Madame,
Comme un certain nombre de lecteurs de Valeurs Actuelles, je suis assez souvent en désaccord avec vos analyses trop éloignées des réalités. Mais sans doute – sauf erreur de ma part – n’habitez-vous pas une « zone de grande mixité » et ne connaissez-vous pas les « joies » des transports en commun…Ceci expliquant cela.
Ainsi votre dernier « Carnet » me fait réagir. Je vous cite :
Tragédie de l’indifférence
Christine Clerc le jeudi, 28/06/2012
Le pire, c’est que l’on finit par s’habituer. La victime et l’assassin, tous deux adolescents, portent des prénoms de séries télévisées. Leurs lycées, en revanche, témoignent encore d’une prestigieuse, bouleversante et poétique histoire de France : ils s’appellent Marguerite-de-Navarre, Jean-Moulin…Leurs villages, leurs forêts sonnent bon aussi la “doulce France” : Florensac, Le Chambon-sur-Lignon, Beauvoir-en-Lyons… Les victimes, âgées de 15 ou 13 ans, comme Kylian, le collégien étranglé par un camarade l’autre vendredi à Rennes, étaient très estimées, même si personne ne s’est avisé à temps de les protéger. Mais le ou les assassins étaient “gentils” aussi : des garçons “sans histoire”, juste un peu introvertis. Jamais “on n’aurait cru ça” d’eux. Alors, pour exorciser le mal, on va déposer des fleurs blanches à l’emplacement où le jeune camarade est tombé, puis on organise une “marche blanche silencieuse”, nouveau rituel vu à la télé, et même un lâcher de ballons…À l’heure du dîner, la France entière voit défiler sur son petit écran un procureur, un préfet, des policiers, des parents en larmes, des camarades angéliques, un principal de collège qui ne comprend pas, un maire, parfois un curé, et un ministre qui parle “émotion”, “respect” et “valeurs de la République”.
Ça suffit ! Il serait temps qu’on sorte de cette comédie de l’attendrissement général, vraie tragédie de l’indifférence, pour s’interroger, sérieusement, sur les effets de nos “moyens de communication modernes” sur le cerveau et le corps humain………….
Comme vous, et depuis fort longtemps, je déplore cette « comédie », ce que pour ma part je qualifie de « gesticulations médiatiques » à chaque fois renouvelée, des dépôts de fleurs, marches silencieuses, et autre lâcher de ballons qui ne résolvent rien et n’empêcheront jamais que d’autres crimes tout aussi odieux ne se reproduisent. Soyez-en sûre, il y en aura d’autres…hélas ! Mais qui « endort » les citoyens, avec toujours le même « ron-ron », sinon les médias, catégorie socio-professionnelle à laquelle vous appartenez, Madame. Une preuve ? Si vous donnez le nom de la malheureuse victime, vous n’osez même pas citer celui de l’assassin « Souleymane » pas politiquement correct n’est-ce-pas ? Alors que cette précision était connue de tous, à l’heure où sortait votre article. (« Le Monde », lui, fait encore mieux, en l’affublant d’un prénom de substitution « Vladimir »)…C’est assez peu de dire que les médias prennent vraiment les Français pour des imbéciles !!! Vous parlez de « camarade », encore un travestissement de la vérité. Ce n’était très certainement pas le cas de ces deux garçons, dont l’un était en 5ème et l’autre en 3ème. Je vous cite encore :
On l’appelait “le petit prince” du Vélodrome. Sacré meilleur joueur français de football de l’année 2010, il était le mieux payé en 2011 (avec 10,7 millions d’euros par an, soit plus de dix fois plus qu’un président d’entreprise nationale). Ça n’a pas empêché Samir Nasri, qui a réalisé, me dit-on, l’exploit inouï de « marquer un but égalisateur le 11 juin face à l’Angleterre », d’être, avec Franck Ribéry et Karim Benzema, responsable de l’humiliation des Bleus et de la nôtre. On aurait pu leur pardonner une défaite de plus (encore que, pour ce prix là…). Mais on ne leur pardonne pas de nous faire honte. Quand Samir Nasri insulte un journaliste (« Enc…! Fils de p… ! N… ta mère ! »), c’est nous tous qu’il insulte et ce sont tous ses jeunes émules des “cités” qu’il condamne à l’exclusion. Quand cessera-t-on de les élever dans le culte du foot ? Christine Clerc
L’appellation « petit prince » traduit bien la débilité profonde de la plupart des journalistes sportifs, jamais à court de superlatifs imbéciles, pour qualifier des individus souvent à peu près incultes, sans aucune valeur morale, sans aucun respect de qui ou de quoi que ce soit. Enfants (trop) gâtés, qui n’ont même pas le moindre début de reconnaissance pour un pays qui leur a donné la chance qu’ils n’auraient jamais eu si leurs géniteurs n’avaient émigré, leur permettant ainsi de bénéficier de la meilleure formation qui soit !
Mais ce n’est pas de les élever dans le culte du foot qui est grave, mais bien la façon dont ils sont éduqués, pour autant qu’ils le soient ! Ce qui est grave c’est ce qu’est devenu le foot depuis que l’on accepte n’importe quoi et n’importe qui pour une équipe qui, qu’on le veuille ou non, représente la France ! Mais ce n’est jamais que la vitrine de ce qu’est devenu notre pays, un pays qui vit dans l’inversion totale des valeurs, un pays où l’on agresse et tue pour un regard qui déplait, où les forces de l’ordre courent beaucoup plus de dangers, de risques de passer en justice et d’être sanctionnés sévèrement que toutes les racailles, à l’origine des méfaits ! Je tiens à préciser que je ne suis pas du tout « fan » de foot, seulement indignée par des comportements répétitifs et donc d’autant plus inacceptables !
Pour terminer, je voudrais mettre en parallèle un incident récent survenu au cours de la finale du tournoi de tennis du Queen’s (Grande Bretagne). David Nalbandian, énervé, a donné un coup de pied rageur dans un panneau publicitaire venu malencontreusement heurter la jambe d’un juge de ligne, le blessant légèrement. S’excusant immédiatement, tant auprès du juge qu’auprès du public, Nalbandian a néanmoins été disqualifié sur le champ, alors qu’il menait, privé des points ATP accumulés sur la semaine et de la dotation de 45000 euros qui revient à un finaliste, tandis que le titre revenait à son adversaire.
Samir Nasri, qui s’était déjà « distingué » à de nombreuses reprises par des comportements de petite frappe, a mis plusieurs jours (sans doute contraint), pour finalement s’excuser…Qui peut croire à la sincérité de ces excuses ??? Et fera-t-il l’objet de sanctions, plus que largement méritées ?
C’est toute la différence entre un sport qui se veut exemplaire, tant par l’attitude des joueurs que par celle du public, le tennis, et un autre, devenu depuis une douzaine d’années, un sport de voyous : le football.
Oriana Garibaldi










