Les Suisses n’ont pas cru aux minarets de paix et d’amour…

Publié le 2 décembre 2009 - par
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Non, les Suisses n’y ont pas cru. Un million et demi d’entre eux (57%) doutent du refrain que leur ont chanté sans trêve les opposants à l’initiative : « Tous les musulmans de Suisse s’intègrent harmonieusement dans notre pays, ils sont d’un troisième type, ni proches des musulmans d’Europe, encore moins de ceux des sociétés islamiques. Ils ne sont pas pratiquants à 90%, car venus de Turquie et des Balkans. » Les musulmans invités dans les débats et dans la presse, se sont eux aussi bien gardés de faire allusion au mouvement intégriste. Certains d’ailleurs en étaient des militants connus.

Les opposants à l’initiative sont allés jusqu’à inviter l’ambassadeur de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) pour célébrer nos libertés… qu’il s’efforce sans trêve à l’ONU de limiter. Mais personne ne semblait savoir ce que l’OCI fait à l’ONU.

Aucune étude n’existe qui corrobore les affirmations concernant la pratique religieuse de « nos » musulmans. Pour ma part, je n’ai connaissance que d’un sondage datant de 2004 où les musulmans balkaniques se disent à 60% assez ou très pratiquants. Quant à la Turquie laïque, les Allemands pourraient mieux que moi expliquer quel degré d’intégrisme ses ressortissants d’origine peuvent atteindre. Et de toute manière, dans les mosquées aussi, on ne nous a montré que douceur et tolérance. Mais des foulards bien serrés, accompagnés souvent de l’habit qui cache ce corps diabolique des femmes… et pas rare, des petites filles.

En Suisse, il existe bel et bien ce mouvement intégriste ! L’imam de la mosquée de Genève, Youssef Ibram a participé à un « Recueil de fatwas » dont la misogynie n’a d’égal que l’obscurantisme. L’interdiction de la liberté religieuse (pour les musulmans) fait partie de son propos. Les auteurs de ce recueil sont réunis dans le Conseil européen de la fatwa et de la recherche autour de Youssef Al Qaradawi, éminence grise des Frères musulmans. Hani Ramadan, La Ligue des musulmans de Suisse sise à Neuchâtel, suivent ce sillage.

Youssef Ibram accueille chaque semaine 5000 croyants aux sermons du vendredi, il est à l’œuvre depuis 20 ans dans la ville de Calvin, avec une interruption de dix ans à celle de Zurich. Il a dû quitter ce dernier canton pour avoir déclaré : « La lapidation, je ne peux pas être contre. » Genève l’a repris à son service sans hésiter. C’est vers lui, entre autres, que d’innombrables micros se sont tendus afin de connaître son –si triste- sentiment sur l’initiative contre les minarets. Sans jamais aucune question dérangeante.

Ce sont donc des milliers de musulmans qui sont sous la pression intégriste !

Mon hypothèse est que beaucoup de Suisses ont voté cette initiative « par défaut », parce qu’aucun parti ne porte leur inquiétude face à ce courant, ni n’a donné la moindre garantie de défendre nos valeurs contre ceux qui les combattent. Une demi-douzaine de femmes de gauche mont confié avoir voté pour cette interdiction et donc « avec l’UDC », ce qu’elles n’auraient jamais cru possible.

Mais je ne suis pas naïve : beaucoup de ces opposants à l’initiative sont xénophobes ou de façon primaire anti-musulmans.

Je trouve tout de même à tous un certain courage d’avoir résisté aux arguments qui nous prédisaient des conséquences économiques graves, et le sort réservé au Danemark en cas d’acceptation.

Ah, quelle jouissance le soir-même de la votation, d’aller tendre le micro à ces autocrates musulmans pour les entendre condamner l’intolérance de la Suisse, eux qui n’ont jamais su ce que sont ni la démocratie, ni la liberté de religion ! Et auxquels comme d’habitude il ne viendrait à personne l’idée de leur rappeler.

Mais nos édiles, nos intellectuels, les partis de tout l’échiquier politique ont–ils compris le message ? La Suisse va-telle échapper aux dérives d’autres démocraties européennes et devenir un modèle de résistance à l’intégrisme ?

Pour l’instant, ce sont des manifestions de résistance à ce vote qui s’organisent. Et le président suisse des Verts a annoncé que son parti allait faire une démarche à la Cour européenne de Strasbourg pour le faire annuler.

Mireille Vallette

Quelques extraits des fatwas sauce Frères musulmans et Youssef Ibram si le cœur vous en dit :

Fatwa n° 6, voile

« Nous sommes tenus de convaincre la musulmane que le fait de se couvrir la tête est une obligation religieuse (…) Dieu a prescrit cette tenue pudique et ce foulard pour la musulmane afin qu’elle puisse être distinguée de la non musulmane et de la non pratiquante. Ainsi, par sa tenue, elle donnera l’image de la femme sérieuse et honnête, qui n’est ni une séductrice ni une tentatrice, qui ne fait de tort ni par ses paroles ni par un mouvement quelconque de son corps, afin que celui dont le cœur est pervers ne puisse pas être tenté par elle. »

Fatwa no 17, mariage

Rappel d’une conduite « absolument illicite, à savoir le mariage d’une musulmane avec un non-musulman ».

Fatwa no 22, avortement

L’avortement est interdit par la charia à partir du premier jour de la grossesse. Et après 120 jours, il est « assimilé à un meurtre qui nécessite le versement du prix du sang d’un montant de 500 dirhams ou environ 213 g d’or ». Le destinataire n’est pas précisé.

Fatwa no 24, ils commandent

Le recueil rappelle ces versets du Coran : « Les hommes ont autorité sur les femmes… » et « les hommes sont à un degré au-dessus des femmes ».

Fatwa no27, ménage et héritage

Quelle est la part de la femme aux dépenses du foyer? « Sa contribution s’élèvera au maximum à un tiers des dépenses, les deux tiers restants étant à la charge du mari. En effet, si en matière d’héritage celui-ci a droit à une double part, il est normal qu’il supporte le double de sa part en matière de dépense. »

Fatwa no 32, contrôle

Le mari a le droit d’interdire à son épouse la visite d’une autre femme s’il juge cette dernière « néfaste ». Le mari doit en effet préserver sa famille de tout danger « qu’il soit réel ou supposé ».

Fatwa no 38, vélo

Question : « Est-il permis à la femme de monter à bicyclette ? Qu’en est-il pour les filles vierges, avec le risque qu’elles perdent leur virginité? »

Réponse : « Monter à bicyclette ou conduire une voiture ou prendre tout autre moyen de locomotion est un droit reconnu en soi (…) Quant à l’éventualité de la perte de la virginité pour les filles vierges, il est nécessaire d’étudier la question et de connaître le degré de risque. »

Et si celui-ci est grand, ajoute le Conseil, il faudra interdire la bicyclette aux jeunes filles.

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