrayer dans ses offensives tous azimuts cela ne peut que les décrédibiliser et semer le trouble dans l’esprit de ceux qu’ils accusent de faire l’amalgame entre l’islamisme dont le wahhabisme est une de ses variantes et l’islam. C’est trop facile de voir un facteur corrupteur de l’islam quand on n’est pas capable de démontrer en quoi il défigure les dogmes de l’Islam alors qu’il ne fait que prôner un retour à l’Islam des origines. Celui des compagnons du Prophète et des 2 générations qui lui succèdèrent. Une vision réactionnaire de l’Islam, négatrice des Hadiths, qui n’est pas sans rappeler les courants fondamentalistes chrétiens telle que l’Eglise mormone appelée l’Eglise de « Jésus-Christ des Saints des Derniers jours » ou les ultra-orthodoxes juifs des Haredim, les « Craignant-Dieu ».

Tant que l’islam n’a pas rompu officiellement avec ses propres idéaux originels incompatibles avec le monde contemporain, non seulement l’islam présente une menace pour l’humanité mais également il continuera à fabriquer lui-même sa propre métastase dont les premiers sujets atteints sont les musulmans qui veulent tout simplement vivre leur humanité tout en se gardant de s’interroger sur le vrai sens du mot islam et de lever le voile sur la nature belliciste de leur religion qui s’apparente davantage au fascisme hitlérien qu’au christianisme et au judaïsme.

Salem Benammar

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