Les tueries du nord-Mali sont couvertes par le silence de nos mollahs

Il se passe en ce moment au nord-Mali des choses qui rappellent formellement la bestialité des Talibans devenus possesseurs de l’Afghanistan dans les années 90. La charia, que d’aucuns ici continuent de considérer comme une banale étape dans la transition multi-culturelle qui nous est promise à nous Français, est appliquée dans toute sa rigueur : châtiments corporels, amputations, terreur pour tous, viols collectifs, encagement des femmes, interdictions de la musique, de la danse, de l’amour, de la vie autre que soumise de l’aube au crépuscule au Créateur intangible de cette épouvante.

Le Mali, dont la capitale est en vérité Paris, se voit purement et simplement désossé, écartelé, torturé, nié dans ce qui lui restait d’honneur de vivre en tant que peuple et en tant que nation. Le fascisme le plus abject, ordonné par une mafia SS comptant à peine deux ou trois cent membres, se donne libre cours à Tombouctou et dans d’autres villes du nord. Pendant que la communauté internationale se demande s’il convient seulement de mettre fin à une telle horreur.

Tout ça au nom de l’Islam, tout ça par peur de l’Islam, tout ça pour le sordide calcul de l’addition à payer pour l’élimination d’une gangrène puante dont les racines, faut-il le rappeler, poussent jusque dans notre pays.

C’est dégueulasse.

Comme l’est le silence abyssal de ceux qui, en France, pourraient se saisir de l’étendard de la Justice pour balayer, par les mots ou par les actes, le tapis d’ordures répandu aujourd’hui dans les sables du Sahara. Où sont donc les tenants de la religion de paix, d’amour et de tolérance qui, chaque jour de chaque semaine, nous serinent aux oreilles la suave mélodie des civilisations partagées?

Où êtes-vous, Monsieur Boubekeur, vous dont le discours exalte la puissance de la démocratie, de la compassion et de la fraternité ? On tue chez vos frères maliens, on coupe des mains, des pieds, des nez de femmes, on viole des enfants de dix ans au nom de votre Maître, on vous nargue, kalachnikov en main, « viens me chercher si tu peux! ». Que pouvez-vous, hors votre mutisme sur la négation de l’être humain dont les paroissiens de Tombouctou ont fait leur authentique religion? Dites, que pouvez-vous face à l’application des lois dont vous êtes, à votre désinvolte manière, la mémoire?

Où êtes-vous, Monsieur Chebel, vous qui prétendez éclairer le cheminement de votre troupeau par les Lumières d’une culture qu’au fond de vous-même vous exécrez? L’Islam solaire dont vous vous présentez comme le chantre est-il autre chose qu’une interminable pérégrination dans des tunnels où l’on libère ce qu’il y a de plus vil en l’homme? L’arbitraire, le mensonge, l’instinct du bas-ventre et pour finir, lorsque l’on est acculé contre le mur de la vérité, le meurtre, la pierre jetée sur la tête de la brebis, le sang coulant de la gorge tranchée, l’esquive par la bêtise grégaire haussée au rang de philosophie. Comment comptez-vous faire jaillir une flamme civilisatrice quelconque de ce combustible-là?

Où es-tu, Tarik Ramadan, quand le sirop que tu sers aux buveurs de ta glose uniforme et glacée se transforme en bouillons de haine dans les bistros incendiés du Mali? Crois-tu que tu feras encore longtemps avaler aux poivrots de chez moi ta potion mortifère? Penses-tu vraiment pouvoir, à toi tout seul, persuader les gens d’ici que tes petits copains de Tombouctou ne sont en fait que des galopins induits en erreur par une lecture maladroite des textes fondateurs? Ces mêmes textes assassins dont tu ne contestes pas la moindre virgule? Dis moi seulement comment tu comptes t’y prendre pour les ramener à la soi-disant raison dont tu es parait-il le démiurge?

À vous, et aux autres plastronnants de votre caste arrogante je dis que les gamines violées, brûlées, anéanties dans les caves de nos immeubles français, sont de Tombouctou, comme elles furent et seront bientôt à nouveau de Bamyian, de Kandahar ou de Kaboul. À vous tous, menteurs cliniques acharnés à détruire ce qui vous domine mentalement, intellectuellement, culturellement, je dis que l’avocate marseillaise égorgée selon le rite, dans son bureau, est de Tombouctou, comme l’est la prof désignée au sacrifice par l’acide, comme le sont les milliers et les milliers de citoyens de ce pays désormais confrontés au choix de s’écraser ou de disparaître.

Il faut vraiment que vous soyez certains de prospérer sous l’abri que vous offre l’effarante collusion de nos gouvernants pour vous sentir à ce point garants de vos propres silences. Vous avez de la chance, et du confort à venir, quand la société s’enfonce autour de vous dans la vase que vous touillez avec la délectation des vrais gastronomes. Faites donc! On vous y invite, quand vos frères et vos soeurs du Mali subissent l’indicible. Profitez de l’instant mais je vous le dis, ne perdez pas de temps. Tout va très vite, même dans les vieilles carcasses d’un Occident fatigué d’exister. La vieille sort de sa sieste. Alors, ouvrez vos précieuses narines, pour y faire entrer la brise mer que vos commensaux de Tombouctou tentent, par la violence absolue, de couvrir. Si vous avez en vous la plus petite parcelle d’un reste de sens de l’honneur, parlez, enfin, pour une fois et avant qu’il ne soit trop tard, de la besogne humaine dont vous pouvez, par quelques simples mots, devenir les ouvriers.

Si non, ayez simplement le courage d’avouer que les allumés sanguinaires du nord-Mali ne sont rien moins que des membres ordinaires de votre famille.

Alain Dubos.


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