Mali : pendant que les Talibans lapident, la diplomatie française continue de fabiuser…

Ce matin, j’ai croisé un voisin, un brave père de famille malien. On s’est salué puis avons engagé une discussion, après qu’il m’ait demandé : quoi de neuf monsieur Alain ?

–          Quoi de neuf – ai je répondu : Avez-vous suivi les derniers événements maliens, la démission du gouvernement et la condamnation morale des militaires excédés par la passivité gouvernementale face aux événements dans le nord et par l’impotence de ces gens prétentieux que l’on appelle la communauté internationale ?

–          Monsieur Alain, c’est terrible ce qui se passe au Mali. Je suis découragé. Hier, dans un village du nord, les bandits armés ont réuni les gens. Ils ont frappé les jeunes à coups de bâton pour leur apprendre la charia et ils ont tué -avec des grosses pierres et des morceaux de bétons- un couple qui n’était pas marié. Vous savez, si ça continue, si on laisse seul le Mali, et si les Maliens restent gouvernés comme maintenant, les bandits vont prendre d’autres villes pour y terroriser les gens et imposer leur charia…vous verrez, on va vous dire bientôt qu’ils sont arrivés à Ségou.

Et pendant ce temps là, pendant que l’on bastonnait et assassinait au nord du Mali, à coups de blocs de bétons, par la « lapidation » voulue par la charia au nom d’un « dieu » unique qui n’apparaît là que comme le masque d’un nouveau Moloch ayant éliminé ses acolytes ou « associés », pendant ce temps là, la diplomatie française continuait à fabiuser ; elle parlait, parlait, parlait, dénonçait, ne voyant rien du nouveau bain de sang qui se prépare en Syrie avec sa collaboration active. Elle continuait d’accuser Israël de crimes imaginaires, sans entendre les menaces d’une nouvelle shoah proférées par les talibans du Hamas ainsi que par les talibans « modérés » de l’autorité palestinienne (Mahmoud Abbas vient en effet d’inviter à l’organisation de meurtres de civils israéliens au moyen de nouveaux attentats). Mais cela n’horrifie ni François Hollande, ni Laurent Fabius qui, malheureux hasards sûrement, n’ont rien entendu de ces propos horrifiants.

Et pendant ce temps là, concernant le Mali, la dite diplomatie néo-munichoise, -accompagnant les sérénades, les palinodies et les pantalonnades de la « communauté internationale »- grondait les militaires Maliens. Pour le « fabiusisme » et pour l’obamisme, les soldats maliens n’ont pas à être excédés par l’impotence politique face à la terreur quotidienne vécue par leurs frères et sœurs du nord du pays, même quand une gangrène à masque religieux consolide son despotisme, qu’elle cherche à s’étendre et menace de mort votre pays, son peuple et sa culture, ses traditions, toute sa vie quotidienne de A à Z.

Et pendant ce temps là, les recruteurs officiellement basés à Nouakchott, organisent des campagnes de recrutement de bandits et d’assassins djihadistes, dans les camps Saharaoui portant strictement contrôlés par les autorités d’Alger.

Au sein du PS on brocardait un certain « Flanby »

« Flanby » est devenu président de la république. Il cause cet homme. Il confie ses émotions, à la presse. Il est horrifié…par qui, par quoi ? Il est remué jusqu’au plus profond de son âme par la nouvelle tuerie qui a eu lieu dans une école des Etats-Unis. On le comprend.

Et comme un seul homme, les médias en pointent la cause.

La cause de cette tragédie, c’est l’amendement numéro deux de la constitution américaine. C’est le texte constitutif de la Nation américaine, qui autorise le libre armement d’un peuple qui possède -ce qu’on refusera au peuple français mais que prévoyait la constitution de l’an II- : le droit du peuple à l’insurrection, contre un gouvernement même librement élu, s’il juge tyrannique l’action du dit gouvernement.

En Europe, les peuples, les nations, soit n’ont jamais eu, soit ont perdu ce droit fondamental. En Europe, le peuple n’est plus rien.

Ses parlements ne sont plus que des chambres d’enregistrement. Le pouvoir se concentre chaque jour un peu plus entre les mains d’un bureaucratie prospère et jalouse de ses prérogatives croissantes.

François Hollande est horrifié

Les médias sont horrifiés. La cause, pour ce petit monde, c’est le maintien d’une déclinaison pratique du droit insurrectionnel constitutionnel du peuple américain. Supprimons ce droit, plaident les médias, en échos aux larmes (de crocodiles ? de Hollande-Obama).

Pendant ce temps là, au Mali, on a bastonné en public des dizaines de jeunes gens, coupables d’écouter de la musique malienne ou d’en jouer encore, coupables de regarder des jeunes femmes et de leur conter fleurette, malgré l’interdiction de la charia…

Pendant ce temps là, on a, une nouvelle fois, lapidé à coups de blocs de béton un homme et une femme qui s’aimaient. On a, pour la seconde fois, par la menace des armes, contraint tout le voisinage à assister à cette barbarie et à y mettre la main.

Ou je suis sourd et aveugle, ou j’ai raté le moment, -dîtes-moi les amis-, quel journal, quelle télévision, quelle radio, à dénoncé ce sauvage double meurtre « judiciaire » normal et juste selon la charia ?

Quel homme politique et quel média ont-ils été horrifiés par la charia en action dans le nord du Mali et proposé de s’attaquer à la source de l’horreur : la charia?

Quel média, quel homme politique, quel dirigeant du CFCM, lequel d’entre eux, a-t-il dénoncé, -et quand ?- cette odieuse dictature, et proposé de combattre énergiquement les individus et les groupes qui appellent à organiser, en France même et partout ailleurs, ces bacchanales, ces orgies de violences « religieuses » ?

Pour revenir à notre Président horrifié, apparemment, la nouvelle lapidation d’hier ne l’a pas horrifiée. Mais peut-être qu’on ne lui dit pas tout, à ce brave homme et qu’il n’est pas encore au courant ?

Peut-être bien que le Quai d’Orsay lui cache des choses, ou que ses propres services sont ignorants et/ou incompétents ?

J’ai cependant voulu conclure la conversation avec mon voisin sur une note optimiste, après qu’il m’ait expliqué, -lui un « bon musulman »-, par un exemple concret concernant le vol, l’hypocrisie de « leur charia » :

–          vous savez – lui dis-je- que le carburant des quatre-quatre des bandes armées qui séquestrent le nord du Mali, que leur ravitaillement, que l’argent qui coule à flot pour recruter des aventuriers dans les camps saharaoui et pour acheter des jeunes du nord  presque encore enfants pour les enrégimenter et leur faire terroriser parents et voisins, c’est le carburant et l’argent du Qatar ?

–          vous savez que l’Emir du Qatar s’est rendu à Gaza ? On pouvait, par conséquent, redouter que l’émirat ne vienne à l’aide des talibans de Gaza, qui sont frères d’armes, « d’idée » et d’organisation (les Frères musulmans et leurs annexes) des talibans qui sévissent au nord-Mali, séquestrant et terrorisant les Maliens restés à Tombouctou, Kidal et Gao ?

En fin de compte, ce n’est pas ce qui s’est produit.

A l’inverse, l’Emir du Qatar a fait diffuser un communiqué qui dit, en liant leurs actuelles positions aux intrigues de la tyrannie khomeyniste de Téhéran, qualifiée « d’ennemie des musulmans »: que le Hamas, comme ses rivaux du Fatah à Ramallah, et tutti quanti, doivent reconnaître Israël ; que Jérusalem doit resté unifié et que la ville de David-Salomon, que la ville du Temple, que la ville de la nation par deux fois révoltée contre l’empire romain (67-70, 132-135), puis révoltée une troisième fois, au tout début du 6ème siècle contre l’empire romain d’orient (Byzance devenue Constantinople), est la capitale de toujours des Juifs, dans son intégralité*1.

Que faut-il en déduire ? Sinon que les lignes bougent…

Les lignes peuvent encore bouger, beaucoup plus et positivement. Mais cela dépend des Maliens eux-mêmes. Cela dépend de leur capacité à produire de nouveaux Soundiata, qui seront leurs Danton, leurs Babeuf, leurs Lazare Carnot, leurs Bonaparte, leurs Tambours Bara, leurs soldats de « l’An deux », appelant tout le peuple malien à prendre les armes, pour chasser et anéantir les brigands « religieux », pour en finir avec les talibans qui séquestrent le nord du pays et pour réaliser ce qui était l’objectif d’hommes comme Modibo Keita : un pays libre et indépendant, un pays respectueux des nationalités ou des ethnies le composant, un pays tendant la main aux autres pays de l’Afrique, pour réaliser un panafricanisme qui ne soit pas une version africaine de la défunte union soviétique mais une union libre de nations souveraines.

Au 10ème siècle, les ancêtres des Donsso (la caste des chasseurs), -alliés avec les Judéens venus du royaume judéo-zénète du Touat et s’étant installés au sud du Sahara-, ont stoppé le djihad almoravide.

Les chroniqueurs arabes écriront peu après : qu’un archer aveugle décochera une flèche, et une seule. Elle frappera et tuera le chef du vaste rezzou almoravide. Le djihad et la dictature de la charia seront ainsi stoppés au bord du Niger.

Dépités, les pillards fanatiques s’en iront alors vers le nord, vers l’Espagne. Ils y renverseront les Ommeyades, puis établiront un régime taliban imposant aux peuples d’Espagne une violence arbitraire s’exerçant implacablement au nom de la « religion ».

Le talibanisme almoravide sera lui même brisé, par plus taliban que lui, par le talibanisme des Almohades, avant que les autochtones ibériques (Espagnols et futurs Portugais) ne mettent fin à la dictature de la charia.

Qui sera aujourd’hui l’archer aveugle, qui sera le « donsso », qui décochera la flèche décisive, qui sera comme la muleta frappant le fauve sauvage qui ronge et menace de ruine le Mali.

Aux armes citoyens !!!

Alain Rubin

*1 Sans aller chercher jusqu’au 6ème siècle (l’année de la troisième et dernière révolte juive), ni jusqu’au 17ème (époque du mouvement messianique sabbataïste initié par Nathan de Gaza),  mais en remontant au début du 20ème, les chiffres de l’administration ottomane donnent, pour l’année 1903, le rapport suivant, entre Juifs et Arabes, pour une ville unique, essentiellement constituée par la vieille ville formant le cœur de ce qu’aujourd’hui on appelle « Jérusalem-est » : Juifs 42000, « Musulmans » 7200. Sans autre commentaire, ces Juifs répondent à toutes les objections colportées par le Quai d’Orsay et ses annexes.


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