Mariage et adoption homo : la dictature des minorités

On connaît l’anecdote. Quelqu’un soupire : « Je sais bien que la vie n’est qu’une succession de périodes roses et noires, et parfois, il suffit de prendre son mal en patience. Mais il me tarde de sortir du noir ! ». « Mon pauvre ami, lui répond-on, tu n’as pas compris que tu es justement dans le rose. »

Cela dit tout de ce qui s’est passé en France à l’occasion des dernières élections présidentielles.

On en avait assez de Sarkozy. Sarkozy n’avait pas justifié la confiance de la partie sensée des électeurs. Sarkozy s’était embarqué dans diverses entreprises qu’on ne pouvait lui pardonner. Ce n’est pas que les gens de droite ou les modérés se soient transformés en gauchistes, mais ils n’ont pas voulu se ranger derrière un candidat non crédible (Marine Le Pen n’a, pour le moment, aucune chance de passer), ce qui a assuré la revanche de l’opposition.

François Hollande donc, triomphe et se montre dans tout son éclat. Aucun doute qu’on nous réserve, dans l’avenir, des reportages alléchants sur sa politique économique, mais, pour l’instant, intéressons-nous à la mise en œuvre des promesses de campagne qu’il avait bien l’intention de proclamer comme décrets-phares depuis sa fenêtre de l’Elysée.

Dès les premiers jours de la nouvelle année 2013, la France est promise à la légalisation des mariages homosexuels avec droit d’adoption, pour mettre fin à toute « discrimination ».

Nous vivons, en Europe une époque de terreur, celle des « minorités », lesquelles n’auront point de cesse qu’elles ne se transforment en majorités. Ces minorités sont, pour être précis, au nombre de deux, à savoir : les homosexuels et les mahométans. Leurs stratégies sont sensiblement analogues. Il s’agit de jouer sur un complexe de culpabilité historique qu’elles font peser sur la majorité, d’arguer des droits de l’homme, de faire appel à la tolérance, d’avoir le plus grand nombre possible d’enfants – soit en les engendrant de quatre épouses, soit en mettant la main sur ceux des autres. Nous connaissons des milliers de cas où les services sociaux ont arraché des enfants à leurs parents pour les raisons les plus extravagantes, mais, dans les pays où les familles homosexuelles sont déjà autorisées, les services ne s’occupent d’elles qu’avec crainte et tremblements. On comprend facilement la raison. Que l’on se risque à enlever un enfant maltraité à un couple homosexuel, on se verra aussitôt accusé d’homophobie. Les coups reçus par la petite victime seront qualifiés de « prétexte », la vraie raison dénoncée étant « le refus qu’un enfant grandisse dans le respect de la tolérance». Pour le moment, les minorités  s’ignorent, elles ont une tâche plus urgente à accomplir : enfoncer la majorité. Eradiquer jusqu’à la mémoire de sa religion, l’obliger à se justifier à chaque pas, à garder le dos courbé. Il serait piquant d’imaginer ce qui se produira, quand, après avoir bien foulé aux pieds la majorité, ils se retrouveront nez à nez. Mais, après tout, on s’en moque royalement.

Il y a quelques jours, on a supprimé aux Belges leur arbre de Noël. On va le remplacer par un accessoire électronique tarabiscoté, « mais sans rapport », selon les propos de la conseillère municipale Bianca Debaets, « avec le christianisme » et, par conséquent, « ne pouvant froisser la sensibilité musulmane ». Qu’on se le dise. A ce propos, on constatera avec intérêt que l’information a circulé dans quelques uns de nos journaux, mais sans décryptage : on annonce de façon neutre que les Bruxellois, gens à l’imagination fertile, ont conçu, pour les fêtes, une ornementation originale et l’on donne des précisions d’ordre technique.

La terreur exercée par les minorités est un phénomène fondamentalement nouveau. Déjà étudié mais pas encore reconnu. D’ailleurs, l’actualité la plus brûlante ne s’intéresse qu’à l’une de ces minorités : celle dont aujourd’hui Hollande fait le bonheur. Mais comment ne pas remarquer que l’offensive contre le christianisme s’abat sur l’Europe depuis les horizons les plus divers, parfois étrangement disparates.

On peut s’en étonner, mais, cette fois, l’Eglise catholique française a relevé la tête. André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a ouvert une campagne de protestation. Les catholiques feront entendre leur « non » au projet gouvernemental. Les protestants peuvent bien bénir les unions homosexuelles devant les autels, les catholiques, eux, tiendront même pour nulle leur légalisation civile.

Oui, il est des questions sur lesquelles le catholicisme, tout humilié, bafoué, calomnié qu’il soit ne transigera jamais. L’euthanasie, l’avortement et la désagrégation de l’institution du mariage.

Les membres du clergé mettent en garde : on n’arrêtera plus la dérive morale. A la suite des homosexuels, ce seront les « familles » fourre-tout qui exigeront la reconnaissance de leurs droits, puis quelqu’un mettra en avant les « droits » à l’inceste, ensuite on verra se dresser le puissant lobby des pédophiles. Vous pensez que je vais trop loin ? Que l’on se souvienne : déjà dans les années soixante-dix, la crème des intellectuels français de gauche faisait campagne pour les droits des pédophiles (y compris des amateurs de très jeunes enfants : « quand une petite fille de cinq ans te déshabille, c’est comme un jeu ! »). Et Jacques Derrida, et Jean-Paul Sartre, et Simone de Beauvoir ont naguère soussigné ces appels en faveur de la pédophilie. Qui ira croire que leurs disciples ont une plus haute moralité ? Sur la base de quels arguments ?

Nos athées contemporains, tout civilisés qu’ils soient, ont tendance à oublier que tout ce qu’ils chérissent : une famille normale, l’intangibilité de l’enfant, la valeur de la vie humaine est le fruit de l’Europe chrétienne. Oui, la gestation s’en est faite dans un monde cruel et dans la douleur, mais l’enfantement a eu lieu. L’Antiquité ne se contentait pas de tolérer la pédophilie et la sodomie (qui vont de pair, en règle générale), mais elle les considérait comme banalités de l’existence. Comme nos ancêtres ont eu du mal à lutter contre cet héritage, et quels ingrats nous sommes, nous leurs descendants ! Qui comprend de nos jours ce que représentait pour les femmes – bien des siècles avant le mouvement féministe –  la vie monastique ? Je vais vous le dire : la possibilité d’échapper au viol légal. En fondant au royaume de France l’un des premiers couvents de femmes, sainte Radegonde le déclara sans ambages. Peut-être que ce choix – partager la couche d’un homme haï ou se retirer le monde –  vous paraît aujourd’hui étriqué ? Aurait-il été préférable de se passer la corde au cou ? Le monde ancien ne pouvait proposer aux femmes d’autre alternative que le nœud coulant.

En deux millénaires notre civilisation a édifié une maison dont les valeurs chrétiennes constituent les structures porteuses. Le vingtième siècle nous a apporté la preuve monstrueuse que leur délabrement entraînera l’écroulement de ses murs et de son toit sur nos têtes.

(…) Hollande a fait le premier pas. Le clergé français – ô miracle ! – a riposté ouvertement. Attendons maintenant la suite….

Elena Tchoudinova

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