Mali : L’attitude courageuse de François Hollande mérite le respect

Je ne partage pas le point de vue de Mme Filio et je suis agacé par le ton moqueur de son billet. J’y lis quelques énormités à l’endroit de François Hollande que j’ai déjà lues ou entendues sur le compte d’autres personnes.

Déjà, François Hollande n’est pas un « bien-aimé-président-DICTATEUR », ni même « François II » (roi de France pendant un an et cinq mois entre 1559 et 1560), mais le Président de la République Française, démocratiquement élu par le Peuple Français.

Ensuite, concernant sa décision d’intervenir militairement au Mali, que j’approuve sans réserve, il est infantile et ridicule de la part de Mme Filio, de laisser entendre qu’il est aisé, en étant chef des armées (puisque c’est bien le président qui remplit ce rôle et personne d’autre), de déclencher une opération militaire et d’envoyer les soldats français guerroyer sur le terrain, tout en restant au chaud et à l’abri à l’Elysée.

Cette dame attend-t’elle de François Hollande qu’il enfile un treillis, chausse des rangers et se coiffe d’un casque lourd pour aller, FAMAS à la main, truffer de balles de calibre 5.56, les miliciens foutraques d’AQMI et du MUJAO?

Elle me rappelle ces gens qui affirmaient sottement que le Général de Gaulle n’était qu’un planqué à Londres, pendant que les soldats des FFL et les résistants risquaient leur peau jour après jour. L’ignorance, le dispute à la stupidité.

Eh bien moi, je dis bravo à Hollande. Bravo d’avoir eu le courage de prendre cette lourde responsabilité. Il est facile de gloser sans fin sur la progression alarmante du danger islamiste et ne jamais prendre la moindre initiative pour le combattre, non pas avec des mots, mais avec des armes.

Malheureusement, je constate avec effarement et tristesse à quel point la France est seule. Terriblement seule.

L’Union Européenne des baudruches Barroso, Van Rompuy, Ashton et consorts est aux abonnés absents. Bon, ça, ce n’est pas une surprise, tant ce machin n’a pour seule raison d’exister que l’essorage des peuples européens sous le rouleau-compresseur d’une impitoyable politique ultralibérale et libre-échangiste.

Les Etats-Unis, qui veulent toujours que le monde entier, qu’ils pensent être leur vassal, les suive dans leurs aventures militaires destinées à servir leurs propres intérêts, restent sur leur réserve et apportent un soutien logistique plutôt timide. Sans doute sont-ils un peu pris de court (et jaloux) de voir la France prendre une initiative militaire courageuse, alors que certains Américains, un peu bas du front il est vrai, aiment à nous qualifier de « cheese-eating surrender monkeys » (singes capitulards mangeurs de fromage), incapables de faire la guerre.

Anglais et Allemands eux, préfèrent détourner la tête en sifflotant, feignant de ne rien voir et ne voulant pas trop se mouiller. Après tout, l’Afrique de l’Ouest, c’est le bac à sable de la France, ancienne puissance coloniale de la région (mais est-elle vraiment l’ANCIENNE puissance coloniale?)

Au moment où la France s’honore et se grandit en « ayant les couilles » d’aller combattre en première ligne, par le fer et le feu, le fascisme islamiste meurtrier, on pouvait attendre de nos « grands » amis et alliés (qui se montrent en l’occurrence très petits et très lâches) qu’ils nous suivent et nous disent, pour paraphraser avec humour un certain Monsieur Sylvestre: « On va leur péter la gueule, mon colonel ».

C’était l’occasion de délivrer un sublime et salvateur message de force, de courage, d’honneur et de dignité à la face des islamistes de tout poil et à leurs pervers et sournois bailleurs de fonds des Etats pétroliers du Golfe, spécialistes inégalables du double jeu et du double discours.

C’était l’occasion en or de leur dire, comme un seul homme, que non, l’Occident, la démocratie, le monde libre n’a pas baissé les bras face au fascisme vert et ne se laissera pas cueillir comme un fruit mûr.

Raté ! Les culs-étroits ont encore sévi. Mais tant pis, la France a ravivé et brandi le flambeau de la liberté, elle a repris son rôle, trop longtemps abandonné, de guide et de phare dans la lutte contre l’obscurantisme et les ténèbres. Rien que pour cela, je tire mon chapeau au président de la République.

Sur la lutte contre l’islam radical en France et la complaisance à l’égard du Qatar et autres pétromonarchies, je me montrerai moins enthousiaste. Mais ça, c’est un autre débat.

S’il-vous-plaît, Mme Filio, avec votre coiffure impeccable et votre mise élégante, ayez la bonté de ne pas trop médire sur les gens qui prennent leurs responsabilités, ni sur les gens qui, par passion de leur métier, prennent des risques (souvent un peu trop, c’est vrai) comme Ghesquière et Taponier ou nos actuels otages, dont les ravisseurs doivent, à un moment donné, rendre gorge. C’est aussi pour cela que nos valeureux soldats sont au Mali.

Didier MEY


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