Marine Le Pen a raison de s’appuyer sur Florian Philippot pour gagner en 2017

Je lis depuis quelques jours des débats que le site Riposte Laïque a le mérite de mettre en avant, autour de la personnalité de Florian Philippot, mais surtout de son approche de l’islam. J’ai vu, mis à part un article de Philippe Alfonso, des attaques plutôt vives de la part de certaines pointures de Riposte Laïque, dont Christine Tasin. Je trouve que celles-ci ont le mérite de poser clairement le problème, et que la présidente de Résistance républicaine (dont j’ai compris qu’elle ne parlait qu’en son nom) affirme vouloir aider le camp des patriotes, ce dont je ne doute pas.

Ces arguments ne me convainquent pourtant pas. Ils me rappellent d’autres arguments, entendus à une époque, qui prétendaient que la gauche ne gagnerait que si elle s’ancrait encore plus à gauche, négligeant ainsi toute ouverture au centre. Or, si François Mitterrand a pu gagner en 1981, c’est parce qu’il a su concilier le rassemblement de son camp, la gauche, toute la gauche, avec une partie du centre. Or, le discours « puriste » de Christine Tasin, mais aussi de Pascal Olivier obligerait ni plus ni moins le Front national à déclarer ouvertement la guerre aux musulmans.

Cette stratégie me paraîtrait suicidaire pour deux raisons. Je demeure convaincu que la ligne de Florian Philippot – qui curieusement, mis à part sur le prétendu complot juif, n’est pas très éloignée de celle de Soral – amènera forcément nombre de nés-musulmans, qui ne se reconnaissent pas dans le discours des prêcheurs de haine, mais n’accepteraient pas davantage des discours anti-islam aussi primaires que ceux qu’on lit dans Riposte Laïque, à se tourner vers le FN, et à voter pour lui.

D’autre part, si Marine Le Pen suivait la ligne de votre journal, nombre d’électeurs comprendraient qu’elle est dans une logique de guerre civile, et qu’à son arrivée au pouvoir, le conflit éclaterait inévitablement. Or, quitte, là encore à vous décevoir, les Français sont davantage Munichois que résistants, et ne sont pas prêts à aller à l’affrontement.

Jacques Chirac disait, lors de la campagne électorale de 1995 : « Il faut gagner d’abord, on gouvernera après ». Je pense que, malgré son jeune âge, Florian Philippot a parfaitement compris cela, et que, en animal politique qu’il paraît être, il applique parfaitement la devise de l’ancien président de la République.

Il n’y a qu’une chose qui m’inquièterait vraiment : c’est que ses propos ne soient pas que tactiques, mais qu’il pense vraiment que l’islam est compatible avec la République. Là, je commencerais vraiment à m’inquiéter…

Bernard Bayle


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