L’omertà de la presse française sur l’étrange mort du directeur de Cabinet d’Aurélie Filippetti

Il était parait-il brillantissime, à l’image de ces technocrates qui se bousculent dans les antichambres du pouvoir, surtout s’il est socialiste. Polytechnicien, DEA d’économie industrielle, Ecole des Mines, chercheur à la London School of Economics…. N’en jetez plus, Gilles Le Blanc était un crâne d’œuf. C’est donc tout naturellement que la nouvelle ministre socialiste de la culture l’a appelé à rejoindre son cabinet en juin dernier, comme directeur adjoint.

Aurélie Filippetti, connue pour sa haine de « cette France moisie, cette France rancie » (entendez les Français qui s’obstinent à voir les réalités triviales, comme les ravages de l’immigration) ne pouvait qu’être séduite par l’autre France qu’incarnait ce prodige de 44 ans. La France tour d’ivoire sortie des laboratoires de Terra Nova, qui le dimanche soir 27 janvier festoyait au Théâtre du Rond Point à l’invitation de Sa Boboïtude Pierre Bergé, après avoir manifesté sous des pancartes du genre : « Hollande, s’il recule, on l’encule ». Chez les bobos on s’encanaille par la vulgarité en croyant ainsi montrer sa proximité avec le peuple, parce que pour les bobos le peuple c’est vulgaire.

Le 20 janvier au soir, le prodige en vacances à Venise avec sa compagne entre pour diner au select restaurant Caffè dei Frari. D’après le personnel, il semble très fatigué, prostré sur sa chaise, et un serveur lui propose un café pour le stimuler. Pour toute réponse, il s’affaisse lentement sur la table. Quelques minutes plus tard le médecin ne pourra que constater le décès.

Le lendemain les médias français annoncent ce décès comme naturel, sans aucun détail, et on passe à autre chose. On n’en parlerait plus si la presse italienne n’avait donné une précision qui a laissé curieusement indifférents (?) les journalistes français. Le « Corriere del Veneto », édition régionale du prestigieux « Corriere della Sera », révèle en effet que dans la poche de Le Blanc on a trouvé un sachet d’un demi-gramme de cocaïne.

http://corrieredelveneto.corriere.it/veneto/notizie/cronaca/2013/22-gennaio-2013/funzionario-francese-muore-veneziain-tasca-aveva-bustina-cocaina-2113651942239.shtml

En Italie, où une faible consommation est tolérée, ce n’est pas un délit. Mais cela jette le doute sur les causes de la mort : Le Blanc consommait-il une quantité plus importante ? Avait-il associé une consommation même minime, avec d’autres substances toxiques ? Le journal indique que le Parquet devait décider dans la journée de lundi si une autopsie aurait lieu ou non après avis de l’ambassade de France ; de leur côté les carabiniers cherchent à savoir où le Français s’était procuré la drogue.

Aucune autre nouvelle n’ayant été donnée, on ignore les suites de cette affaire. Mais ce qu’on en sait suffit pour s’étonner : pourquoi la presse française n’a-t-elle soufflé mot de ces circonstances ? Seul « Boulevard Voltaire » a abordé le sujet.

http://www.bvoltaire.fr/boulevardvoltaire/mort-du-directeur-de-cabinet-adjoint-de-filippetti-ce-que-les-medias-vous-cachent,9497

L’étonnement est à vrai dire de courte durée. Quand on sait que l’immense majorité des agences de presse et des titres est aux mains de la gauche, il ne faut pas compter sur la plupart des journaleux pour mettre en difficulté ceux qu’ils ont contribué à mettre au pouvoir, sauf s’ils ne peuvent faire autrement. Et en effet la révélation du détail en question (et des suites éventuelles) eût été fâcheuse après la mort quelque peu scandaleuse de Richard Descoings à New York au printemps dernier, et l’affaire Strauss Kahn auparavant.

Rappelez-vous. Descoings, le flamboyant directeur socialiste de Sciences Po Paris, qui avait ouvert l’institution aux recrues issues de la « diversité », et pour ce faire, avait supprimé l’épreuve de culture générale. Quant on vous dit que l’immigration est un facteur d’enrichissement. Celui qui se proclamait fièrement « le premier pédé de Sciences Po », celui dont la gestion a ensuite provoqué la curiosité de la Cour des Comptes, qui a pointé notamment sa rémunération de nabab (537 000 € en 2010)

Le 12 avril dernier on trouvait dans une chambre d’hôtel de New York le corps sans vie de Descoings. Mort naturelle officiellement. Or certains détails sur lesquels la grande presse en France a été discrète font souffler un parfum de scandale sur l’évènement. Descoings était nu, son ordinateur et son téléphone portable avaient été jetés par la fenêtre. Il venait de consulter des sites de rencontres homosexuelles, et deux hommes auraient été vus sortant précipitamment de sa chambre. Alors qu’il venait de se marier, le premier à reconnaître le corps fut « son véritable mari » Guillaume Pepy, ancien directeur général (et médiatique) de la SNCF. Une autopsie devait avoir lieu, dont on n’a jamais rien su.

http://www.dreuz.info/2012/04/richard-descoings-une-mort-gay/

http://www.liberation.fr/societe/2012/05/30/richard-descoings-est-mort-d-une-crise-cardiaque_822491

On ne reviendra pas sur la saga Strauss Kahn, qui a fait jaser la planète entière pendant des mois.

Strauss Kahn, Descoings, Le Blanc ? Ce serait trop. Décidément l’image à l’étranger de l’élite dirigeante française risquait de prêter à des rapprochements douteux avec la Rome de Néron.

Voilà pourquoi à Venise le 20 janvier, il ne s’est rien passé. Un homme est mort d’un infarctus, c’est tout.

Jean de la Valette


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans MEDIAS. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.