Profitant de la vacation fériée de ce samedi après-midi 14 juillet et d’une accalmie entre deux averses, trois membres de Résistance Républicaine se sont retrouvés au parc du château de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle. L’objectif était d’informer sur la consommation à notre insu de viande halal et de toutes les conséquences afférentes.
En deuxième lieu, l’interlocuteur de nos militants prenait connaissance d’un dossier de Riposte Laïque sur le sujet, ce qui permettait de faire connaître notre journal en ligne et ses combats ; l’actualité permettant d’illustrer ceux-ci en citant comme exemple le scandaleux « séminaire » salafiste s’étant déroulé à Vandoeuvre-lès-Nancy, également en Lorraine, et qui fut justement révélé en premier lieu par un lecteur de Riposte Laïque et membre de Résistance Républicaine.
Le choix du lieu fut débattu rapidement, le parc du château étant préféré au centre-ville. Choix positif, car le nombre plus réduit de passants permettait de consacrer plus de temps aux différents interlocuteurs. D’autre part, ceux-ci, étant pour moitié soit des touristes, soit des Lunévillois en promenade, étaient dans un esprit de flânerie propre à une journée de congés. Leur disponibilité et leur patience ont permis l’établissement d’une discussion sereine permettant d’étaler posément l’argumentation. A l’inverse, les piétons du centre-ville auraient été peut-être pressés de poursuivre leur chemin.
A l’origine de l’action se trouve la méconnaissance des effets de la distribution usuelle de tracts dans les boîtes aux lettres. Combien les lisent ? Et parmi ceux qui les lisent, combien iront en savoir plus sur les sites de Riposte Laïque ou de Résistance Républicaine ? Plus intéressant nous a paru d’aller à la rencontre des personnes pour savoir comment elles ressentaient les problèmes auxquels nous nous trouvons confrontés. Et pour les plus sensibilisées, leur donner plus concrètement le moyen de mieux connaître notre lutte.
Il ne s’agissait donc pas de distribuer le plus de tracts possibles. La qualité du dialogue était privilégiée à la quantité. Ainsi en 3 heures de présence, les trois riposteurs ont distribué environ 50 tracts, après exposé de son contenu. Le degré de réactivité des auditeurs a été variable. 15 personnes ont laissé leur adresse mel pour y recevoir notre journal. Une autre quinzaine a promis de consulter Riposte Laïque pour le découvrir. Une dizaine a compris voire partagé les arguments donnés et les raisons de la lutte, mais ne souhaite pas plus s’engager. Enfin une dizaine, tout en prenant aimablement un tract a rétorqué poliment après plusieurs échanges, qu’en fait la situation présente liée au halal ou aux avancées islamiques ne leur paraissait pas inquiétante ou ne les dérangeait pas.
Seuls au total un maximum d’une quinzaine de personnes ont dédaigné les demandes de dialogue, pressant le pas, en silence ou bougonnant plus ou moins distinctement. Mais aucune invective ne fut lancée.
L’approche choisie, parmi d’autres possibles, fut la question du halal imposé aux consommateurs. « Bonjour messieurs, dames. Savez-vous qu’une très grande partie de la viande vendue en France est halal, à l’insu du consommateur ? » Et de lancer ensuite l’enchaînement d’arguments variables en fonction des préoccupations propres à chaque allocutaire.
Quatre arguments avaient été privilégiés :
- les risques sanitaires, en rappelant que lors de l’abattage rituel, en l’absence de ligature, le contenu de l’œsophage et des intestins risque de souiller la viande, amenant les bactéries e-coli, particulièrement dans les quartiers avant qui finissent dans les steaks hachés. Or 23 personnes ont été contaminées en juin en Belgique par des bactéries e-coli, avec de la viande venant d’un abattoir de Genk mentionné comme halal. De même, 3 enfants ont été atteints dans la région de Bordeaux. Enfin certains en ont gardé de lourdes séquelles, en étant victimes d’insuffisances rénales. « Cette augmentation de cas d’infection à l’e-coli est concomitante avec l’augmentation de l’abattage halal », déclarait le toxicologue Jean-Louis Thillier sur France 3.
- la taxe versée à une religion, le consommateur ne devant pas verser à son insu un pourcentage (certes faible) du montant de son achat de la viande à un sacrificateur musulman, présent à l’abattoir, qui le reverse ensuite afin de financer entre autres la construction de nouvelles mosquées en France, permettant ainsi un renforcement du culte musulman.
- le consommateur trompé, car non informé. La laïcité, c’est le droit pour tout citoyen de ne pas subir l’influence d’une religion ; rien n’empêche un croyant de consommer ce qu’il veut (halal, casher), mais les autres citoyens ne doivent pas en subir les conséquences. Aussi, si les juifs ou musulmans sont et ont le droit d’être informés de l’origine religieuse de leur viande (halal ou casher), ceux qui ne veulent pas se nourrir d’une viande consacrée ont le droit de savoir avec certitude que la viande qu’ils consomment n’est ni halal, ni casher. Le respect du droit du consommateur à être informé exige donc une traçabilité de la viande.
- la souffrance animale : l’agonie est longue, le cerveau continuant à être irrigué par les deux artères vertébrales qui sont un circuit de suppléance en cas de section des carotides, elle peut aller jusqu’à 14 minutes pour les bovins. Cette longueur de l’agonie entraine des soubresauts violents accompagnés de défécations et d’émission d’urine, le tout éclaboussant toute la zone d’abattage et dégradant les conditions d’hygiène générale !
Evidemment, tous ces arguments n’ont pu être développés à tous, mais ils ont pu servir à tel ou tel moment, en fonction de telle ou telle question.
Pour mieux illustrer l’étendue du problème et l’énorme avancée du halal, une carte de la Lorraine avait été photocopiée, représentant la liste des abattoirs lorrains. Sur les 7 abattoirs subsistant, un seul certifie que sa viande distribuée est non halal. Carte extrêmement significative et qui a impressionné plusieurs personnes.
La plupart des auditeurs étaient déjà informés de cette imposition du halal effectué à l’insu du consommateur français ; un bon nombre avait d’ailleurs suivi le reportage d’Envoyé spécial traitant de la question, ayant même mémorisé beaucoup d’aspects concernant les négligences sanitaires. Une bonne moitié paraissait fataliste, ayant le sentiment que tout cela les dépassait. Ce qui nécessita le rappel qu’ils étaient des citoyens et que, réunis, et en agissant sur nos responsables politiques, on pouvait faire avancer les choses.
Aucun ne connaissait l’existence de Riposte Laïque, même parmi ceux qui nous ont d’emblée soutenu en montrant leur enthousiasme et en disant que notre action était positive. Plusieurs nous ont dit que nous avions raison de lutter, mais qu’ils étaient, à juste titre, confrontés à des problèmes plus graves et plus pressants, comme la perte de leur emploi ; un faisant le lien entre la tragédie d’Aulnay-sous-Bois et ce que de nombreux Lunévillois vivent avec la suppression de plus de la moitié des emplois à l’usine Trailor de Lunéville, spécialisée dans la fabrication de citernes pour hydrocarbures, bennes et remorques bâchées.
Le bilan dressé fut si satisfaisant que nous devrions réitérer l’opération dans les jours prochains dans d’autres villes lorraines. En dehors de permettre l’augmentation du nombre de lecteurs de RL, cela a permis, comme il nous l’a été dit, à plusieurs citoyens de prendre conscience qu’ils ne sont pas les seuls à être préoccupés par les empiétements sur la laïcité française. Ce soulagement de n’être pas seul pourra conduire beaucoup à intervenir davantage auprès de leur entourage afin de défendre les valeurs laïques.
Espérons également que d’autres sections régionales de Résistance Républicaine entreprennent également d’aller au-devant des citoyens dans l’espace public pour les sensibiliser à la riposte laïque.
Jean Pavée











