Merde aux censeurs et vive la liberté !

Ce sont d’infimes détails, de l’ordre de l’anecdote dans le flot de logorrhée qui noie le monde. Une phrase dans une émission de radio très écoutée sur RMC (« quand je vois un barbu en kamis traverser, j’ai envie d’accélérer »), et une chanson même pas présentée à un concours mais dont la seule existence, encore confidentielle, a été jugée diffamatoire.

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Immédiatement alertée, la garde est entrée en action. Il est, un peu partout en France, des gens dont le zèle consiste à traquer le mot qui fâche, la virgule mal placée dans un texte, le regard inopportun sur un plateau de télévision, l’idée, même, au fond des cerveaux, d’aller contre le cours inexorable des événements. Appelons ça police de la pensée et complétons si l’on veut se divertir la liste qui s’allonge au fil des jours. N’ayons comme seule besogne quotidienne et fonction sociale, à l’image de ces chasseurs de primes, que le jeu de piste consistant à débusquer les tenants de la liberté de dire.

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Après tout, si le cochon de payant me fournit l’allocation m’autorisant à ne rien faire d’autre que lui chercher des poux dans la tonsure, s’il continue à observer d’un oeil fatigué, blasé ou indifférent, le serrement de la corde que la pensée unique a nouée autour de son cou, pourquoi pas? Il doit être somme toute assez jouissif, quand vient l’hiver, de vivre au chaud, entouré d’écrans, de transistors et de piles de journaux, pour ce boulot de correcteur des âmes. Ohé des ligues, assocs et autres lobbys KGBiens, je suis preneur, mais pas à moins de six mille euros par mois!

Aucune chance. Tiens, pour me consoler, je vais m’écouter un petit rap, un vrai, made in Paristan ; un de ces cris où la haine le dispute à l’envie de meurtre. Niquer la France, bof, banal. Cramer des flics dans leurs bagnoles, ça c’est déjà mieux, se faire la blanche de passage sur un tas d’ordures et lui coller un polichinelle dans le tiroir, mmmmmh, on gagne en intensité pour le bouquet final, crever la face de craie d’un coup de surin, sur un quai de RER et la balancer sous la rame, le fin du fin, le compte réglé au cas par cas à cette société que l’on jetterait tout entière avec plaisir du haut des tours de Notre-Dame.

Là-dessus, silence des ligues, assocs et autres parangons de la vertu nouvelle. Je persiste à trouver ça étrange. Pour calmer le jeu cependant, voici que déferle, entre les piliers des mosquées, le fleuve tranquille de la solution finale. Pas de problème, les enfants, c’est juste une question de patience. Le flux incessant, soigneusement entretenu par ceux-là mêmes qui, jour après jour, démolissent les digues construites par leurs anciens au prix de leur sang, creuse le lit du cours d’eau. La source en est variable, en fait multiple : Qatar, Saoudie, Maroc, Algérie, futures provinces de l’Eurabia. Les sourates sont là pour guider le pèlerin-soldat. Sous couvert d’amour, de tolérance et de paix, on y trucide au nom de Dieu, et à l’aise, apostats et mécréants avec mention spéciale pour les Juifs. Et les enfants anonneront ça, à grands coups de nuque raidie, dans les écoles coraniques, avant d’exécuter la sentence.

Mais pas touche, céfran! On ne se moque pas du barbu en kami qui traverse la rue. Tu n’en n’as plus le droit et si tu crois l’avoir encore, essaie un peu et les cerbères de la censure te tomberont immédiatement dessus, comme sur la phrase et la chanson du jour. Tu les engraisses pour ça, retour à la case départ, tu t’es mis, mon pauvre, dans une foutue situation.

En comparaison de ce qui t’est promis, les aphorismes de Sartre, les crachats d’Aragon, les vitupérations de Ferré, entre autres coups de boutoir contre l’ordre bourgeois de tes grands-parents, ne sont que bluettes pour voisins se chicanant à propos du mur séparant leurs jardins. Quant au doux Brassens avec son juge rudement aimé par un gorille et ses punaises de sacristie, ou au fougueux Brel avec ses bigotes, qui firent tant et tant jaser, ils ressemblent aujourd’hui à ces poètes figés dans leur colère sur les gravures et les premières photos du siècle romantique. Dépassés. Obsolètes. Enterrés. Inutiles.

Le monde a changé, ami. Les révoltés cités plus haut avaient choisi le bon côté de la société et celle-ci, bonne fille, se laissait faire bon an-mal-an. On était en famille. Ce temps-là est révolu. En 2012, on t’observe au mot près et comme tu n’es pas du bon côté cette fois, tu as tout intérêt à t’en aller camper devant la double porte de la 17è Chambre. Ca t’évitera de payer un loyer.

Alors, pensant à toi, qui te hasardes imprudemment au trait d’esprit ou à la chansonnette à thème condamnable, je souhaite que les ligues anti-racistes et autres rouages de la machine à écraser l’irrespect, dont le travail consiste en fait, par un incroyable retournement de leur mission, à persuader les honnêtes gens de ce pays qu’ils les paient pour entendre d’eux qu’ils ne sont en vérité que des salauds, des pervers, des fascistes, aient de plus en plus d’ouvrage. Cela voudra dire que face à leur immense malhonnêteté intellectuelle, se sera dressé, enfin, le peuple insolent d’où nos générations par essence coupables sont issues.

En résumé, merde aux censeurs et vive la liberté!

Alain Dubos

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