Médiatisation du viol en Inde, mais silence sur les cinq viols collectifs hebdomadaires de Bruxelles

Le viol en Inde et… à Bruxelles…

En Inde la violence contre les femmes commence dès avant le berceau. Le culte du mâle est à ce point qu’il n’est pas rare de se faire avorter dès que le fœtus est reconnu femelle… Dans son livre “May you be the mother of a hundred sons” Elisabeth Bumiller explique que dans les campagne il arrive de tuer les filles à la naissance car cela est moins terrible que devoir supporter une vie de femme. La même obsession de l’enfant mâle en Chine est dénoncée déjà en 1995 par le Worldwatch Institute qui prédit des conflits causés par la pénurie de femelles… Une des raisons de cette aversion envers les filles est qu’elles coutent cher…

Les parents cherchent un bon parti pour marier leurs enfants, ils consultent les astrologues pour voir si  horoscopes et karma sont compatibles. (Vikram Seth raconte cela avec beaucoup d’humour dans son livre “Un garçon convenable”. Mais il faut aussi lire “ Straigtening Ali” dans lequel Amjeed Kabil évoque le drame de jeunes pakistanais homosexuels soumis au mariage forcé par leur famille.)  Les parents de la fille doivent donner une dot aux parents du garçon… Oui, oui il faut payer la belle famille pour pouvoir se débarrasser de sa fille… Cela peut couter tellement cher que des familles s’endettent pour des dizaines d’années… Pourquoi laisser étudier les filles puisqu’une fois mariées elles iront habiter sous la coupe de leur belle-famille où elles n’acquerront un minimum de respect qu’à partir du moment où elles auront produit des héritiers… mâles…

Mais l’Inde avait une autre tradition: pour se débarrasser des veuves, on les brûlait tout simplement vives sur le bûcher de leur défunt mari… C’est le thème du livre “Pavillons lointains” de M.M.Kaye. Les Anglais ont essayé d’y mettre fin et on se souviendra de la célèbre phrase du général Napier: “ Vous dites que c’est votre tradition de brûler les veuves. Fort bien. Nous avons aussi une tradition: quand des hommes brûlent une femme vive, nous attachons une corde autour de leur cou et nous les pendons. Construisez votre bûcher funéraire; à côté mes charpentiers construiront des potences. Vous pouvez suivre votre tradition et nous suivrons la nôtre.” De temps en temps la presse signale des cas douteux… Tout comme de temps en temps on parle d’enfants immolés aux dieux… Tout comme les “kitchen accident” … De nombreuses personnes cuisinent sur des réchauds qui parfois explosent… Cela produit des brûlures terribles, souvent mortelles surtout quand elles frappent des femmes qui sont complètements enveloppées de saree en tissus nylon… Mais il y a aussi le “kitchen accident” qui est un euphémisme de “dowry murder” , assassinat de dot… Si on asperge la belle-fille d’essence et qu’on y met une allumette et qu’on appelle cela un accident… le fils peut se remarier et empocher une autre dot… ni vu, ni connu…

Le journal Knack explique que le développement et l’évolution sociale rapides  de l’Inde et le succès des femmes, qui de plus en plus s’affranchissent des traditions, déstabilise les hommes et augmente encore leur haine envers elles.

En Inde il n’est pas possible de marcher en rue sans tout de suite être entourée par une flopée de jeunes excités qui récitent les phrases sans doute apprise par cœur dans un cours d’anglais: “What is your name? Where are you from? What is your salary?” etc… Etant donné qu’une indienne “qui a une réputation” ne trouvera plus de mari, elles sont inabordables et du fait qu’ils voient les films occidentaux ils croient que les femmes occidentales sont “faciles”… Cet harcèlement est un des aspects les plus insupportables du pays.

Nous connaissons les livres de Bhagwan, le best seller des années 70 “Les chemins de l’extase”, le tantra, les bas-reliefs érotiques de Khajurâho, les dessins moghol, le kamasoutra etc., mais l’homme de la rue vit dans un autre monde. Les logements sont exigus, quelle vie sexuelle peut-on avoir quand on dort à plusieurs dans la même chambre? La nudité est absente: personne ne prend de bains de soleil, ne va à la piscine et qui a le luxe d’une salle de bains ? Le corps est ignoré… hommes et femmes sont frustrés, coincés, complexés… (cf mon livre « Les Oiseaux noirs de Calcutta » éd Tatamis )

 

Le viol à aussi été une arme de guerre en ex-Yougoslavie, l’est dans les guerres africaines, et a été “importé par l’immigration en Europe” comme le prétend le blog Gates of Vienna qui écrit au sujet des violeurs à Oslo:

http://gatesofvienna.blogspot.ch/2011/05/religion-of-rape.html

«  La grande majorité d’immigrants non occidentaux à Oslo sont musulmans et je parierais que aucun des violeurs n’était hindou, bouddhiste ou adeptes de Baal. La victime interviewée dans l’histoire ci-dessous dit que celui qui l’a attaquée lui a dit que sa religion lui permettait de faire ce qu’il faisait. Croyez-vous qu’il était un mormon ? »

On se souviendra aussi du reportage fait par Sofie Peeters sur les injures sexistes à Bruxelles.

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120727_00186209

Depuis lors on apprend que le nombre de viols dénoncés a augmenté de 20% en 2 ans…

http://www.lesoir.be/148477/article/actualite/belgique/2013-01-04/nombre-viols-dénoncés-augmenté-20-en-deux-ans

et qu’il y a en moyenne 5 viols collectifs par semaine…

http://www.lesoir.be/112664/article/actualite/belgique/2012-11-05/il-y-en-moyenne-5-viols-collectifs-chaque-semaine

Au-delà de la spécificité de la religion il faut aussi tenir compte du fait que dès que les adolescents ont atteint la maturité, la sexualité  devient un besoin physiologique. Interdire les relations sexuelles avant le mariage produit un bouillonnement hormonal qui finit par exploser en violence. Nos mystiques ne brûlaient-elles pas d’amour pour Jésus ? Les attentateurs suicidaires ne se protègent-ils pas le sexe en vue des vierges promises ? Dans notre société, 18 ans,  l’âge auquel les garçons découvraient le bordel ne correspondait-il pas avec le service militaire ? L’effervescence de testostérone devait servir à booster les vaillants soldats Nous ne voulons plus de guerres et nous encourageons nos jeunes à se défouler dans des  compétition sportives. Aujourd’hui, ils peuvent vivre une sexualité dédramatisée.

Les femmes indiennes demandent  la peine de mort pour les violeurs. D’autres cachent les femmes sous des vêtements intégraux. Cela ne résout rien : aussi longtemps que les humains ne connaissent pas, n’acceptent pas et ne vivent pas en harmonie avec leur propre corps et  leurs besoins physiologiques,  ils sont déséquilibrés et  pathologiques. Nous bénéficions d’une longue évolution, de sexologues, de psychanalystes et des combats des féministes. Ce sont les femmes qui éduquent les enfants… limiter la naissance de filles et éduquer les garçons en despotes machos conduit à des situations explosives. A coté  de lois plus sévères il faut des mentalités plus ouvertes et pas seulement en Inde.

Anne Lauwaert


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