M. Valls, quand allez-vous enfin donner les moyens aux forces de l’ordre de faire leur travail ?

LETTRE A MANUEL VALLS, MINISTRE DE L’INTERIEUR

Monsieur le Ministre,

Le Président de la République a fait la déclaration que vous connaissez : « Pour le Gouvernement, la sécurité est une priorité, une obligation ».

L’insécurité en France atteint maintenant des sommets jamais atteints, résultats de dizaines d’années de laxisme de nos institutions et principalement de nos gouvernants.

Dernièrement, le Commandant du Groupement de la Gendarmerie Nationale du Maine-et-Loire a donné à ses hommes les recommandations suivantes :

- « s’abstenir de toute poursuite des véhicules des malfaiteurs ».

- « s’interdire de tenter toute intervention en se tenant sur un point d’observation ».

- « aborder la scène de crime seulement après s’être assuré du départ effectif des malfaiteurs ».

Récemment, un reportage TV montrait les services de Police d’une ville aux prises avec des délinquants mettant le feu aux poubelles, caillassant les vitrines de boutiques, saccageant et brûlant une école…Les Policiers, pourtant désireux d’intervenir, avaient reçu de leur hiérarchie l’ordre de ne pas le faire et de laisser l’émeute se dérouler, afin de ne pas aggraver la situation : résultat, des centaines de milliers d’euros de dégâts et des délinquants impunis fiers de leurs actes.

Mais je comprends tout à fait la position de la hiérarchie des membres des forces de l’ordre qui vise avant tout à protéger ses hommes. Je me demande d’ailleurs jusqu’à quand la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale pourront encore recruter des volontaires pour protéger les citoyens !

En effet, actuellement les membres des forces de l’ordre doivent faire face à une problématique inquiétante dans l’exercice de leur mission :

- à tout moment, face à des délinquants de plus en plus violents, les hommes mettent leur vie en jeu, ce qui demande mûre réflexion.

- si, lors d’une intervention, les membres des forces de l’ordre blessent ou tuent un délinquant, ils seront systématiquement mis en examen, la Justice leur reprochera toujours de n’avoir pas été en état de légitime défense.

Dans ces conditions, quelle peut être la marge d’action des forces de l’ordre ? Très faible.

Monsieur le Ministre, des délinquants « bien connus de la Police », des délinquants « au dossier bien chargé » (parfois 10, 20, 30 interpellations) courent toujours dans la nature, avec un sentiment d’impunité total. Ces multirécidivistes, très dangereux pour certains, sont relaxés par la Justice qui rend ainsi les forces de l’ordre impuissantes et leur mission impossible. Vous le savez mieux que quiconque.

Monsieur le Ministre, vous ne pourrez jamais faire régresser l’insécurité tant que la Justice sera aussi laxiste avec les délinquants, tant que les forces de l’ordre n’auront pas les coudées franches pour effectuer leur mission, tant que les membres des forces de l’ordre  seront systématiquement soupçonnés de « bavure » lors d’interventions finissant dans le sang.

Actuellement, dans le rapport Forces de l’ordre/délinquants, les victimes sont les forces de l’ordre ; beaucoup de Gendarmes ou de Policiers sont blessés ou paient de leur vie, beaucoup d’autres se retrouvent sans raison devant la Justice.

Personnellement, cette situation me scandalise, c’est le monde à l’envers. Je profite de ce courrier pour faire part de mon plus profond respect à l’égard de l’ensemble des membres des forces de l’ordre, sans lesquels règnerait l’anarchie. Par contre, je n’ai pas le même sentiment à l’égard des juges et des magistrats (et je prends un exemple caricatural de cette Justice dévoyée en la personne de Mme Evelyne SIRE-MARIN, magistrat à Paris, membre du Front de Gauche, qui, en pleines émeutes des banlieues en 2005, éditait sur le site de la Fondation Copernic, « Le guide des manifestants arrêtés » (les émeutiers étant comparés à des braves manifestants) et « Pour une Police démocratique » (un pamphlet ignoble sur notre Police Nationale).

Espérant ne pas avoir abusé de votre temps, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

André Bonnetain


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