Loi ségrégationniste sur l’esclavage : Comment Hollande a-t-il pu nommer Taubira à la Justice ?

La loi du 21 mai 2001 sur l’esclavage est dite « loi Taubira » puisque la députée de Guyane en fut l’auteur et le rapporteur.

On peut déjà s’interroger sur la nécessité de « lois mémorielles » dans notre législation, comme le fait fort bien la constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet :

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L’article premier de la « loi Taubira » stipule : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. »

On se base pour cela sur le « statut de Rome » qui définit les règles de fonctionnement élémentaire de la Cour pénale internationale (CPI) et qui a été adopté le 17 juillet 1998. Il cite la « réduction en esclavage » comme l’un des cas de « crime contre l’humanité ». Cela rejoint la définition communément admise de « crime contre l’humanité » qui est une violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus, inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux, religieux, etc.

Cet article premier de la « loi Taubira » est cependant profondément sélectif, puisqu’il oublie la traite négrière entre Africains eux-mêmes, et la traite des Noirs par les Arabes qui fut plus importante que celle par les Blancs d’Europe ou d’Amérique. Il est donc pour le moins curieux de voir une loi se voulant « antiraciste » procéder à une discrimination entre les esclavagistes.

L’article 2 impose que les faits historiques relatifs à cet esclavagisme soient inclus dans les programmes scolaires. Or comme l’article premier ignore une partie importante des auteurs de l’esclavage, cela revient à imposer un enseignement discriminatoire de celui-ci.

L’article 3 demande « une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l’océan Indien et de l’esclavage comme crime contre l’humanité » auprès de différentes instances internationales. Là encore, Noirs et Arabes sont totalement absous de leurs péchés d’esclavagistes.

L’article 4 porte sur l’instauration de commémoration de l’abolition de l’esclavage par la République française.

L’article 5 modifie la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, en donnant à « toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits, se proposant, par ses statuts, de défendre la mémoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants, de combattre le racisme ou d’assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse » des droits reconnus à la partie civile sur les infractions « racistes » établies par la loi de 1881.

On confond donc des infractions « racistes » avec toute contestation ou critique de la « loi Taubira » ! C’est donc une loi parfaitement tautologique qui interdit qu’on la critique. (Un peu comme le Coran !) C’est ainsi qu’en 2005, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, pourtant spécialiste des traites négrières, fut menacé de procès au nom de la « loi Taubira » par un « collectif des Antillais Guyanais-Réunionnais ». Olivier Pétré-Grenouilleau fut soutenu par un collectif de 19 historiens de renom et finalement, le plaignant retira sa plainte incongrue.

On reprochait à Olivier Pétré-Grenouilleau les paroles suivantes, dans une interview au Journal du Dimanche (qui portait surtout sur l’antisémitisme de Dieudonné) : « Cette accusation contre les juifs est née dans la communauté noire américaine des années 1970. Elle rebondit aujourd’hui en France. Cela dépasse le cas Dieudonné. C’est aussi le problème de la loi Taubira qui considère la traite des Noirs par les Européens comme un « crime contre l’humanité », incluant de ce fait une comparaison avec la Shoah. Les traites négrières ne sont pas des génocides. La traite n’avait pas pour but d’exterminer un peuple. L’esclave était un bien qui avait une valeur marchande qu’on voulait faire travailler le plus possible. Le génocide juif et la traite négrière sont des processus différents. Il n’y a pas d’échelle de Richter des souffrances. »

La « loi Taubira » est donc une loi dangereuse par la ségrégation qu’elle opère entre les auteurs d’esclavagisme, et par la limitation qu’elle apporte à la liberté d’expression et à la recherche historique.

Cela a d’ailleurs été l’objet d’une passe d’arme entre Christiane Taubira et Eric Zemmour :

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http://www.youtube.com/watch?v=4ziUD5wzfcY

On remarquera simplement la mauvaise foi de la nouvelle Garde des Sceaux, qui prétend que sa loi ne concernerait que l’esclavagisme « français » parce que c’était la volonté du gouvernement. Pourtant la loi sur la négation de la Shoah ne concerne pas que des criminels français contre l’humanité, et le génocide arménien fait l’objet d’une « loi mémorielle » alors qu’il n’a pas été commis par des Français.

Dans ce débat, Christiane Taubira reproche à Olivier Pétré-Grenouilleau d’avoir dit que « les traites négrières ne sont pas des génocides ». Or l’historien a raison sur ce coup : on ne cherchait pas à exterminer les Noirs mis en esclavage, puisque bien au contraire on devait les garder en vie et en bonne santé pour travailler !

On constate donc, autant dans la « loi Taubira » que dans son dialogue avec Eric Zemmour, la Garde des Sceaux mélange tout, et nie des réalités historiques.

Ça promet pour notre Justice !

Djamila GERARD


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