Si on cherche un monde de justice, on risque de ne rien trouver. Si on ne cherche pas un monde de justice, c’est un monde sans justice qui nous cherche, dans le sens agressif de cette expression.
Que faire donc ? Chercher malgré tout ! Mais comment ? Par la politique, la parole et les écrits !
D’où l’importance de ce que permettent ou interdisent les politiques. Et lorsqu’ils interdisent la parole et les écrits, c’est qu’il n’y a plus de politique, autrement dit plus de justice !
En France, hélas, tout discours public est sous haute surveillance – y compris dans le monde du spectacle (1) – à tel point que chacun est tenu de faire attention aux mots qu’il utilise, sous peine de se retrouver au tribunal.
Il est pourtant des mots qui jouissent d’une grande liberté de circulation et d’accueil, qui peuvent être lus, dits, enseignés ou prêchés, bien qu’ils demandent que des innocents soient tués pour non-conformité à tel précepte religieux. Comment expliquer cette énorme contradiction ?
Comment expliquer que ce qui indigne x n’indigne point y ? Le fameux livre intitulé Indignez-vous ! (2), de Stéphane Hessel, m’indigne par son silence sur l’islamisme, alors qu’il ne cesse de dénoncer toutes les attitudes totalitaires dont l’homme est capable.
Qu’est-ce, en effet, qu’une attitude totalitaire ? C’est l’attitude qu’adopte quelqu’un sitôt qu’il interdit toute remise en question à son endroit. Cela vaut pour tout ce que pense ou fait ce quelqu’un, et, par suite, pour tout système de pensée ou d’action, qu’il soit politique, économique, social ou religieux. L’islamisme n’est-il pas cela ?
Les fameux Indignés m’indignent tout autant, faute de s’indigner contre la théocratie politique qu’est l’islam, alors qu’ils s’indignent contre les manquements et les reculs démocratiques. L’islam valorise-t-il la démocratie ? Lutte-t-il pour elle ? Est-elle sa finalité ?
Il est bien évident qu’il y a toujours des motifs d’indignation, parce qu’il y a, dans toute société, un désordre établi. Partout, des injustices garantissent un ordre abusif. Sans cesse recommence cette guerre de Sécession de l’Homme contre l’Homme au nom de l’Homme même.
Mais malheur à qui ne la déclenche qu’à moitié, car la lutte pour l’Homme n’a de sens que si elle englobe l’universel. Cela se fonde sur des droits. Tout manquement à ces droits doit être sanctionné, si l’on veut que ces droits demeurent.
Les avancées anti-républicaines de l’islam nous montrent à quel point nous sommes loin de ce devoir-là.
Qui s’en indigne ?
Maurice Vidal
(1) Laurent Gerra, Philippe Geluck et Michel Drucker en savent quelque chose (cf. La colère d’un Français, p. 211).
(2) Indigène éditions, octobre 2010.








