Louis Chagnon : il est impossible d’enseigner correctement l’islam à l’école

Riposte Laïque : Un article de Riposte Laïque sur l’enseignement du Coran à des enfants de 9 ans, dans une école privée catholique, sous le prétexte historique, paraît mettre le feu aux poudres. Pourrais-tu rappeler à nos lecteurs ce qui t’est arrivé, en tant que professeur d’histoire, dans un collège de Courbevoie, en 2003 ?
Louis Chagnon : Professeur d’histoire, j’avais donné un cours en 5e sur le monde musulman dans lequel j’avais appris à mes élèves que Mahomet avait été un voleur car il avait pillé les caravanes de La Mecque et que c’était un assassin car il avait fait égorger 600 à 900 juifs en une journée. Faits que nous ont transmis les textes musulmans les plus classiques comme la biographie de Mahomet (la Sîrat) écrite au VIIIe siècle. Cela a déplu à un groupuscule de 7 musulmans mené par un médecin anesthésiste, bon bourgeois, Kamel Zmit et par une mère d’élève Zeina El-Hoss, qui m’a dénoncé comme « raciste antimusulman » auprès du rectorat de Versailles, de l’A.F.P., du Mrap, de la Ligue des droits de l’homme. Ils ont créé un collectif de « parents d’élèves », et ont envoyé une pétition signée des 7 noms, dont la femme de Kamel Zmit, directrice d’une SCI et responsable du service des permis de construire à la mairie de Courbevoie, en affirmant que leurs enfants avaient été « choqués » par mon cours. Le problème est que sur ces 7 noms, il n’y en avait que 2 dont j’avais vraiment eu les enfants comme élèves, les autres étaient de faux parents de mes élèves, ils avaient ensuite falsifié un cahier d’élève me faisant dire que Mahomet avait fait égorger « 600 à 900 juifs par jour ». Si les plaintes au pénal contre moi (pour incitation à la haine raciale) de la part du Mrap n’ont jamais pu être concrétisées car il n’y avait aucun délit, cela n’a pas empêché le rectorat de Versailles d’engager contre moi une procédure disciplinaire et je suis passé devant un conseil de discipline qui m’a sanctionné d’un blâme pour « formulation simpliste » et « attitude de provocation ou maladresse », le rectorat savait pertinemment que les soi-disant parents d’élèves n’en étaient pas tous et qu’un cahier falsifié avait servi à me dénoncer, mais cela ne l’a pas gêné.

À cette occasion, j’ai pu me rendre compte de l’état de dhimmitude dans lequel se trouvait l’Éducation nationale et de son antisémitisme, car me sanctionner pour avoir qualifié d’assassin un homme qui avait fait égorger des centaines de juifs veut dire que pour l’Éducation nationale, ce n’était pas un crime. L’Éducation nationale a d’ailleurs confirmé son antisémitisme récemment lorsqu’une collègue a demandé une minute de silence à ses élèves à la mémoire de l’assassin Mohammed Merah puisqu’elle n’a même pas eu droit à un conseil de discipline ! Moralité pour l’Éducation nationale, il est préférable pour un enseignant d’être du côté d’un tueur de juifs plutôt que de lutter contre l’antisémitisme islamique.[1]

Riposte Laïque : A cette époque, qui t’avait défendu, et qui t’avait enfoncé
? Comment cela s’est-il terminé ?
Louis Chagnon : J’avais été enfoncé par l’inspecteur pédagogique Paul Stouder, bon bourgeois de gauche, conseiller municipal d’un charmant petit village des Yvelines, Grosrouvre, qui m’avait « inspecté » sans jamais me rencontrer ni même me parler, simplement en lisant le cahier falsifié, et avait même eu des propos discriminatoires envers les peuples nomades dans son rapport, d’après lui, ceux-ci sont « tous des pillards », par le recteur socialiste Daniel Bancel, par le SNES et Sud éducation, par le Mrap, la Ligue des droits de l’homme, l’AFP (les pétitionnaires avait un agent à l’intérieur de l’AFP). J’avais été défendu par le SNALC, Force Ouvrière, La Libre Pensée, par Anne-Marie Delcambre, Rémi Brague et Renaud Camus, par Ivan Rioufol, journaliste du Figaro, par le mouvement des Maghrébins laïques, par quelques députés UMP, par un seul député communiste, André Gérin, maire de Vénissieux à l’époque et par plusieurs personnes de la communauté juive et de la droite patriotique.
Finalement le blâme a été cassé 4 ans plus tard par le Tribunal administratif au motif qu’ayant exposé des faits historiques, il n’y avait aucune faute professionnelle. J’ai poursuivi au pénal pour diffamation Mouloud Aounit président du Mrap, Claude Dulieu responsable de la communication externe du MRAP et Kamel Zmit. J’ai également porté plainte pour faux et usage de faux. Mais les tribunaux ont refusé de sanctionner ces individus, lors du premier procès en diffamation, les juges ont bien reconnu que j’avais été diffamé mais m’ont condamné moi à indemniser Kamel Zmit parce que cette histoire lui aurait porté tort ! Je pense que ça devait être une première en France qu’un diffamé soit condamné à indemniser son diffamateur ! Cette histoire d’indemnisation n’a pas eu de suite, lors du procès en appel. Ce deuxième procès a conclu que je n’avais pas été diffamé, alors que durant deux ans, j’avais été traîné dans la boue. Certaines personnes sont au-dessus des lois en France.

Riposte Laïque : Comment réagis-tu aux premières réactions médiatiques, de l’Est Républicain au Nouvel Observateur, en passant par FR3 Lorraine ?

http://www.youtube.com/watch?v=mu6RJkU31Pg

Louis Chagnon : C’est le schéma classique du procès en sorcellerie de type soviétoïde. Vous remarquerez que FR3 ne donne pas la parole à ceux qui sont taxés de « racisme », la journaliste condamne directement les parents qui se sont plaint, elle se substitue à la justice. Si vraiment ces parents ont eu des propos « racistes », ce sont les tribunaux qui devraient être saisis. Or, ils ne le seront pas, FR3 condamne ex cathedra les empêcheurs d’islamiser tranquille, sans qu’il y ait délit. Je ne suis guère étonné de cette polémique, car un cours sur l’islam ne peut pas être « banal » tout simplement parce que l’islam est une idéologie totalitaire incompatible avec un régime démocratique.

Riposte Laïque : Que penses-tu, d’autre part, de l’attitude de la directrice, qui, outre le fait de parler de « racisme », et des menaces et insultes qu’elle subirait, s’abrite derrière les programmes scolaires ? Peut-elle agir autrement ?

Louis Chagnon : Comment peut-on juger des propos qui ne sont pas rendus publics ? Ils ne sont pas rendus publics parce qu’ils n’ont certainement rien de racistes. A priori, ce que je comprends c’est que certains parents d’élèves ont perçu ce cours comme une apologie de l’islam.

Vous remarquerez comment les faits sont présentés, les personnes incriminées sont des commerçants, vous regarderez comment la caméra s’attarde sur un badge du PSG, messages subliminaux : commerçants, supporters du PSG = beaufs, blancs, fascistes, racistes. Les vrais fascistes sont ceux qui utilisent ces méthodes qui font de Goebbels un enfant de chœur. FR3 a loupé un épisode car le PSG appartient aux Qataris et est, par conséquent, la propriété de musulmans ! Être critique envers l’islam serait être raciste, c’est une déviance, l’islam n’a jamais été une race, il n’existe pas de gênes musulmans à ce que je sache. C’est une variante de la reductio ad Hitlerum, il y a quelques années on taxait de « fascistes » tous ceux qui n’étaient pas de gauche, pendant qu’ils perdaient leur temps à se justifier, cela les empêchait d’avancer leurs arguments. Maintenant qui est raciste ? Voici quelques versets du Coran : « Les Juifs ont dit : « Uzaïr est fils de Dieu ! » Les Chrétiens ont dit : « Le Messie est fils de Dieu ! » Telle est la parole qui sort de leurs bouches ; ils répètent ce que les incrédules disaient avant eux. Que Dieu les anéantisse ! Ils sont tellement stupides ! » IX, 30 ; « Dieu a transformé en singes et en porcs ceux qu’il a maudits ; ceux contre lesquels il est courroucé et ceux qui ont adoré les Taghout. » V, 58-60. Les « maudits » sont bien entendu les juifs et les chrétiens. Quant à Madame la directrice d’une école catholique, elle ne sait visiblement pas qu’elle est une impie pour les musulmans puisque les chrétiens sont des associationnistes et qu’ils considèrent que Jésus est Dieu : « Ceux qui disent : « Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie », sont impies. » V, 17. Ou encore : « Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ; ils sont amis les uns des autres. »[2] V, 51 ; et voici un célèbre hadith tiré du recueil d’el-Bokhari : « D’après ‘Abdallah-ben-‘Omar, l’Envoyé de Dieu a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : « Serviteur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi, tue-le ! »

En fait, le Coran et les hadiths tombent, sans problèmes, sous le coup de la loi Rocard-Gayssot.

Quant aux programmes, les enseignants sont obligés de les suivre, mais il existe une notion qui s’appelle la liberté pédagogique, que j’ai défendue contre le Rectorat de Versailles qui a finalement perdu, tout dépend comment l’islam est présenté par l’enseignant.

Riposte Laïque : Mais que répondre à ceux qui nous disent qu’il est normal, à l’école, dans le cadre de l’apport historique des religions, de parler du christianisme, du judaïsme et de l’islam ?

Louis Chagnon : Bien sûr qu’il est normal d’apprendre l’histoire des religions, la religion judéo-chrétienne fait partie de notre héritage culturel et explique notre présent. Pourquoi te prénommes-tu Pierre ? Il serait difficile de faire l’histoire du Moyen-âge sans évoquer le christianisme. Si les droits de l’homme sont nés dans notre civilisation occidentale ce n’est pas un hasard, de même pour la laïcité, notions dont l’islam n’a strictement rien à faire. Il est d’ailleurs nécessaire de connaître l’islam, c’est même indispensable, mais en toute impartialité. Lire le Coran est tout aussi indispensable mais entièrement et ne pas sélectionner que ce qui est acceptable aux yeux d’un Français. il faut savoir que l’islam ne reconnaît pas la liberté religieuse, ne reconnaît pas l’égalité entre les musulmans et les non-musulmans, ne reconnaît pas l’égalité entre les hommes et les femmes, qu’il autorise l’époux à battre son épouse, qu’il prône la polygamie, les cent coups de fouet pour les fornicateurs, la mort pour les adultères, la mort pour les homosexuels, etc.

Riposte Laïque : Le fond du problème, à dix années d’intervalle, entre ton histoire à Courbevoie et celle de l’école Notre-Dame de Saint-Mihiel, n’est-il pas, finalement, l’impossibilité de parler sereinement de l’islam à l’école ?

Louis Chagnon : Il est impossible de parler sereinement de l’islam, tout simplement parce que l’islam heurte nos principes démocratiques qui sont d’ailleurs malmenés par ceux qui sont censés les défendre : les mouvements pseudo antiracistes, les tribunaux, nos hommes politiques, etc. Comment parler sereinement d’une religion-idéologie qui permet le meurtre et le pillage des non-musulmans ? L’islam est aussi ce que l’on oublie trop souvent un système juridique ! L’islam couvre tous les aspects de la vie publique et privée du musulman, même les aspects les plus intimes. Comment expliquer à des élèves que selon l’islam, le musulman doit s’essuyer les fesses avec la main gauche et pas avec la main droite ? C’est haram ! Comment expliquer à des élèves les règles imposées par l’islam aux relations sexuelles, totalement délirantes, (je vous renvoie à mon article qui avait été mis en ligne sur Riposte laïque).

C’est aussi un enjeu politique, les musulmans étant de plus en plus nombreux en France sont devenus un enjeu électoral, et nous voyons nos bons politiciens se précipiter dans les mosquées pour rompre le jeûne du Ramadan. Il faut donc les flatter. Il y a aussi une certaine condescendance dans les fantasmes de nos bons dhimmis, le musulman est le pauvre immigré. C’est aussi le culte du multiculturalisme qui est, soi-disant, un enrichissement pour la France. Mais cela n’aura qu’un temps car cette stratégie s’enferre dans des contradictions insolubles, comme soutenir à la fois le mariage des homosexuels et l’islam qui condamne à mort les homosexuels.

Riposte Laïque : Si tu avais des responsabilités nationales dans la définition des programmes scolaires, que proposerais-tu de nouveau, face à tels problèmes ?
Louis Chagnon : Il faut d’abord faire la distinction entre les programmes et les manuels. Je ne peux parler que des manuels du secondaire que je connais. Depuis mon affaire, les manuels du secondaire ont considérablement changé et sur l’histoire du monde musulman, ils se sont plutôt améliorés. Par contre sur l’essence même de l’islam, le Coran, la peur reste dominante. Les programmes donnent des axes généraux, mais le problème est que la plupart des professeurs d’histoire ne connaissent pas l’islam, il y a surtout un problème de formation. Les propos de la directrice de l’école de Saint-Mihiel sont révélateurs à ce sujet. Dans un pays musulman, elle ne pourrait même pas paraître à la télévision et serait persécutée comme chrétienne.

Il y a de nombreuses années, le professeur pouvait éveiller l’esprit critique de ses élèves sur l’islam, il est vrai sur un seul thème, celui de la condition féminine. Dans les fiches pédagogiques du CRDP (Centre régional de documents pédagogiques) de l’Académie de Lyon, des passages du Coran se rapportant à ce sujet étaient cités : Sourate IV, verset 38 : « Les hommes sont supérieurs aux femmes…Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises…vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance…vous les battrez…»[3] Puis, la condition féminine en islam est passée à la trappe, vous seriez bien en peine de trouver un seul extrait du Coran pour l’évoquer dans les manuels scolaires.

Faire de l’histoire ne consiste pas à cacher ce qui est négatif sur un sujet, ce qui revient à transformer l’histoire en apologie. Un professeur d’histoire n’est pas un professeur de mythes ou de contes de fées, il doit encore moins être au service d’un credo religieux. Le communautarisme religieux n’a pas à imposer sa lecture de l’histoire en éliminant ce qui le gêne. Le « politiquement correct » incompatible avec la déontologie de l’historien doit être banni des manuels scolaires et des programmes, il faut appeler les choses par leur nom (un pillage est un vol et un massacre est un crime), c’est la condition première pour un enseignement digne de ce nom. Le professeur d’histoire est là pour transmettre la réalité historique, si gênante soit-elle.

Le problème est surtout de remettre à leur place les ayatollahs qui voudraient contrôler l’Éducation nationale. Car c’est-là où se trouve le vrai enjeu, lorsque j’ai été attaqué, l’enjeu était de savoir qui imposait sa loi à qui, est-ce l’islam qui doit imposer sa loi à la République ? Le rectorat de Versailles avait répondu OUI ! C’était-là le scandale !

Riposte Laïque : N’es-tu pas surpris que dans les écoles privées catholiques, outre le fait de parler aussi complaisamment de l’islam, on accepte le voile islamique, pourtant interdit par la loi du 15 mars 2004 à l’école publique, alors que ces écoles sont sous contrat avec l’école ? Et que penses-tu, à ce sujet, de l’assourdissant silence des syndicats enseignants, et de toute la gauche, sur cette incroyable disparité devant la loi ?

Louis Chagnon : Pas du tout surpris, avec Bernard Antony cela fait des années que nous luttons contre une hiérarchie catholique entrée en totale dhimmitude, mis à part quelques prêtres et quelques évêques qui sont bien rares, c’est la règle. Comment le pape Jean-Paul II a-t-il pu embrasser le Coran ? Dans lequel il est écrit que Jésus n’est pas Dieu, qu’il n’est qu’un prophète parmi d’autres et qu’il n’est pas mort sur la Croix ! Autrement dit, le pape n’existe pas pour le Coran, livre qui nie le christianisme ! Depuis des siècles, les chrétiens sont discriminés, persécutés voire assassinés dans tous les pays musulmans.

Les syndicats ne veulent pas entrer dans ce débat, ils consacrent leurs revendications aux moyens et aux salaires ce qui est leur rôle, mais ils sont traversés par des tendances contradictoires au niveau de leurs adhérents et ils ne veulent pas créer un foyer de division en leur sein. Quant à la gauche, elle a opté pour le remplacement de la population française, et plus de 90% des musulmans ont voté pour François Hollande. Si les socialistes remettent sur le tapis le droit de vote pour les étrangers hors communauté européenne, proposition vieille de plus de trente ans, c’est qu’ils savent bien que les prochaines élections municipales de 2014 ne seront pas bonnes pour eux, alors ils essaient de trouver de nouveaux électeurs, mais cela peut se retourner contre eux, les musulmans condamnent le mariage pour les homosexuels et il n’est pas dit qu’ils voteront encore massivement pour la gauche.

Les socialistes se heurtent ici aux contradictions de leur politique.

Propos recueillis par Pierre Cassen


[1] Pour les lecteurs qui voudraient connaître toute mon histoire dans ses moindres détails je les renvoie à mon livre L’école française et l’islam paru chez Godefroy de Bouillon.

[2] Le Coran, traduction de Denise Masson, La Pléiade.

[3] Il s’agit de la traduction de Kasimirski, Le Coran, éditions Garnier-Flammarion.


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