Mariage homo : Fourest déclare la rue illégitime, Taubira le référendum illégal !

Une manifestation consistante, mais nous ne renonçons pas, nous ne céderons pas… c’est en ces termes que le chef de la Normalitude a enregistré le presque million de manifestants de dimanche 13 janvier 2013.

La veille, l’émission de Laurent Ruquier avait caricaturalement illustré le totalitarisme néo-polpotiste du taubiro-hollandisme décliné par l’animateur, par la fonctionnaire de la fondation Anna Lindh, et par des invités agissant en meute, pour tenter de décontenancer et déconsidérer Frigide Barjot qui représentait dans cette galère les organisateurs de la marche contre le « basculement civilisationnel » promis par Christine Taubira.

L’émission avait pour ambition de faire croire : que les manifestants du lendemain ne rêvaient que plaies et bosses, qu’ils allaient défiler pour dénier leurs droits humains aux homosexuels. Bref, tout ce petit monde confondait allègrement égalité civique et amoureuse et « droit » inconditionnel à avoir un enfant, à la « parentalité ».

Parce que Frigide Barjot réclamait un référendum sur la question – et qu’elle escomptait, pour l’obtenir, la mobilisation civique du lendemain, (qui n’a peut-être pas épuisé toutes ses ressources dimanche soir) – Caroline Fourest s’est crue autorisée à accuser, à jouer les Fouquier-Tinville au petit pied : « Vous êtes pour la pression de la rue, vous êtes contre la démocratie représentative ».

La ficelle était grosse…

Elle a eu le mérite de montrer qu’effectivement, au-delà de la question de la famille et de la filiation, dans l’entêtement néo polpotiste de Christine Taubira et de son chef, on est bien, malheureusement, entré dans une période de turbulences qui voit vaciller les fondements de la démocratie politique, avec la volonté de brouillage des repères sociaux individuels et collectifs organisée par l’exécutif et ses chevaux-légers des médias.

Si vouloir faire entendre la voix du pays réel à un homme élu par 51%, (ces 51% représentant moins de la moitié des électeurs inscrits), c’est être contre la « démocratie représentative », alors c’était être plus  encore contre la démocratie représentative :

– que de défiler massivement à plusieurs reprises contre le plan Juppé à l’appel des confédérations ouvrières en 1995, c’était bien plus en 1968 être contre la démocratie représentative que faire la manifestation du 13 mai 1968 scandant « de Gaulle, dix ans ça suffit ! » ou « vive la révolution socialiste » et la grève de masse généralisée de 10 millions de salariés qui s’ensuivit et amena les négociations qui produisirent les Accords de Grenelle… C’était toujours être contre « la démocratie représentative » que manifester contre le CPE et en obtenir le retrait.

Rappelons à mademoiselle la porte-parole de l’homosexualité militante, qui revendique mariage et parenté produisant deux pères ou deux mères pour le même enfant, qui revendique avec Christine Taubira – au nom du droit à l’égalité absolue – par le « droit opposable » à l’enfant –  de quelques centaines d’hommes et/ou de femmes – un « basculement civilisationnel » qui brouille les repères de l’identité de l’être, que si elle était pour l’égalité absolue de tous les êtres, elle ne devrait pas souffrir l’inégalité des rémunérations ; elle ne devrait pas supporter un instant de plus la prise en charge d’une amante présidentielle régulière sur les deniers publics (si toutes les « amantes » n’ouvrent pas également des droits, pour les deux sexes, bien entendu), pour ne citer que ces deux exemples.

Mais surtout, pour répondre à cette « chroniqueuse » s’exprimant sur France-Culture, rappelons, quand elle invoque la défense de la démocratie représentative, que ses fondateurs en France, les constituants de l’An II, ont prévu le droit des mandants, le Peuple, à l’insurrection contre la tyrannie et/ou l’infidélité politique des mandés.

Lorsqu’un ministre s’arroge le droit d’imposer un « basculement civilisationnel », pour répondre à la revendication au droit homoparental absolu, n’est-on pas devant un cas de tyrannie caractérisée du sommet, qui autorise le mandant à dire au mandé : cher ami, allez donc voir ailleurs si j’y suis. Cédez votre siège avant que je ne vous en déloge !

L’aéropage réuni samedi 12 janvier par Laurent Ruquier minaudait, gloussait ou fustigeait, vindicatif. Il montrera de la hargne. Cette gauche-là, c’est une gauche de « mèveilleux » et « d’incoyables », une gauche de muscadins.

Il criera à l’homophobie, lorsque l’on ne sera pas d’accord pour changer de civilisation pour que certains enfants aient deux pères ou deux mères.

Au nom de l’égalité, pour qu’on ne discrimine pas, pour qu’on ne distingue pas qui a deux mères ou deux pères, les enfants ne devraient plus avoir qu’un parent A et un parent B

Cette égalité est une égalité frelatée ; c’est une égalité dévoyée

Défendre la « démocratie représentative » contre cette utilisation, contre cette instrumentalisation des homosexuels – dont la majorité n’a d’ailleurs rien demandé à Christiane Taubira et à la perfide petite clique du marécage politique – c’est précisément cela combattre l’homophobie.

Parce qu’il est très probable que l’obstination de Normal 1er -à ne pas vouloir voir et entendre, son entêtement à ne considérer dimanche que comme une « manifestation consistante » mais rien de plus, rien sorti de la rue ne devant déterminer un gouvernement qui se voudrait responsable et à l’écoute du pays à modifier ses projets- aura des effets dans les profondeurs du pays réel bafoué.

Nous voulons mettre en garde et dire : que Normal et les siens agissent comme d’irresponsables apprentis sorciers

En voulant imposer « un basculement civilisationnel », pour répondre à l’exigence de 3,5% de Français, en niant 96,5% d’autres qui ne sont pas demandeurs de ce « basculement civilisationnel », Normal et les siens cheminent sur la piste périlleuse de ces hommes dont Brecht dira d’eux, après les journées insurrectionnelles de juin 1953 à Berlin-Est : « que le peuple ayant démérité du gouvernement, il fallait le dissoudre et en élire un autre ».*1

Quant à l’inénarrable farceuse – nommée par antiphrase la garde des sceaux, et qui se prend désormais pour la garde des sots – elle s’est crue permise de donner dans l’humour noir ; elle a expliqué, après la « consistante manifestation » : « qu’il ne serait pas constitutionnel d’organiser un référendum » sur la question du « mariage pour tous ».

Pourquoi serait-ce anticonstitutionnel ?

Mystère et boule de gomme. Pourquoi serait-il anticonstitutionnel de demander aux citoyens français s’ils sont d’accord ou pas pour plonger dans l’inconnu du changement civilisationnel, pour répondre aux caprices d’une poignée d’hommes et de femmes ?

Saint-Just, rédacteurs de la constitution de l’An II, réveillez-vous ! Ils sont devenus fous !

Alain Rubin

*1 Est-ce pour cela que l’ancien secrétaire général de la CFDT, fils du premier Chérêque, celui qui avait beaucoup aidé le gouvernement à transformer les engagements mitterrandiens de la campagne présidentielle de 1981 concernant l’emploi des mineurs et des sidérurgistes en chiffons de papiers et qui, pour cela, passa du statut de « syndicaliste » à celui de ministre puis de Préfet Hors-cadre- vient de se voir nommer à la tête du cabinet de conseils politiques, le « think Thank » Terra-Nova, qui postule au remplacement de la classe ouvrière française (le prolétariat national qui produira la révolution de 1848, la Commune de Paris, Juin 36, août 1953, les grandes grèves de l’automne de 1955, mai-juin 1968…) par un nouveau peuple, un peuple venu d’ailleurs, en tant que base populaire pour le PS  et plus largement pour ce qu’on appelle « la gauche » ?


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans CETTE GÔCHE N'EST PLUS LA GAUCHE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.