Liberté d’expression : l’avocat Nicolas Gardères sauve l’honneur de la gauche

Publié le 9 janvier 2014 - par - 3 297 vues
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http://www.liberation.fr/societe/2014/01/08/dieudonne-valls-et-la-liberte_971350

Nicolas Gardères ne cache pas ses idées de gauche. Mais l’homme, avocat, ne transige pas avec la liberté d’expression, et encore moins avec le respect du droit. Avocat de Serge Ayoub, dont il est pourtant aux antipodes au niveau idées, il avait ainsi protesté contre les vides juridiques d’un dossier qui s’était terminé par l’emprisonnement de deux innocents, la fermeture du Local et la dissolution de Troisième Voie et de trois autres groupuscules classés à l’extrême droite.

http://www.youtube.com/watch?v=TC09bkNzhRs

Cette fois, c’est toute la procédure montée autour de Dieudonné qui l’inquiète, mais l’unanimisme entre intellectuels, artistes et politiques qui contrarie cet homme qui se réclame toujours de Voltaire. A noter qu’il cite Riposte Laïque… en se foutant gentiment de Charlie Hebdo !

« On aurait tort de réduire cette question au cas Dieudonné et à son antisémitisme réel ou supposé. La restriction de la liberté des «salauds», ici Dieudonné, il y a quelques mois celle de mon client Serge Ayoub dont l’association a été dissoute par le ministre de l’Intérieur, ne saurait être pensée isolément. En effet, restreindre leur liberté tend à restreindre la liberté en tant que telle, c’est-à-dire celle de tous. Je m’interroge sincèrement, à cet égard, sur la possibilité qu’auront encore dans quelques années les méchants athées de Riposte laïque et les gentils athées de Charlie Hebdo, de blasphémer sans tomber systématiquement sous le coup de la loi pénale.

Je ne comprends d’ailleurs pas, en tant qu’homme de gauche, que personne dans mon camp, dont l’un des piliers idéologiques doit être la défense acharnée des libertés civiles et politiques, ne s’inquiète réellement de cette problématique.

L’unanimisme dans la mise à l’index d’un artiste me paraît symptomatique d’une régression démocratique, structurée par une dichotomie entre le dicible et l’indicible et au sein de laquelle ce dernier gonfle et se judiciarise ». 

Enfin des paroles de bon sens dans ce monde de fous dangereusement totalitaires. Nicolas Gardères sauve l’honneur de la gauche, et nous serions fiers qu’il accepte de nous défendre, dans un prochain procès qui, hélas, ne manquera pas d’arriver, encore plus dans le climat actuel !

Lucette Jeanpierre

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